Après la qualification arrachée par le Canada pour les 8es de finale de la Coupe du Monde 2026, les 16es se poursuivaient, ce lundi soir, avec une affiche séduisante entre le Brésil et le Japon. Pour cette rencontre, la Seleção misait sur un 4-3-3 avec une attaque composée de Vinicius Jr, Rayan et Cunha. En face, les Samurai Blue optaient pour un 3-4-2-1 où Ueda, seul en pointe, était soutenu par Doan et Maeda. Et ce choc au NRG Stadium de Houston ne tardait pas à s’animer. Sous les yeux de Neymar, remplaçant au coup d’envoi, Bruno Guimarães déclenchait la première frappe, mais manquait le cadre (2e).

Le Brésil bousculé

Maîtres de la possession, les hommes de Carlo Ancelotti maintenaient la pression, affichaient un joli visage collectif et se montraient encore menaçants. Trouvé à l’entrée de la surface, Cunha faisait briller Zion Suzuki (13e) avant de voir sa nouvelle tentative fuir le cadre japonais (14e). Dominé mais loin d’être résigné, le Japon faisait le dos rond, conservait une très belle organisation et s’enhardissait au fil des minutes. Juste avant la fin de la première demi-heure, Ito bottait un corner et Ueda prenait le meilleur dans les airs, mais sa tête manquait de précision. Et la tendance se confirmait dans la foulée…

Après une perte de balle de Danilo dans l’entrejeu, Sano percutait, profitait du laxisme de la défense auriverde et trompait Alisson d’une frappe parfaite à ras de terre (0-1, 29e). Bousculé, le Brésil tentait de réagir par l’intermédiaire de Vinicius Jr, mais sa frappe lointaine n’inquiétait pas Suzuki (34e). Fragile au milieu de terrain, de plus en plus imprécise techniquement et incapable d’inquiéter le portier japonais, la Seleção souffrait et était finalement menée à la pause. Au retour des vestiaires, Carlo Ancelotti changeait ses plans et lançait Endrick dans le grand bain. Paqueta, blessé, était lui rappelé sur le banc.

Martinelli en sauveur

Dos au mur, le Brésil poussait alors pour faire son retard. Si Guimarães faisait briller Suzuki après un centre parfait de Danilo (51e), le portier des Samurai Blue était ensuite sauvé par Tomiyasu, auteur d’un sauvetage miraculeux sur sa ligne après une tête de Casemiro (54e). Le milieu de Manchester United allait finalement être récompensé quelques instants plus tard. Sur un nouveau centre au second poteau de la sélection auriverde, l’ex-joueur du Real coupait parfaitement et relançait les siens (1-1, 55e). Réveillé, le Brésil retrouvait de sa superbe, à commencer par Vinicius Jr. Servi sur le côté gauche, le Madrilène s’offrait un numéro de soliste et passait tout proche du second but, mais sa tentative de l’extérieur du pied droit trouvait le poteau japonais (58e).

Dans la dernière demi-heure, Ueda se signalait à nouveau, mais Alisson restait vigilant (64e). Une timide réaction qui ne changeait rien à la physionomie de cette rencontre. Le Brésil conservait la maîtrise, mais se montrait progressivement moins dangereux dans les derniers mètres. Plus globalement, ce choc perdait en intensité et les 22 acteurs ne parvenaient pas à faire la différence malgré une ultime tentative de Vinicius (88e). Dans le temps additionnel, Casemiro - touché physiquement - devait lui céder sa place à Fabinho mais le tableau d’affichage n’évoluait plus. Alors que Brésiliens et Japonais se dirigeaient vers les prolongations, Gabriel Martinelli allait finalement libérer les siens. Sur une passe géniale de Guimarães, le nouvel entrant trompait Suzuki d’une frappe croisée (2-1, 90+5e). Un scénario cruel pour le Japon, mais qui permet au Brésil de rejoindre les 8es de finale. Prochain adversaire ? La Norvège ou la Côte d’Ivoire.

L’Homme du Match : Bruno Guimarães (7) : le numéro 8 de la sélection brésilienne a, comme beaucoup de ses coéquipiers, vécu un match avec beaucoup de bas en première période, et beaucoup de hauts lors du deuxième acte. Effectivement, ça avait assez mal commencé pour lui, avec peu de prises de risques, aucun décalage trouvé et une influence quasiment inexistante. On le sentait tout de même très impliqué, haranguant la foule et ses partenaires à plusieurs reprises. En deuxième période, changement radical, puisqu’il a porté les siens. C’est lui qui signe tout de même la première vraie occasion des siens à la 52e, avec une tête bien boxée par le portier asiatique (52e). Il a ensuite pris beaucoup d’initiatives, multipliant les ballons bien sentis, et en toute fin de partie, plein de lucidité dans la surface, il a mis un bon ballon pour Martinelli qui a inscrit le but de la victoire. Remplacé par Danilo Santos à la 90e+6.

