Deux équipes à 6 points et l’objectif de terminer à la 1ère place du groupe I : ce Norvège-France revêtait des allures de choc en guise de bouquet final. Mais la formation scandinave a montré l’intérêt moindre qu’elle portait à cette rencontre en laissant notamment Erling Haaland, Martin Odegaard et Alexander Sorloth sur le banc. Une aubaine pour les Bleus, alignés en 4-2-3-1, avec quelques modifications tout de même (Lacroix plutôt que Saliba, Koné à la place de Rabiot, Doué préféré à Barcola), d’autant qu’ils n’avaient plus gagné un 3e match de poule, Euro et Coupe du Monde confondus, depuis 20 ans !

Et clairement, les Bleus voulaient interrompre cette série tout comme ils voulaient rendre un bel hommage à leur sélectionneur, rentré en France et absent de ce match, suite au décès de sa mère. Ils ont ainsi livré un début de match tonitruant, marqué par une barre transversale de Mbappé dès la 20e seconde de jeu, une demi-volée de Manu Koné et finalement un joli but d’Ousmane Dembélé dès la 7e minute. En jambes, concentrés, inspirés, les Français mettaient une pression dingue à des Norvégiens dépassés, toujours sur un fil. Mbappé alertait Nyland au premier poteau (17e), mais c’est à la passe que le capitaine allait encore se distinguer. Comme sur le premier but, il servait Dembélé sur l’aile droite. Cette fois, le joueur du PSG repiquait dans l’axe pour enrouler du gauche et battre le portier norvégien une deuxième fois (0-2, 20e). Sauf que la Norvège répliquait dès le coup d’envoi, face à des Français pas concentrés, grâce à Aasgaard (1-2, 21e).

Maignan décisif en 2e période

Attention à l’excès de confiance, mais les Bleus, après une petite période de flottement, reprenaient le contrôle des opérations au cours de cette première période enthousiasmante, remplie d’actions offensives. Dont l’exécutant principal se nommait Ousmane Dembélé. Ce dernier s’offrait un incroyable triplé, en enroulant une deuxième fois du gauche un ballon dans le petit filet opposé (1-3, 32e). Doué, l’offensif français le moins en évidence, ratait un face-à-face sur une erreur adverse (43e), et la France pouvait presque regretter de rentrer aux vestiaires avec seulement 2 buts d’avance. Dès la reprise, la Norvège se montrait dangereuse et Bobb provoquait la faute de Théo Hernandez dans la surface (49e). En l’absence d’Erling Haaland, c’est Strand Larsen qui s’y collait et qui tombait sur l’impérial Mike Maignan, qui plongeait du bon côté.

Cette alerte prouvait que les Bleus devaient se méfier du moindre relâchement, alors ils repartaient de plus belle, mais avec moins de justesse technique que lors du premier acte. Barcola et Cherki entraient, pour faire souffler le héros de la soirée Dembélé et un Olise moins entreprenant que lors des deux premières rencontres. Puis c’est Upamecano qui était rappelé sur le banc, pour faire entrer Konaté. L’équipe de France souffrait en fin de rencontre et Maignan devait encore s’employer devant Bobb. Kylian Mbappé, laissé sur le terrain et probablement avide de buts, n’a pas réussi à trouver la faille à titre personnel. C’est Désiré Doué qui achevait la Norvège à la 94e, de la tête sur un centre de Barcola. Le principal est fait pour l’équipe de France, avec la première place du groupe I, qui lui permet à la fois de conserver son camp de base, de limiter ses futurs déplacements et d’affronter un 3e de poule, la Suède…

