«Un nouveau tournoi débute», a inlassablement répété Pape Thiaw ces derniers jours suite à la qualification de justesse du Sénégal pour les 16es de finale de Coupe du Monde. À l’inverse du premier tournoi, ses joueurs l’ont pris par le bon bout mais l’ont terminé totalement en vrille. Au terme d’un match qu’ils auraient dû plier sereinement après avoir mené 2-0 jusqu’à la 85e minute, les Lions de la Téranga ont été cruellement éliminés par les Belges, gâtée par leur fébrilité (3-2 en prolongations). Privés d’Edouard Mendy, toujours blessé au genou et remplacé par Mory Diaw, les hommes de Pape Thiaw avaient pourtant abordé cette rencontre sans complexe mais avec l’assurance d’un finaliste de CAN, conscient de ses forces.

Une avance de deux buts n’aurait même pas été choquante au regard de leur domination, matérialisée dès la 13e minute par cette énorme occasion d’Ismaïla Sarr. L’attaquant de Crystal Palace voyait Thibaut Courtois se trouer et lui offrir le ballon face au but vide, mais en bout de course, l’ancien Marseillais trouvait le poteau. Les Sénégalais allaient être récompensés de leurs intentions dix minutes plus tard grâce à Habib Diarra. Sarr trouvait le poteau de la tête sur un centre de Mané, et l’ex-Strasbourgeois, opportuniste, concluait (25e, 0-1). Il devenait le premier buteur du Sénégal en phase finale de Coupe du Monde depuis 2002. La pression sénégalaise s’intensifiait sur la cage belge, les finalistes de la dernière CAN pénétraient dans la défense belge à leur guise, et Mechele faisait craindre le pire sur chaque ballon.
Le Sénégal a relancé la Belgique qui n’en demandait pas autant
La plus grosse situation belge de la première période venait des pieds de De Cuyper avant la pause. Le Belge déclenchait une magnifique frappe enroulée du pied droit mais Mory Diaw s’employait magnifiquement. Une parade qui n’allait pas vraiment traduire l’ensemble de sa performance. Toujours est-il que les Sénégalais faisaient le break grâce à Ismaïla Sarr, et surtout de quelle manière (51e, 0-2) ! Moussa Niakhaté trouvait l’ancien Marseillais sur une ouverture téléguidée de plus de 50 mètres et fusillait Courtois d’une reprise de volée pour s’offrir, comme Haaland et Kane, un quatrième but dans la compétition (51e, 0-2). Fidèles à leurs errements défensifs du début de match, Mechele et Theate étaient complètement dépassés dans leur dos.
Dans les rangs belges, la nervosité gagnait les esprits, Trossard et Tielemans se prenant le bec au moment de la pause fraîcheur. Fourmillant sur son banc et confronté à un problème insoluble, Rudi Garcia se lançait dans une série de changements en sortant De Bruyne et Doku. Il ne le savait pas encore, mais son coaching allait changer l’histoire de cette rencontre. Lukebakio jetait un premier froid sur une frappe enroulée (78e), tandis que Lukaku, entré à la pause, réduisait l’écart en coupant un centre de Meunier au premier poteau (86e, 1-2). La révolte était sonnée, les Sénégalais aussi puisqu’ils allaient concéder ce qui était encore inconcevable cinq minutes plus tôt. Sur un centre de Trossard, Diaw se trouait complètement et Tielemans égalisait pour envoyer son pays en prolongations (89e, 2-2). Après s’être chauffés, les deux coéquipiers se rabibochaient dans une étreinte.
Lamine Camara et Mory Diaw fautifs, les entrants belges ont tout changé
Les Belges, requinqués et relancés par leurs adversaires, prenaient enfin le contrôle du match. Lukaku inspirait la crainte à chaque ballon joué dans ses pieds, tandis que Mbaye, entré à la place d’un Iliman Nidaye très décevant, créait de l’incertitude sur chaque accélération. Sa reprise du gauche ne passait pas loin non plus sur un centre du gamin du Bayern, Sapoko Ndiaye (109e). Mais la plus grosse occasion était belge, et elle sonnait comme l’effondrement sénégalais. Lukebakio fracassait la barre sur un très bon centre de Diego Moreira, mais au premier poteau, Tielemans était fauché par un Lamine Camara en grande difficulté. Après visionnage du VAR, l’arbitre accordait un penalty aux Belges. Il allait finalement être transformé par Tielemans, décidément le héros de cette rencontre (120+5e). C’est sur cette note et au bout d’un suspense insoutenable que la Belgique rallie les 1/8es de finale de Coupe du Monde. Les Diables Rouges défieront le vainqueur d’Etats-Unis - Bosnie-Herzégovine. Le Sénégal n’a plus que ses yeux pour pleurer.