Brésil

- Alisson (5) : le portier de la Canarinha a été assez peu sollicité. Il ne peut pas être pointé du doigt sur le but de Sano peu avant la demi-heure de jeu, et derrière, il aura répondu présent les quelques fois où il aura dû intervenir. Sur quelques tentatives lointaines sans trop de danger, par exemple. Difficile de vraiment juger sa prestation, mais il aura en tout cas transmis assez de tranquillité et de calme à ses défenseurs.

- Danilo (5,5) : il a beau faire partie des joueurs les plus expérimentés de son équipe, ce soir, il a parfois joué comme un poussin. Cela s’est par exemple vu sur certaines pertes de balle évitables, dont celle qui a mené au but de Sano (29e). Mais il s’est vite refait. Il est monté en puissance au fur et à mesure que la rencontre avançait, pas si perturbé par la fatigue ou la chaleur. Il s’est ainsi beaucoup porté vers l’avant, distillé quelques ballons intéressants comme ce bon centre pour Guimarães (52e), et a contribué à former un duo assez intéressant avec Rayan.

- Marquinhos (6) : le défenseur central parisien a bien tenu son rang. Pas forcément coupable de quoi que ce soit sur l’ouverture du score japonaise, il a vécu une soirée assez calme. Peu mis à contribution, il est resté concentré et a parfaitement rempli son rôle lorsque son équipe a eu besoin de lui. Attentif, le double champion d’Europe en titre a apporté de la sérénité à sa défense malgré une rencontre relativement tranquille, et a aussi été bon dans la relance.

- Gabriel (6,5) : le joueur d’Arsenal a été plutôt bon, faisant preuve de sérieux et de solidité à chacune de ses interventions. C’est peut-être même son apport offensif qui a été le plus intéressant ce soir. Le numéro 3 de la Canarinha a effectivement joué très haut, participant à la construction des actions, dans un rôle de milieu de terrain pratiquement. Ce qui a payé, puisqu’il a placé un centre parfait sur la tête de Casemiro au deuxième poteau sur l’égalisation de la Canarinha (55e), et a servi de point d’appui aux joueurs les plus avancés de son équipe.

- Douglas Santos (5) : le latéral gauche du Zenit a réalisé un match appliqué, équilibrant ses tâches défensives et offensives sans pour autant apporter une véritable plus-value dans le jeu. S’il n’a pas été pris à défaut par ses vis-à-vis sur son flanc, on peut par exemple regretter qu’il n’ait pas plus prêté main forte à Vinicius Jr dans les derniers mètres, là où Danilo a été plus incisif en deuxième période sur l’autre côté.

- Casemiro (5) : un match qui avait très mal commencé… Il a écopé d’un carton jaune juste avant le quart d’heure de jeu, en raison d’un tacle par derrière sur un rival. On l’a senti particulièrement lent et dépassé lorsque les Japonais attaquaient, comme sur le but de Sano, où il est incapable de rattraper le joueur nippon. Il a même, plusieurs fois, foncé dans certains coéquipiers. Un premier acte cataclysmique, n’ayons pas peur des mots, mais il a su se refaire après la pause. Il a vu sa tête être sauvée sur la ligne alors qu’il pensait sûrement avoir égalisé (53e), avant d’être enfin récompensé avec un but, deux minutes plus tard, sur un bon coup de casque au deuxième poteau. De quoi se rattraper, et le nouveau joueur de l’Inter Milan aura signé une deuxième période plus que correcte avant de sortir sur blessure (90e+2). Fabinho a pris sa place pour les dernieres minutes.

- Bruno Guimarães (7) : voir ci-dessus.

- Lucas Paquetá (4) : l’ancien milieu de terrain de l’OL a rendu une copie assez médiocre ce soir. Comme ses acolytes de l’entrejeu dans le premier round, il a été très neutre avec le ballon. Peu inspiré, il a pris peu de risques et n’a créé aucun décalage, avec, en bonus, plusieurs erreurs techniques assez incompréhensibles. Une prestation indigeste qui lui a valu d’être sorti à la pause, remplacé par Endrick (4). L’ancien de l’OL, très attendu par la presse brésilienne qui réclamait sa présence dans le onze depuis le début du tournoi, a eu du mal à se montrer. Même lors des moments forts de son équipe, il a semblé un peu perdu sur le terrain, donnant la sensation de ne pas savoir vraiment se placer par rapport à ses partenaires. Et quand il a eu le ballon, il a fait des mauvais choix.

