La sélection néerlandaise quitte déjà la Coupe du Monde 2026 avec le sentiment d’avoir encore gâché une occasion immense. Face au Maroc (1-1), les Oranjes avaient pourtant fait le plus difficile en ouvrant le score grâce à Cody Gakpo après une rencontre longtemps subie. Sans véritable maîtrise collective, les hommes de Ronald Koeman ont résisté grâce aux interventions décisives de Bart Verbruggen et à une solidarité défensive parfois héroïque. Mais comme lors du premier match contre le Japon, l’équipe s’est effondrée dans les derniers instants. Issa Diop a surgi dans le temps additionnel pour remettre les deux équipes à égalité d’une tête que Virgil van Dijk n’a pas su empêcher. La prolongation a confirmé la tendance avec un Maroc supérieur dans le jeu avant que la séance de tirs au but ne scelle définitivement le sort des Néerlandais.

Cette élimination est vécue comme un véritable fiasco aux Pays-Bas, tant elle concentre tous les maux entrevus depuis le début du tournoi. Les Oranjes n’ont jamais réussi à imposer leur football, ont constamment subi le rythme adverse et ont encore craqué mentalement au moment de conclure. La séance de tirs au but a transformé cette désillusion en humiliation avec les échecs de Justin Kluivert, Quinten Timber et Crysencio Summerville. La presse néerlandaise souligne également que le changement de système décidé par Ronald Koeman n’a jamais apporté la stabilité promise. Le passage à une défense à cinq, censé sécuriser l’équipe, a surtout envoyé un message de prudence excessive face à un Maroc qui a progressivement pris confiance jusqu’à renverser psychologiquement son adversaire.
Les journalistes sortent la sulfateuse
Quelques minutes après l’élimination, la presse batave ne cherche déjà plus les circonstances atténuantes et désigne clairement les principaux responsables. Dans De Telegraaf, le très influent Valentijn Driessen réclame sans détour le départ du sélectionneur. « Ronald Koeman doit démissionner de son poste de sélectionneur national des Pays-Bas immédiatement », écrit-il, estimant que son mandat ne peut survivre à une telle débâcle. Le journaliste critique un plan de jeu jugé beaucoup trop frileux, un changement tactique incompréhensible et une équipe qui a davantage réagi au Maroc qu’elle n’a imposé ses propres idées. Driessen va même plus loin en affirmant que Ronald Koeman et Virgil van Dijk « ont livré le football néerlandais en pâture », une formule particulièrement sévère qui illustre l’ampleur des critiques. De son côté, Koeman a refusé de répondre clairement aux questions sur son avenir, se contentant de reconnaître qu’il avait une réflexion personnelle sans vouloir la partager à chaud.
Dans la suite des procès médiatiques, Virgil van Dijk n’échappe pas non plus aux reproches. Si le capitaine a exprimé toute sa détresse après la rencontre, la presse rappelle qu’il a perdu son duel aérien face à Issa Diop sur l’égalisation marocaine, une erreur fatale qui a totalement changé le scénario du match. Plusieurs médias soulignent également son absence lors de la séance de tirs au but, le défenseur n’ayant pas pris ses responsabilités parmi les tireurs malgré son statut de leader. L’Algemeen Dagblad insiste sur le fait que le défenseur de Liverpool «s’est laissé surprendre» au moment décisif et considère que cette action symbolise «les limites d’une équipe incapable de gérer les moments clés». En quelques heures, le débat a déjà dépassé la simple élimination. Aux Pays-Bas, la reconstruction semble inévitable et les regards se tournent désormais vers la KNVB, appelée à décider si Ronald Koeman est encore l’homme de la situation ou si cette élimination marque définitivement la fin (encore) d’un cycle jamais commencé.
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