Belgique
- Courtois (5) : habituel dernier rempart de la sélection belge depuis 2011, le portier du Real Madrid a frôlé la catastrophe dès le premier acte. Sur une action initiée par Mané côté gauche, il a dévié maladroitement un centre devant lui, offrant une situation chaude à Ismaïla Sarr dont la reprise a fini sur le poteau (13e). Battu sur l’ouverture du score après un ballon revenu dans les pieds de Diarra (0-1, 25e), il n’a rien pu faire. Il s’est toutefois montré attentif en captant un ballon trop facile de Mané à la 36e minute. Ensuite, Courtois a concédé le but du 0-2 face à Ismaïla Sarr, le Sénégalais s’est retrouvé seul face au but (51e) après un duel face à Theate. Il a été plutôt tranquille ensuite, jusqu’à la 112e minute où il s’est interposé devant Ndiaye.
- De Cuyper (4,5) : aligné sur le côté gauche de la défense belge, le joueur de Brighton a été constamment mis sous pression par les projections de Diatta et Ndiaye. En difficulté face aux échanges sénégalais dans son couloir, il a souffert défensivement tout au long de la première période. Offensivement, il a d’abord enchaîné un centre trop facilement capté par le gardien (39e), puis un second centre mal ajusté, sans destinataire. Il s’est néanmoins illustré par une frappe du droit puissante et enroulée, obligeant la défense sénégalaise à concéder le corner avant la pause. Il a encore été dans le dur encore en seconde période et a été remplacé par Thomas Meunier à la 77e. L’ancien du PSG a tenu la baraque en défense, réussissant à contenir Mbaye.
- Theate (5,5) : vigilant et bien placé dans l’axe, l’ancien Rennais a sauvé les siens dès la 16e minute en devançant Sarr, parti seul au but sur un long ballon. Solide dans les duels, notamment aériens, il a tenu son rang malgré la domination sénégalaise en première période. Il n’a cependant pas pu empêcher l’ouverture du score de Diarra à la 25e. En seconde période, il a perdu le seul duel qu’il ne fallait pas perdre face à Ismaïla Sarr dans sa surface, le Sénégalais s’est retrouvé face à Courtois et a envoyé une frappe surpuissante (0-2, 51e). Theate a encore été bien positionné en fin de match, venant dégager un ballon dangereux en corner (114e).
- Mechele (5,5) : le défenseur brugeois de 33 ans, positionné à droite de la charnière centrale, a vécu une première période relativement calme. Peu sollicité, il s’est montré propre et solide dans le jeu aérien, particulièrement sur les phases arrêtées, où son gabarit de 1,90m a permis de sécuriser plusieurs situations chaudes. Il a réalisé une terrible faute d’antijeu sur Sarr à la 63e, et il a logiquement écopé d’un carton jaune pour ce mauvais geste. Vigilent encore malgré la fatigue, il a très bien repoussé un centre dangereux du Sénégal à la 107e minute.
- Castagne (5) : installé sur le flanc droit en lieu et place de Meunier, le joueur de Fulham a été confronté en permanence à Sadio Mané lors du premier acte. Sous pression, il a su s’imposer dans un duel important à la 22e minute pour empêcher une récupération haute sénégalaise, avant de contrer un centre dangereux de l’ancien joueur de Liverpool dans la foulée. Dès l’entame de la seconde période, il a été humilié par Sadio Mané : le Sénégalais lui a glissé une virgule petit-pont avant d’enchainer avec un centre (46e). Il a tout autant souffert lors du second acte, notamment lorqu’il a changé de côté pour évoluer du côté gauche face à Mbaye. Il a fait une grosse faute à la 80e, offrant un bon coup-franc au Sénégal.
- Vanaken (5) : titularisé pour la deuxième fois dans ce Mondial 2026, le milieu expérimenté a occupé un rôle de gestion dans l’entrejeu, chargé d’apporter toute sa qualité technique et sa capacité à conserver le ballon dans les temps faibles. Une première période globalement discrète, mais appliquée dans l’équilibre collectif. Il a été remplacé par Diego Moreira (6) à la 62e. Le joueur du RCSA disputait ainsi son tout premier match en Coupe du Monde et occupait le couloir gauche de l’attaque.
