La FFF n’aura été d’aucune aide, ce fut même pire. Sollicité par la ministre des Sports, Marina Ferrari, le Comité exécutif de la Fédération n’a pas fait de miracle pour les Girondins de Bordeaux. Il maintient la rétrogradation du club en Régional 1, empêchant donc son repêchage en National 2. « La FFF est là pour faire respecter l’équité et l’égalité de traitement entre clubs qu’ils soient gros ou petits. Réintégrer Bordeaux aurait été le fait du prince et aurait signifié la fin de la crédibilité de la DNCG qui est indépendante et de nos règlements », a indiqué une source à la FFF au journal L’Equipe.

Un verdict qui envoie un peu plus cette historique institution du football français vers une liquidation judiciaire. Sparta Capital et Park Bench, avaient injecté les 10 M€ nécessaires pour redresser les comptes avec deux semaines de retard. Les repreneurs avaient également averti qu’ils se retireraient en cas de descente imposée en Régional 1. Bordeaux souhaitait initialement repartir en Ligue 3, comme la saison dernière, mais a perdu bataille après bataille auprès du CNOSF et du tribunal administratif de Paris. La FFF a donc refusé le repêchage, confirmant de facto la décision de la DNCG.
« Le club est scandalisé »
Conséquence, Gérard Lopez garde la main sur le club au scapulaire, comme depuis 2021 mais ne peut plus, ou ne veut plus, injecter de fonds. Sans aide extérieur, c’est la liquidation judiciaire qui se profile. L’association des Girondins de Bordeaux, présidée par Jean-Louis Triaud, devrait donc obtenir les droits sportifs du club. L’équipe première devrait faire repartir le club en Régional 2 ou Régional 3 selon Sud-Ouest. C’est la douche froide pour l’ensemble des composantes de l’équipe. Un communiqué a d’ailleurs été publié par le club où il ne comprend par cette décision du Comex de la FFF.
« Le Football Club des Girondins de Bordeaux apprend que la réunion du Comité exécutif de la Fédération Française de Football s’est achevée après une demi-heure, et que son service de presse annonçait à 18 h 30 déjà que le club ne serait pas admis en National 2 et devait rejoindre le niveau Régional, entame ce communiqué au ton aussi cinglant que désabusé. Le club est scandalisé. Sur le plan juridique, une chose est certaine, aucune décision n’a été prise. Le Comité exécutif n’a pas délibéré sur la demande du club, qui lui a été adressé avec l’ensemble des pièces, et aucun vote n’est intervenu. Prétendre qu’il y aurait un rejet alors que l’organe compétent n’a pas même délibéré n’a aucun sens. »
« l’équité, c’est aujourd’hui ce que le club attend et ce qu’il n’obtient pas »
« Sur le fond, trois choses doivent être dites. Un club fondé en 1881, six fois champion de France, ne peut pas être envoyé en liquidation judiciaire à l’issue d’une réunion de quelques minutes, qui ne reflète ni son histoire ni son importance pour le football français. Les arguments du club, un jugement exécutoire qui constate sa solvabilité, une saison intégralement financée par des fonds versés et séquestrés, un investisseur engagé, une place vacante en poule H, n’ont pas été examinés. Et un retard dans la production de fonds de dix jours, aujourd’hui réparé, ne mérite pas une telle peine », poursuit le communiqué bordelais qui déplore un manque d’équilibre.
« Il ne s’agit pas de se faire justice soi-même mais de ne pas être traité plus sévèrement que les autres. Il s’agit d’équité. Et l’équité, c’est aujourd’hui ce que le club attend et ce qu’il n’obtient pas. Les demandes du club sont donc les mêmes qu’hier, qu’avant-hier et que tous les jours qui ont précédé, être entendu par le Comité exécutif, puis par la DNCG, sur sa situation telle qu’elle est aujourd’hui. Le club se tient à leur disposition à tout moment, et il continuera d’agir, par toutes les voies de droit, pour que sa situation soit examinée loyalement.» » La colère se lit à travers ces lignes face à une décision jugée aussi sévère qu’incompréhensible.
Girondins Bordeaux
Alle Kommentare