Le Paraguay n’a pas seulement éliminé l’Allemagne. Il a plongé tout un pays dans une euphorie rarement observée dans son histoire récente. Dès le dernier tir au but transformé, les rues d’Asunción se sont remplies de milliers de supporters vêtus de rouge et blanc. La célèbre rue Palma est devenue le cœur d’une célébration géante où chants, drapeaux, klaxons et embrassades ont accompagné une nuit qui restera gravée dans la mémoire collective. L’onde de choc a dépassé le simple cadre du football. Le président Santiago Peña a décrété un jour férié national afin de permettre au pays de célébrer cette qualification historique. Une décision qui a même conduit à la suspension de plusieurs activités institutionnelles, notamment au Parlement. Dans les principales villes du pays, de Ciudad del Este à Coronel Oviedo, des foules immenses ont envahi les avenues pour rendre hommage à une sélection qui vient d’écrire l’une des plus belles pages du football paraguayen. Le sentiment dominant est celui d’un exploit presque irréel après avoir renversé un quadruple champion du monde annoncé largement favori.

Au milieu de cette fête populaire, Gustavo Alfaro a trouvé les mots pour donner une dimension presque légendaire à cette qualification. Fidèle à son style passionné et profondément humain, le sélectionneur paraguayen a salué un groupe qu’il considère désormais comme historique. Pour lui, ses joueurs sont entrés sur le terrain comme de simples compétiteurs et en sont ressortis comme des légendes. L’entraîneur argentin a multiplié les références à l’identité paraguayenne, évoquant les sacrifices des familles, les terrains de terre rouge et le parcours difficile de nombreux membres de son effectif. Dans son discours, cette victoire ne représente pas seulement un succès sportif mais aussi la récompense d’un peuple habitué à lutter pour exister face aux grandes puissances du football mondial. Alfaro a même qualifié ce triomphe contre l’Allemagne de plus grande victoire de sa carrière d’entraîneur. Une déclaration forte qui illustre parfaitement l’ampleur émotionnelle de cet exploit. Désormais, personne dans le camp paraguayen ne veut voir cette aventure s’arrêter au prochain tour.

Des Paraguayens prêts à tout

L’un des grands héros de la soirée se nomme Orlando Gill. Le gardien paraguayen a écœuré les Allemands durant toute la rencontre avant de devenir décisif lors de la séance de tirs au but. Ses arrêts face à Kai Havertz puis Nick Woltemade ont offert au Paraguay une qualification qui semblait encore inimaginable il y a quelques mois. Après la rencontre, le portier de 26 ans n’a pas caché son émotion en expliquant qu’il vivait le moment le plus important de sa carrière. Il a également envoyé un message fort à tous ceux qui avaient déjà enterré son équipe avant le coup d’envoi. Selon lui, cette victoire prouve que le Paraguay est capable de rivaliser avec n’importe quelle nation lorsque le groupe joue avec courage et conviction. « Peu importe qui se présente, le Paraguay sera prêt à tout», a-t-il déclaré. Le capitaine Gustavo Gómez a tenu un discours similaire en rappelant que l’Allemagne savait parfaitement qu’elle allait devoir souffrir jusqu’au bout pour espérer passer. « C’est difficile à décrire. Je suis très fier de mes coéquipiers, de l’équipe. Je crois que dans ma dernière interview, j’ai dit que cette équipe méritait un match de plus. Et la vérité, c’est qu’avec tout ce qui s’est passé, avec tout ce qui a été dit… Quoi qu’il arrive, ce que j’apprécie le plus chez cette équipe, c’est son unité. Cette équipe a une force incroyable pour affronter n’importe quelle situation». Cette confiance nouvelle nourrit désormais les ambitions paraguayennes et renforce la conviction que cette équipe peut encore surprendre le monde.

La qualification acquise, tous les regards se tournent désormais vers le prochain adversaire. Le Paraguay connaît déjà son futur rendez-vous et suivra avec une attention particulière le 16e de finale opposant la France à la Suède. Dans les médias paraguayens comme dans les déclarations des joueurs, le respect est immense pour les Bleus, mais la peur semble totalement absente. « Pour moi, ces 26 guerriers sont entrés sur le terrain et en sont ressortis comme des légendes. On sera peut-être éliminés au prochain tour, peut-être pas, on verra bien ; mais ce match était épique, tout simplement épique. Pour moi, c’est le pouvoir transformateur d’une équipe qui se donne à fond, et ces gars-là étaient prêts à tout donner », a expliqué le sélectionneur Gustavo Alfaro. Portés par une dynamique exceptionnelle et par une confiance décuplée après avoir fait tomber l’Allemagne, les hommes de Gustavo Alfaro abordent la suite de la compétition avec une ambition assumée. L’idée de croiser la route de l’équipe de France excite déjà les supporters qui rêvent d’un nouveau coup d’éclat. Après avoir transformé tout un pays en immense fête nationale, l’Albirroja ne compte visiblement pas s’arrêter là. Le message envoyé depuis Boston est limpide, et le Paraguay est prêt pour son prochain défi et attend désormais de savoir si ce sera la France qui se présentera face à lui. Les Bleus doivent déjà battre les Suédois mais en cas de succès, attention à l’excès de confiance…