- Rayan (4,5) : il avait la lourde responsabilité de remplacer Raphinha. Et le joueur de Bournemouth, brillant face à l’Ecosse lors du dernier match, a eu bien plus de mal ce soir. Une première période fantomatique sur son côté droit, où il n’a tout simplement rien proposé, donnant presque l’impression de se cacher. Un peu mieux au retour de la pause, avec plus de situations dangereuses créées dans les derniers mètres. On a revu ce Rayan percutant et déséquilibrant, mettant des bons ballons dans la boîte et éliminant des adversaires balle au pied. Sans pour autant être décisif ni nous faire lever de notre fauteuil.

- Matheus Cunha (5) : encore aligné à la pointe de l’attaque, le joueur de Manchester United n’aura pas à rougir de sa prestation. Très actif, il a énormément décroché pour apporter dans le jeu, alors que son équipe était plutôt endormie et que l’animation offensive brésilienne était très morne. Il signe la première occasion du match avec une frappe de l’extérieur bien sortie par Suzuki (14e). Avec l’entrée d’Endrick en deuxième période, il a joué encore plus bas, en électron libre, apparaissant entre les lignes pour surprendre les Japonais. Volontaire donc, mais au final, il n’aura pas eu la possibilité de faire des différences. Remplacé par Gabriel Martinelli (66e), qui a lui aussi joué assez bas, du moins par rapport à sa position habituelle en club. Plutôt discret… Jusqu’à son but en toute fin de match, plaçant le ballon au poteau opposé pour qualifier la Canarinha.

- Vinicius Jr (6,5) : auteur d’un gros début de Mondial, avec 4 buts en 3 rencontres, le Madrilène était logiquement attendu au tournant ce soir. Il a cependant eu énormément de mal à entrer dans le match, sur son côté gauche. En première période, il n’a fait aucune différence, trop esseulé et toujours en situation d’infériorité numérique face à plusieurs défenseurs japonais. Aucun coup de génie, aucun dribble dévastateur, alors que son équipe avait besoin d’un peu de folie pour dynamiter des Nippons très solides derrière. En deuxième période, on a vu le vrai Vinicius, avec une action individuelle de génie qui s’est conclue par un extérieur sur le poteau, étant à deux doigts d’inscrire le but du Mondial (58e). Un numéro 7 plus incisif, plus tranchant, mais parfois un peu trop soliste.

Japon

- Suzuki (6) : gardien de Parme, Suzuki disputait sa quatrième rencontre dans cette Coupe du Monde 2026 et a vécu une première période globalement tranquille. Peu sollicité par l’attaque brésilienne, il s’est tout de même illustré en captant proprement une frappe lointaine et malicieuse de Vinícius Jr à la 33e minute, avant de s’interposer quelques instants plus tard sur une tentative de Matheus Cunha, trop écrasée pour le mettre en danger. La température est ensuite montée d’un cran pour lui, qui a dû s’imposer sur une tête puissante à bout portant de Bruno Guimarães (52e). Quelques minutes plus tard, Casemiro a égalisé de la tête au second poteau, impuissant pour Suzuki sur un centre venu de la gauche, avant que le Japon ne soit encore sauvé par son portier, auteur d’une parade décisive sur une frappe croisée de Vinícius Jr repoussée sur le poteau à la 58e. Malheureux, il n’a rien pu faire face à Martinelli à la dernière seconde de la rencontre (90+6e, 2-1).

- H. Ito (5) : aligné sur le côté gauche de la défense à trois, l’expérimenté joueur du Bayern Munich a traversé un premier acte particulièrement serein. Dans sa zone, Rayan n’a jamais réussi à le prendre de vitesse ni à le déstabiliser, se heurtant à un Ito attentif et discipliné, rarement inquiété. Cela a d’ailleurs souvent contraint le Brésilien à jouer vers l’arrière. En seconde période, il n’a rien pu faire sur l’égalisation de Casemiro et a globalement subi la domination brésilienne.

- Taniguchi (5) : dans l’axe de la charnière japonaise, Taniguchi, international depuis 2015, était chargé de surveiller Matheus Cunha. Une mission globalement maîtrisée pour le défenseur central de 34 ans, jamais réellement mis en difficulté, l’attaquant de Manchester United étant continuellement obligé à la frappe lointaine tant le duel lui échappait. Ensuite, il a eu plus de mal suite aux nombreux appels dans son dos d’Endrick et de Martinelli. Il a vécu un second acte bien différent du premier, à l’image du Japon.

