Le Portugal peine encore à convaincre. Pourtant, la Seleção était attendue tout en haut de l’affiche pour cette Coupe du Monde 2026. Présenté comme l’un des favoris naturels avant le coup d’envoi du tournoi, le collectif de Roberto Martínez peine cependant à répondre aux attentes. À l’image d’autres nations européennes assez décevantes comme l’Espagne ou même l’Allemagne, le Portugal a livré une phase de groupes irrégulière, loin du statut qui lui était prêté. Avec une seule victoire en trois rencontres, le bilan est en deçà des ambitions affichées, d’autant que le groupe K semblait sur le papier plus abordable que celui, par exemple, de la France.

Derrière la Colombie, le Portugal termine finalement deuxième de sa poule et se retrouve déjà sous pression avant les seizièmes de finale. Le parcours a rapidement pris une tournure compliquée, avec notamment un premier accroc face à la RDC (1-1), où les Portugais avaient pourtant ouvert le score sur une tête de Neves puis laissé filer deux points faute de maîtrise en seconde période. Une réaction est intervenue face à l’Ouzbékistan (5-0), match plus déséquilibré qui a permis à la Seleção de se relancer grâce surtout à un Cristiano Ronaldo doublement décisif. Mais le dernier rendez-vous contre la Colombie (0-0) a confirmé les limites du moment, dans une rencontre fermée où le Portugal s’est encore montré incapable de faire la différence face à un adversaire coriace.
La situation de Cristiano Ronaldo est préoccupante
Dans ce contexte, le cas Cristiano Ronaldo cristallise une grande partie des débats. À la différence d’un Lionel Messi déjà très influent dans cette phase de groupes avec 6 buts, le capitaine portugais peine à peser de manière constante sur le jeu de son équipe. Fantomatique face à la RDC, muselé par une défense solide incarnée notamment par Tuanzebe, il a toutefois répondu présent contre l’Ouzbékistan avec un doublé salvateur, rappelant son importance dans les matchs à faible intensité. Mais face à la Colombie (0-0), à nouveau titulaire et attendu dans un match clé, le Portugais s’est de nouveau éteint, incapable d’influencer une rencontre verrouillée. Malgré les critiques, Roberto Martínez a maintenu sa confiance en lui, sans même envisager de le sortir au fil de la rencontre : un choix qui interroge au regard de son âge et de la gestion globale du groupe, d’autant que Goncalo Ramos est connu pour débloquer les situations en fin de match.
Plutôt très heureux après son doublé et sa réponse fracassante aux critiques face à l’Ouzbékistan, CR7 avait envoyé un message fort au micro de beIN Sports : « c’est juste pour qu’on n’oublie pas. C’est la réponse aux critiques, ça fait 23 ans que c’est comme ça. Je suis très heureux mais pour moi le plus important, c’est le travail de l’équipe, la confiance. On savait que ça allait arriver mais on a bien travaillé. On s’est pas mal amélioré. Bien entendu, si je parle de ma performance, c’est bien de battre les records mais l’objectif c’est d’aider la sélection. L’objectif, c’était d’obtenir les 3 points. On regarde vers l’avant. On travaille et dieu va nous aider. Les coéquipiers vont aider. C’était une semaine difficile, sombre, tout le monde pensait que j’étais déjà à la retraite. Ça a été difficile, il faut le dire mais, on est de retour ». De son côté, le sélectionneur du Portugal a évoqué le cas de son attaquant vedette en conférence de presse après le match face à la Colombie : « Cristiano a l’habitude d’être au bon endroit au bon moment. Il est très discipliné à son poste et il sait aussi créer des espaces pour ses coéquipiers. Son état physique et mental est irréprochable. Nous pourrions être amenés à faire des changements lors du prochain match, mais nous prenons toutes nos décisions en fonction des informations et des données dont nous disposons ». Le message est passé mais pas sûr que cela suffise à convaincre les fans…
Les cadres du Portugal déçoivent
Au-delà du cas CR7, c’est tout l’équilibre offensif et la structure de l’équipe qui interrogent. Roberto Martínez peine à trouver une hiérarchie claire dans son onze, multipliant les ajustements sans réelle continuité dans ce début de Mondial. Au milieu, Vitinha n’a toujours pas retrouvé avec la sélection l’impact qu’il affiche au Paris Saint-Germain sous Luis Enrique, malgré ses deux dernières saisons au plus haut niveau européen. Tandis que Bruno Fernandes reste, lui-aussi, en dessous de ses standards habituels, notamment dans l’apport offensif, lui qui est quasi inarrêtable avec Manchester United en Premier League. Certains choix du sélectionneur posent aussi question, à l’image de la titularisation de Bernardo Silva sur l’aile droite face à la RDC, un poste qu’il n’occupe plus à Manchester City, où il a évolué au milieu toute la saison. Cette option s’est rapidement révélée inefficace, poussant Roberto Martínez à le remplacer dès la mi-temps par Francisco Conceição afin d’apporter davantage de vitesse et de percussion sur le côté droit.
Cette instabilité s’est aussi traduite par des décisions fortes mais peu concluantes, à l’image de la titularisation de Rúben Neves au milieu de terrain face à la Colombie, rapidement corrigée à la pause avec l’entrée de João Neves, ou encore des rotations constantes entre João Félix et Leão sans véritable hiérarchie établie sur l’aile gauche. Résultat, le Portugal aborde déjà les seizièmes de finale dans le doute. Et face à une nation aussi expérimentée et disciplinée que la Croatie, le moindre retard à l’allumage pourrait coûter très cher à une Seleção encore loin d’avoir trouvé son identité dans ce Mondial 2026.
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