Selon L'Équipe, une affiche célébrant la nomination de Claude Le Roy et Omar Daf, récemment publiée par l'UNECATEF, le syndicat des entraîneurs français, a suscité la controverse en raison de soupçons de racisme et de symboles coloniaux. Le syndicat maintient que le contenu n'est pas problématique.

Le 12 juin, l'UNECATEF a produit une affiche promotionnelle célébrant les nominations de Claude Le Roy et Omar Daf respectivement en tant qu'entraîneurs en chef des sélections nationales du Congo. L'affiche s'inspire de la couverture de la bande dessinée d'Hergé « Tintin au Congo », rebaptisée « Claude et Omar au Congo ». De plus, l'affiche a utilisé l'IA pour générer les visages des deux personnages.
Dans la composition, Le Roy occupe la place du conducteur, remplaçant le personnage original Tintin, tandis que Daf est assis à la place du passager, remplaçant l'enfant congolais de l'œuvre originale. Ce design s'est rapidement propagé sur les réseaux sociaux, suscitant des débats et des critiques virales.
Au cœur de la controverse se trouve le fait que « Tintin au Congo » est depuis longtemps considéré comme contenant des stéréotypes coloniaux et raciaux évidents. La réutilisation de ces symboles visuels a donc été perçue par certains commentateurs comme insensible, voire offensante. De plus, l'UNECATEF a également commis une erreur en félicitant Le Roy dans l'affiche pour sa nomination en tant qu'entraîneur en chef de la sélection de la RD Congo, alors qu'il a en réalité été nommé entraîneur en chef de la sélection de la République du Congo. À cette époque, la sélection de la RD Congo était encore en lice en huitièmes de finale de la Coupe du monde.
Pascal Blanchard, historien spécialiste de la colonisation, a souligné que de telles expressions visuelles reflètent la persistance des symboles de l'ère coloniale dans l'imaginaire culturel contemporain. Il a noté que « Tintin au Congo » lui-même perpétue une structure narrative stéréotypée de « domination blanche, accompagnement noir », et que la réutilisation d'images similaires aujourd'hui ravive facilement les souvenirs historiques et des enjeux sensibles.
Il a ajouté que le Congo a connu une violence et une exploitation coloniales graves sous le règne de Léopold II, où « des dizaines de milliers de personnes ont subi des châtiments brutaux, notamment l'amputation des mains », d'où la nécessité d'une extrême prudence lors du réemploi de symboles historiques connexes.
Cependant, Bertrand Rezeau, président de l'UNECATEF, était en désaccord. Il a déclaré que l'affiche n'avait pas été jugée problématique lors de sa création, et que « personne n'a estimé qu'elle était inappropriée jusqu'à maintenant ». Il considère que la controverse n'est qu'une surinterprétation de la part de quelques personnes et a souligné qu'elle « ne contenait absolument aucune intention raciste », la présentant comme un hommage avec un « humour décalé ».
Rezeau a aussi donné un exemple, disant que si une situation similaire s'était produite dans un autre contexte, comme « Tintin en Espagne », ils l'auraient créée de la même manière. Il a également déclaré que même si l'affiche pouvait prêter à confusion, « il n'est pas nécessaire de l'ériger en problème de racisme ».
Il est rapporté que Le Roy et Daf ont tous deux préalablement approuvé le contenu de l'affiche. Le Roy, qui a entraîné le Congo entre 2013 et 2015 et a dirigé plusieurs sélections africaines, a également exprimé sa déception face à la controverse, la qualifiant de « malentendu regrettable », et a souligné qu'il comprend le contexte historique de « Tintin au Congo », mais qu'il s'agissait simplement d'un hommage symbolique qui ne devrait pas être surinterpété. L'équipe de Daf n'a pas réagi aux demandes de commentaire.
Traduit par IA.
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