- Tomiyasu (6) : positionné sur le côté droit de la défense centrale, le joueur de l’Ajax Amsterdam évoluait dans la zone de Vinícius Jr, principal danger brésilien. Il a connu davantage de difficultés, notamment à la 20e minute lorsqu’il a été pris de vitesse par l’ailier du Real Madrid, avant de voir le centre du Brésilien finalement repoussé par ses partenaires. En seconde période, Tomiyasu a sauvé les siens sur sa ligne en repoussant une tête plongeante de Casemiro après un centre mal renvoyé, évitant ainsi l’ouverture du score brésilienne (54e). Bien placé, il a encore repoussé une tête de Rayan (73e).

- Nakamura (5) : auteur d’une saison remarquée avec Reims (14 buts toutes compétitions confondues), Nakamura occupait le couloir gauche dans un rôle de piston. Très actif, il a multiplié les courses et les efforts, aussi bien dans le repli défensif que dans les phases offensives, tout en mettant régulièrement Danilo sous pression sur son côté. Plus discret ensuite, il a été remplacé par Junnosuke Suzuki (66e). L’entrant a été globalement discret et aura principalement défendu, avant d’écoper d’un carton jaune à la 84e après un tacle par derrière sur Danilo, très en retard.

- Doan (5,5) : capitaine du Japon, Doan a évolué très bas dans ce premier acte pour épauler son couloir face à Vinícius Jr. Entièrement tourné vers les tâches défensives, il a réalisé une prestation très solide, multipliant les interventions et les duels remportés, notamment à la 35e minute dans une séquence longue et dangereuse dans sa surface. Après avoir tout donné sur le terrain, il a été remplacé par Yukinari Sugawara (66e). L’entrant n’a rien apporté de plus que son prédécesseur.

- Sano (6) : associé à Kamada dans l’entrejeu, le milieu de Mayence a connu une entame difficile, gêné par la possession brésilienne et sanctionné d’un carton jaune dès la 12e minute pour une intervention tardive sur Vinícius Jr. Il s’est néanmoins illustré défensivement avec une récupération précieuse face à Matheus Cunha dans sa surface, avant de se muer en buteur à la 29e minute d’une frappe ras de terre après une perte de balle de Danilo (0-1). Lors de la seconde période, Sano a eu du mal face à un Brésil beaucoup plus offensif. En effet, le positionnement de Martinelli dans sa zone l’a perturbé, lui qui avait réalisé une grande première mi-temps.

- Kamada (4) : milieu de Crystal Palace et en grande forme dans ce Mondial 2026 avec déjà 2 buts au compteur, Kamada a tenté d’organiser le jeu japonais face à Bruno Guimarães. Il s’est procuré une première situation sur coup franc à la 15e minute, sans trouver le cadre, avant de délivrer un corner dangereux pour Ueda à la 27e, dont la tête est passée au-dessus. Kamada a été averti après une grosse faute juste avant la pause (45e). Comme l’ensemble de ses coéquipiers, il a eu du mal à exister en seconde période. Il a été remplacé par Ao Tanaka (78e), qui est coupable sur le but de Martinelli en toute fin de match, après avoir perdu un ballon proche de sa surface.

- Maeda (4) : très en vue cette saison avec le Celtic Glasgow, comptabilisant 17 buts et 10 passes décisives, Maeda s’est montré plus discret que ses partenaires offensivement, mais est toutefois resté dangereux dans la profondeur. Ses appels répétés ont gêné régulièrement Danilo, souvent obligé de reculer face à ses projections. Maeda a manqué l’occasion de remettre le Japon devant au score (61e), pas assez rapide pour devancer Alisson dans la surface brésilienne. Remplacé par Ogawa (90+7e).

- J. Ito (4,5) : l’ancien joueur de Reims, aujourd’hui à Genk, évoluait sur le côté droit et s’est retrouvé opposé à Douglas Santos tout au long de la rencontre. Il a provoqué un coup franc intéressant après une percée et un contact fautif de l’ancien Madrilène Casemiro (14e), avant de manquer une transmission simple quelques minutes plus tard, envoyant directement une passe facile en touche (17e). Au fil de la rencontre, pourtant très remuante, l’ailier de 33 ans a disparu. Il a logiquement été remplacé par Shuto Machino (78e).

- Ueda (5) : buteur déjà à deux reprises dans ce Mondial et auteur de 26 buts sur sa dernière saison avec Feyenoord, Ueda s’est encore signalé dans la surface brésilienne. Très proche d’ouvrir le score sur corner à la 7e minute avec une tête puissante, il a vu ensuite sa récupération haute sur Casemiro ne pas être exploitée, le Brésilien corrigeant finalement son erreur (39e). En confiance, l’avant-centre a tenté sa chance de loin, mettant Alisson en difficulté (63e) : le portier du Brésil a dû s’interposer en deux temps.