Trois victoires, dix buts marqués, deux encaissés, neuf points. Voilà ce qu’il faut retenir de la phase de poules de l’équipe de France, qui s’est tranquillement qualifiée en tête du Groupe I et peut maintenant se préparer pour le seizième de finale de la Coupe du Monde face à la Suède (23 heures), à East Rutherford (New Jersey). Et avant ce premier match à élimination directe, ces trois premiers matches ont livré de nombreux enseignements pour Didier Deschamps et son staff.

Les grands gagnants de la phase de groupes

Dans un premier temps, il y a eu cette prestation XXL de Mike Maignan, bien rassurant contre la Norvège en se montrant décisif, avec un penalty arrêté. Lui qui avait inquiété lors du match d’ouverture contre le Sénégal (3-1). Mais devant lui, il y a des individualités qui ont gagné des points. À l’instar de Maxence Lacroix, qui est passé devant Ibrahima Konaté dans la hiérarchie des Bleus et avait été propre pour sa première titularisation contre les Scandinaves.

Et au niveau des latéraux, il y a eu aussi débat. Notamment sur le côté gauche, où Lucas Digne a réussi à se distinguer comme une menace pour Théo Hernandez, qui n’a pas suffisamment apporté de garanties défensives et a même été fautif contre le Sénégal et la Norvège. Bien qu’il ait été aligné contre la modeste équipe d’Irak, le latéral d’Aston Villa a remporté tous ses duels et a donc son mot à dire avant la phase finale. Au milieu de terrain, Manu Koné, qui n’en est pas à sa première titularisation en bleu, a beaucoup apporté contre l’Irak et la Norvège et offre un profil intéressant et plus offensif à Didier Deschamps, aux côtés d’Aurélien Tchouaméni et d’Adrien Rabiot. Suffisant pour repasser à un milieu à trois ? Le Romain a déjà gagné sa place devant les autres concurrents à son poste.

Plus haut, on peut également évoquer le nom d’Ousmane Dembélé. Le Ballon d’Or avait déçu lors du premier match contre le Sénégal, avant de se réveiller en deuxième période contre l’Irak et d’exceller contre la Norvège, le rendant définitivement titulaire indiscutable pour la suite. Et l’autre gagnant se nomme Bradley Barcola. Comme après le premier match, face au Sénégal (3-1), l’ancien Lyonnais s’est montré décisif après son entrée en jeu contre la Norvège en offrant un centre décisif à Désiré Doué. Et si tout n’avait pas été parfait contre l’Irak, son profil, rapide et capable de prendre la profondeur, a fait beaucoup de bien et semble plus complémentaire au jeu de Kylian Mbappé, Michael Olise et Ousmane Dembélé.

Des latéraux en difficulté

Du côté des perdants, comment ne pas citer les deux latéraux titulaires hier soir face à la Norvège ? Théo Hernandez a vécu un calvaire face à Oscar Bobb, et confirme cette impression de fragilité permanente qui le guette depuis de nombreux mois maintenant. Rien n’indique que Deschamps le mettra sur le banc face à la Suède mardi soir, mais le sélectionneur n’a visiblement pas tranché dans le vif entre le joueur d’Al-Hilal et Lucas Digne. La preuve : il avait titularisé le joueur d’Aston Villa face à l’Irak mardi.

Dans l’autre couloir, Jules Koundé n’a pas franchement rassuré. Le Barcelonais a tenu son rang face à la Norvège, s’attelant à remplir ses tâches défensives, mais il traîne encore ces moments d’absence pénalisants pour son équipe. Face au Sénégal, la fébrilité avec rejailli sur lui à chaque fois qu’il touchait le ballon. Mais à date, Deschamps n’a jamais remis son statut en cause, laissant Malo Gusto et Warren Zaïre-Emery sur le banc. Le premier attend son tour après de bonnes prestations lors de ses dernières sorties en sélection, tandis que le deuxième apparaît visiblement comme une solution de dernier recours dans l’esprit du sélectionneur, lui qui n’a pas encore joué la moindre minute dans le tournoi.

Chez les perdants, impossible donc de ne pas mentionner le nom d’Ibrahima Konaté, aujourd’hui déclassé dans la hiérarchie. Le Madrilène est dorénavant le quatrième défenseur central de Deschamps derrière Maxence Lacroix, titulaire et intéressant face à la Norvège hier soir. Dans d’autres proportions, Désiré Doué a vu l’écart se resserrer avec ses concurrents directs. Souvent à contre-courant face aux Norvégiens, le Golden Boy a sauvé son match en marquant un but de la tête dans les arrêts de jeu. Mais dans sa globalité, sa phase de groupe n’est pas celle d’un joueur intouchable en équipe de France.

Et des cartes encore à jouer

On ne tomberait pas de notre chaise si Barcola était titulaire face à la Suède, ou même si Deschamps tentait quelque chose avec Rayan Cherki. Jean-Philippe Mateta et Marcus Thuram ont à peine joué 10 minutes en cumulé sur ces trois premiers matchs, mais on pourrait très bien voir Deschamps s’appuyer sur leur profil en cours de match si les Bleus étaient dos au mur. Quant à Rayan Cherki, il pourrait aussi rendre service à Deschamps, mais le sélectionneur l’a seulement lancé en cours de match pour le moment (50 minutes de jeu). Ses qualités de créateur n’ont pas assez été mises en valeurs lors de ses entrées, mais il reste ce joueur capable de débloquer une situation à n’importe quel moment.