Revivez le film du match

Homme du match : Dembélé (9) : le Ballon d’Or 2025 continue de répondre à ses détracteurs. Et de quelle manière ! Buteur et passeur décisif contre l’Irak, le joueur du PSG a cette fois-ci clos les débats. À nouveau positionné sur l’aile droite, il a profité à merveille des espaces laissés par les Norvégiens. Il a commencé son match en lançant Mbappé, avant que le Madrilène ne trouve la transversale (3e). Ce dernier lui a ensuite parfaitement rendu la pareille. Servi par Mbappé, il a mis Bjorkan au supplice avec une première feinte pour l’ouverture du score du droit (7e). On prend les mêmes et on recommence à la 19e minute, mais cette fois, « Dembouz » a choisi de revenir sur son pied gauche pour crucifier Selvik (19e), avant de s’offrir un triplé, toujours du gauche, après avoir feinté deux fois Aasgaard (32e). Il a été un peu plus discret en deuxième, mais personne ne lui en voudra. Troisième joueur de l’équipe de France à inscrire un triplé en Coupe du Monde après Just Fontaine et Kylian Mbappé, le Parisien a rejoint le « Kyks » au classement des meilleurs buteurs du tournoi avec 4 réalisations. Remplacé par Barcola (65e).

France

- Maignan (7) : le portier milanais a vécu une première période frustrante. Il n’a pas eu de grosses interventions à faire. Le premier vrai danger a été une frappe de Strand Larsen, mais elle n’était pas cadrée (15e). Rarement inquiété, il a néanmoins dû s’incliner sur une frappe au ras du poteau d’Aasgaard (21e). Il a parfaitement réagi dès le début de la deuxième période en stoppant un penalty provoqué par Hernandez (48e). Il a aussi sorti un gros arrêt devant Bobb (72e) et réalisé une sortie devant sa surface après une mauvaise passe en retrait de Tchouameni (75e).

- Koundé (6) : sa toute première passe ratée plein axe en début de match avait de quoi inquiéter. Heureusement pour le Blaugrana, ça n’a pas été le cas. La domination française lui a permis de pouvoir évoluer plus haut et de trouver Dembélé sans trop de soucis. Sur le plan défensif, il a fait son travail proprement même si le talentueux Aasgaard a causé quelques soucis à la défense tricolore. Remplacé par Gusto (87e).

- Upamecano (6) : très solide lors de ses deux premières apparitions avec les Bleus, le Bavarois a vécu une première période paradoxale. Capable de sortir des interventions XXL sur coup franc (14e) ou en enlevant la balle au nez et à la barbe d’un Norvégien placé juste devant le but de Maignan (42e), le joueur du Bayern s’est également troué deux fois. Une première, sans conséquence, face à Strand Larsen (15e). Sur la deuxième, une feinte de corps d’Aasgaard l’a crucifié sur le but du 2-1 (21e). Remplacé par Konaté (76e).

- Lacroix (5) : titularisé pour laisser Saliba et son dos au repos, le joueur de Crystal Palace a été très propre. Il n’a pas eu véritablement à s’employer puisque la Norvège attaquait surtout le côté droit de la défense française. Mais il a su intercepter une passe clé alors qu’un Norvégien était seul au second poteau (11e). Beaucoup plus sollicité en deuxième où il a été plus exposé et malmené. Et comme Hernandez, il a vécu un enfer face à Bobb.

- T. Hernandez (4) : le jeu tricolore est moins passé par son côté puisque Dembélé était en feu sur son flanc droit. Ça ne l’a pas empêché de pouvoir monter assez souvent et de se créer une occasion de but (24e). Mais quand les Norvégiens se sont réveillés en milieu de première période, Stéphan lui a parfois rappelé de rester dans sa zone. A commis une faute grossière sur Bobb provoquant un penalty pour la Norvège dès le début de la deuxième période (48e). Heureusement pour lui, Maignan lui a sauvé la mise en stoppant la tentative de Strand Larsen. Mais Bobb lui a fait beaucoup de misères en deuxième période.

- Tchouameni (7) : il a été à l’image de l’entame de match des Bleus. Hyper présent avec un pressing très haut, le Merengue a été très précieux en récupérant un grand nombre de ballons. Présent défensivement, il a su donner de sa personne pour contrer une frappe lointaine (19e). Auteur d’un match complet, il a même su apporter offensivement en donnant une balle de but à Olise (13e). Seul bémol, il a lâché le marquage sur Aaasgaard sur la réduction du score norvégienne (21e).

