L’AC Milan a changé de visage cet été, et pas seulement sur le terrain. Après une saison particulièrement décevante et une fin d’exercice qui a profondément remis en question le fonctionnement du club, Gerry Cardinale a décidé de reprendre les commandes beaucoup plus directement. Le propriétaire de RedBird, longtemps critiqué pour sa distance avec le quotidien rossonero, a cette fois multiplié les séjours en Italie, les réunions à Casa Milan et les échanges avec les différentes composantes du secteur sportif. Une nouvelle implication qui s’est accompagnée de décisions fortes et d’un véritable bouleversement de l’organigramme. La direction a été largement remaniée, Massimo Calvelli a pris une place centrale dans le fonctionnement du club et la volonté affichée est de construire un Milan plus ambitieux, plus compétitif et surtout beaucoup plus cohérent dans ses choix sportifs. Il est accompagné d’Hendrik Almstadt et Bobby Gardiner seront chargés de l’aspect sportif, tandis que Donato Lomonte prendra la responsabilité du scouting. Jovane Kirovski et Vincenzo Vergine conserveront également leurs fonctions au sein de la nouvelle organisation. Le changement a également touché le banc avec l’arrivée d’un nouvel entraîneur avec Ruben Amorim, tandis que le mercato a confirmé cette volonté de repartir sur de nouvelles bases avec des investissements conséquents, notamment pour Gonçalo Ramos, Diego Moreira et Mario Gila.

Après plusieurs années marquées par une gestion largement déléguée, Cardinale veut désormais être au cœur des décisions et remettre le projet sportif au centre de ses priorités. Cette nouvelle philosophie modifie forcément les équilibres au sein du club. Cardinale ne veut plus reproduire le modèle des premières années de sa présidence, durant lesquelles plusieurs dirigeants disposaient d’une grande autonomie et où le propriétaire américain apparaissait relativement éloigné du fonctionnement quotidien du Milan. Désormais, les discussions sont davantage collectives, les décisions doivent être partagées et chaque secteur est appelé à travailler dans une logique beaucoup plus intégrée. Le mercato XXL réalisé cet été symbolise cette nouvelle approche, tout comme la volonté de donner rapidement au nouvel entraîneur les moyens de travailler avec un effectif répondant à ses exigences. Mais cette transformation ne s’arrête pas aux joueurs ou au banc. La direction réfléchit également à l’arrivée d’un nouveau Head of Football, avec Markus Krösche cité comme une piste particulièrement sérieuse, preuve que Cardinale souhaite encore remodeler son organisation sportive. Le propriétaire milanais veut construire une structure dans laquelle aucune personnalité ne disposerait d’un pouvoir totalement autonome et où les différentes décisions remonteraient directement vers lui. Une révolution silencieuse mais profonde qui pourrait toucher l’un des hommes qui semblaient pourtant les mieux installés dans ce nouveau Milan, Zlatan Ibrahimović.
Zlatan sur les pas de Furlani, Moncada, Tare et compagnie ?
Car si le Suédois reste officiellement un conseiller et conserve une relation privilégiée avec Cardinale, son statut pourrait être directement affecté par cette nouvelle organisation. Depuis son retour au Milan, Ibrahimović s’était progressivement imposé comme une figure incontournable du projet RedBird, bénéficiant d’une influence importante sur les questions sportives et d’un accès privilégié au propriétaire. Son aura, son passé rossonero et sa proximité avec Cardinale lui avaient permis de s’installer dans une position particulièrement confortable au sein du club. Pourtant, le nouveau fonctionnement voulu par le propriétaire américain pourrait précisément réduire cette singularité, selon la presse italienne. La volonté de mettre en place un véritable groupe de travail, avec des responsabilités clairement définies et l’arrivée potentielle d’un Head of Football disposant d’une forte expérience dans le management sportif, pourrait mécaniquement réduire l’espace occupé aujourd’hui par l’ancien attaquant. L’idée n’est pas nécessairement de pousser Ibrahimović vers la sortie, puisque la relation entre les deux hommes demeure solide, mais de faire évoluer profondément son rôle. Et dans un Milan où Cardinale veut désormais privilégier les compétences, la structure et le collectif aux fortes personnalités, l’influence du Suédois n’apparaît plus aussi intouchable qu’elle pouvait l’être quelques mois auparavant.
C’est précisément ce qui rend la situation particulièrement intéressante en ce début de saison. Ibrahimović n’est pas officiellement menacé et rien ne permet d’affirmer qu’une rupture est aujourd’hui envisagée, mais son statut est clairement confronté à une nouvelle réalité. L’arrivée possible d’un Head of Football, la montée en puissance de Calvelli et l’implication quotidienne de Cardinale pourraient créer un nouvel équilibre dans lequel le Suédois ne serait plus obligatoirement le principal interlocuteur du propriétaire sur les questions sportives. Le cas de Markus Krösche est particulièrement révélateur puisque son profil correspond parfaitement à la volonté affichée de structurer davantage le secteur football et de s’appuyer sur une véritable expertise dirigeante. Si l’Allemand venait à rejoindre Milan avec un périmètre de responsabilités important, le rôle d’Ibrahimović devrait forcément être redéfini. Le Suédois conserve aujourd’hui une place centrale dans l’environnement rossonero, mais le Milan de Cardinale version 2026 ne semble plus vouloir fonctionner autour d’un seul homme fort. Le propriétaire a décidé de reprendre la main, de multiplier les investissements et de reconstruire son organisation. Une évolution qui pourrait finalement anéantir le rôle qui semblait encore intouchable de Zlatan Ibrahimović.
AC Mailand
Zlatan Ibrahimović
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