Présenté par Philippe Diallo il y a un an, le projet de réforme de football français, qui prévoit notamment la disparition de la LFP au profit d’une « société de clubs » calquée sur le modèle de la Premier League et rattachée à la Fédération, doit connaître une avancée significative dans les prochaines heures. L’examen du texte législatif devant l’Assemblée nationale est prévu ce lundi, mais il continue de faire débat et de déchirer les clubs. Il y a d’un côté ses partisans, à savoir Lens, l’OM, Rennes, Lyon, Le Havre ou encore le Paris FC.

L’opposition est, elle, représentée par le Paris Saint-Germain, Lille, Monaco ou encore Nice. D’après L’Equipe, les réfractaires tentent aujourd’hui de rallier plusieurs clubs à leur cause, et ils sont, à ce titre, 22 présidents de L1 et de L2 à signer ce matin une tribune dans le Figaro. Ils maintiennent leur intention de réformer le football français, mais pas dans les conditions présentées actuellement, contraires à ce qui était envisagé au départ selon eux. Il y a quelques semaines, Olivier Létang avait notamment qualifié le texte de "mauvais".

Les 22 présidents demandent un report du texte

«Nous voulons le dire clairement : les clubs professionnels ont toujours été favorables à une réforme. Mais la réforme qui nous est aujourd’hui proposée ne répond pas à cet objectif. En l’état, elle ne peut être soutenue.», lit-on dans cette tribune signée, entre autres, par Nasser Al-Khelaïfi, Olivier Létang, Loïc Féry, Jean-Claude Blanc ou encore Marc Keller. Angers, Brest, Le Mans, Nice, Monaco, Toulouse, Troyes, Nantes, Montpellier, Reims, pour ne citer que ces clubs, apparaissent également parmi les cosignataires. Concrètement, les auteurs de cette tribune regrettent que le projet proposé aujourd’hui s’éloigne sensiblement du modèle de la Premier League, où les clubs pilotent leur stratégie économique et commerciale, et dans lequel «la fédération exerce pleinement son rôle de régulateur.»

«Le texte soumis aujourd’hui prend une direction très différente. Il ne simplifie pas : il ajoute des contraintes, multiplie les niveaux de décision et fragilise un modèle qui a besoin de clarté. Concrètement, avec ce texte, des décisions essentielles, sur la stratégie économique ou l’organisation des compétitions, pourraient être prises par des acteurs qui n’en n’assument ni le financement direct ni le risque», peut-on lire. Les clubs cosignataires pointent par exemple du doigt l’obligation de diffuser un match en clair, qui réduirait mécaniquement la valeur des droits télé. L’absence de réponses concrètes au piratage, qui fragilise directement les revenus des clubs depuis de nombreuses années, est aussi mentionné. En ce sens, les 22 présidents demandent le report de ce texte, pas en phase avec leurs attentes. Affaire à suivre.