- Koné (6) : titularisé pour la deuxième fois consécutive dans cette Coupe du Monde, le joueur de l’AS Roma était positionné un peu plus haut que Tchouameni. Ce qui lui a permis de tenter sa chance face à Selvik (3e, 45e). Mais très rapidement, il est redescendu pour venir prêter main-forte à sa défense, notamment au retour des vestiaires.

- Olise (5) : le Munichois se préservait-il pour les seizièmes de finale ? On peut se poser la question, sans vouloir l’accabler. Alors que les Bleus réalisaient un début de match canon et très intense, il a joué un ton en dessous. Positionné dans un rôle de numéro 10, il a eu deux occasions de but (13e, 45e) et c’est à peu près tout. Remplacé par Cherki (65e).

- Dembélé (9) : lire ci-dessus.

- Doué (5) : il est le seul offensif tricolore à ne pas avoir profité du spectacle proposé par les Bleus en première période. Il a paru isolé sur son aile gauche. Et quand il a eu le ballon, il s’est souvent emmêlé les pinceaux en tentant des dribbles trop compliqués. Et il n’a pas profité de l’énorme erreur de relance de la défense norvégienne alors qu’il était seul face au gardien (42e). Il a sauvé son match en marquant dans le temps additionnel (94e).

- Mbappé (7) : toujours à la poursuite de Messi et du record de meilleur buteur de l’histoire des Coupes du Monde, le capitaine des Bleus a livré un très bon match. Lancé par Dembélé, il a eu l’occasion d’ouvrir le score dès la 23e seconde du match, mais la barre transversale a contrarié ses plans. Ensuite, il n’a pas cherché à privilégier ses statistiques. Loin de là. Très mobile et incisif, il a été un partenaire de choix pour Dembélé, à qui il a délivré deux passes décisives (7e, 19e). C’est encore lui qui a donné une balle de but à Olise (13e) et Koné (45e). En deuxième période, il a logiquement baissé le pied, comme l’ensemble de ses partenaires. Remplacé par Mateta (87e).

Norvège

Selvik (3) : le portier de Watford a connu sa première frayeur sur une frappe soudaine de Mbappé (1re). Peu aidé par ses défenseurs, le rempart repoussait un boulet de canon signé Koné (4e), avant d’être abattu devant le missile envoyé par Dembélé (7e). Le gardien manquait peu à peu de confiance et même en se penchant sur les frappes enroulées de Dembélé, il restait cloué au sol (20e, 32e). Avant la pause, il est chanceux devant la maladresse de Doué (42e). Sa deuxième période est plus correcte puisqu’il a montré du courage, mais Doué l’a assommé avec un coup de tête dans le temps additionnel (90+4).

Aursnes (3) : le seul rescapé du onze aligné face au Sénégal a clairement souffert. Devant un Doué peu convaincant, mais provocateur, le défenseur n’était pas présent. Sous pression, incapable de calmer les offensives tricolores, il avait beaucoup de mal à se mettre en jambes. Résister aux duels et intervenir sur les ballons fuyants a également été délicat pour lui. Il n’a pas pu s’emmener de ballon vers l’avant et a laissé Bobb s’occuper des transitions.

Östigard (2,5) : buteur face à l’Irak, l’axial a entamé son match en étant spectateur. Celui-ci n’a pu qu’observer les deux premiers buts de Dembélé et a baissé la tête au bout des 20 premières minutes. Peu réactif, il était tout autant surpris que son portier devant le triplé du Parisien (32e). Grâce à sa rage de vaincre, il sautait plus haut que tout le monde sur les corners même s’il avait du mal à conclure.

Falchener (3) : un début de match assombri par un seul homme : Dembélé. En effet, le défenseur central de 23 ans a dû être surpris par le triplé du Parisien puisqu’il n’est pas intervenu une seule fois devant ses frappes. Face aux attaquants tricolores, il n’était pas concentré et n’avait aucun espoir de les stopper. L’arrière-garde a réussi plusieurs dégagements, mais c’était le strict minimum à effectuer. Remplacé par Sondre Langås (66e).

Björkan (1,5) : a-t-il existé ce soir ? À priori, pas vraiment. Le latéral gauche devait contenir le Ballon d’Or 2025 sur son couloir, et dès la première minute, le défenseur a été étourdi par Dembélé. Face à ses dribbles, il ne pouvait pas intervenir. Sur l’ouverture du score, il est très loin de son marquage (7e). En retard, presque timide, celui-ci a même eu le temps d’admirer le doublé et le triplé du Parisien (20e). À la ramasse devant les crochets du natif de Vernon, le numéro 15 a dû passer l’une des pires soirées côté norvégien. Remplacé par Marcus Pedersen (4), qui est resté attentif et a gardé son calme.

Aasgaard (4,5) : avec son numéro 19 dans le dos, le milieu de terrain offensif entamait sa rencontre timidement. Seulement voilà, sa justesse a fait la différence face au but des Bleus, relançant les siens avec un superbe enchaînement (21e). Capable d’envoyer plusieurs ballons en profondeur, il a tenté de faire sauter le verrou français. Bien plus tranchant que ses partenaires grâce à sa qualité de passe, il a montré une certaine détermination.

Berg (3) : le capitaine de la sélection norvégienne s’est fait avertir d’un carton jaune dès l’entame. Ensuite, il a couru après les ballons dans l’entrejeu, espérant en gratter. Peu convaincant lorsqu’il devait mettre du rythme entre les lignes, celui-ci a finalement défendu dans sa moitié de terrain durant la première période. Après cela, la sentinelle expérimentée a essayé de se mettre en avant, mais c’était trop tard.

Thorsvtedt (3,5) : dans le cœur du jeu en compagnie de Berg, celui-ci faisait les cent pas. Peu impliqué dans les phases offensives, il est resté en retrait. Devant la qualité technique des milieux de terrain adverses, il a dû resserrer les lignes. Même s’il a voulu aller au combat avec un brin de courage, ce n’est pas son impact qui a fait la différence. Le manque de possession de balle norvégien lui a fait mal et il a été remplacé par Morten Thorsby (4). Le joueur de Serie A n’a pas forcément participé au jeu.

Bobb (5,5) : positionné sur l’aile droite, le jeune joueur semblait avoir la foi et la forme. En n’ayant que très peu de ballons sur la ligne, celui-ci a longuement attendu les passes de ses partenaires, mais se montrait convaincant. On a senti qu’il voulait bien faire et qu’il avait des qualités techniques. Avant la pause, il voulait se faufiler entre ses adversaires et c’est de cette manière qu’il a obtenu un penalty (48e). Son petit pont sur Hernandez est à notifier. Remplacé par Nusa (83e).

Strand Larsen (3) : préféré à Haaland en pointe, le buteur n’a pas brillé ce soir. S’il se montrait opportuniste au quart d’heure de jeu devant la surface tricolore en envoyant une volée… elle passait hors du cadre (15e). Hormis cette tentative, il paraissait discret face aux axiaux bleu-blanc-rouge dans le premier acte. Ses appels en profondeur n’ont rien donné et même en obtenant un penalty, celui-ci a manqué son geste devant Maignan (50e). Une soirée à oublier pour lui.

Schjelderup (5) : l’ailier évoluant à Benfica n’avait que très peu de ballons à exploiter dans le premier acte. Bien contenu par les défenseurs tricolores, celui-ci n’avait pas d’espaces pour s’illustrer. Peu créatif sur son aile en fin de compte, il a dû revenir aider ses partenaires dans sa moitié de terrain. Petit à petit, il a voulu mettre de l’intensité avec ses partenaires offensifs. Des efforts défensifs à mettre en avant. Remplacé par Hauge (83e).