- Tielemans (7,5) : capitaine belge et pièce maîtresse d’Aston Villa cette saison, il a formé un double pivot avec Vanaken. Très impliqué dans les efforts défensifs, il a néanmoins été sanctionné d’une grosse faute d’anti-jeu sur Diarra (20e). Son impact technique est resté irrégulier, avec une première période marquée par de l’agacement et un manque de justesse. Il a totalement raté son centre pour Lukaku à la 70e, ce qui a provoqué la colère de son coéquipier Lucas Trossard. Tielemans a encore manqué son tir à la 83e. Mais il a sauvé les siens en fin de match : trouvé dans le dos de la défense sénégalaise sur un centre parfaitement enroulé de Trossard depuis la gauche, Youri Tielemans s’est élevé plus haut que Moussa Niakhaté pour placer un coup de casque imparable et remettre la Belgique à hauteur (2-2). Il s’est effondré au sol à la 117e après un duel dans la surface adverse avec Lamine Camara. Après usage de la VAR, l’arbitre a désigné le point de pénalty. Tielemans a même offert le but de la victoire aux Belges, en inscrivant ce pénalty à la 120+5e (3-2). Un vrai match de capitaine, malgré une première mi-temps moyenne.
- Doku (5) : principal danger offensif belge, l’ailier de Manchester City a tenté d’apporter de la percussion sur son couloir. Il a réussi un joli dribble sur Niakhaté avant d’obtenir une situation intéressante non sifflée (32e). Très actif, il a multiplié les centres dangereux, dont un dévié en toute fin de période (43e), sans trouver preneur. Contre toute attente, il a été remplacé par Dodi Lukébakio (6) à la 56e. Le meilleur joueur de la Belgique encore dans cette première période. Lukébakio a failli réduire le score à la 77e, tentant une frappe enroulée qui n’est pas passée loin. Il a buté sur la barre en toute fin de match, d’un tir fort du pied droit (117e).
- Trossard (6) : auteur d’une grande saison avec Arsenal, vainqueur de la Premier League et finaliste de la Ligue des Champions, il a été l’un des premiers à se signaler avec une frappe captée dès la 8e minute. Ensuite, son influence s’est amoindrie, avec plusieurs imprécisions techniques et une faute évitable sur Pape Gueye (38e), symbole d’une première période frustrante pour lui. Il a été bien trop discret en seconde période, n’apportant quasi aucune fulgurance sur son côté. Sauf en fin de match où il est à l’origine de l’égalisation. En effet, Leandro Trossard s’est mué en passeur décisif en déposant un centre parfaitement enroulé sur la tête de Youri Tielemans, auteur du but égalisateur belge (2-2). Il a été remplacé par Onana à la 109e minute.
- De Bruyne (4) : positionné en soutien de l’attaquant, le meneur de jeu belge était chargé d’organiser le jeu et d’alimenter les appels en profondeur de ses ailiers. Trop imprécis dans ses transmissions, il a notamment manqué une passe vers Trossard (19e). Peu en vue dans le jeu, il n’a pas suffisamment pesé, malgré une tentative de reprise de volée en fin de première période (45+5e), finalement mal exécutée. Il a été remplacé par Nicolas Raskin (5) à la 56e. Un choix très fort de la part de Rudi Garcia. L’entrant n’aura pas vraiment pu faire mieux.
- De Ketelaere (3) : aligné seul en pointe de l’attaque à la place de Romelu Lukaku, l’attaquant de l’Atalanta a connu un premier acte frustrant. Peu servi, il a manqué une opportunité intéressante à la 12e minute en choisissant de se retourner plutôt que de frapper. Isolé, il a souvent décroché pour toucher le ballon, créant parfois un déséquilibre dans la surface adverse. Il a été remplacé par Romelu Lukaku (6,5) à la mi-temps. Entré dans une rencontre longtemps fermée pour la Belgique, l’attaquant a fini par relancer les siens en réduisant l’écart en fin de match (86e). Lancé dans la surface après un centre de Meunier, il a parfaitement ajusté Diaw au premier poteau. Une réalisation tardive qui est venue récompenser son activité dans le pressing et maintenir l’espoir belge dans les dernières minutes.
Sénégal
- Mory Diaw (4) : vigilant, le portier sénégalais semblait tenir son rang. Il s’est illustré avec une magnifique horizontale sur une frappe enroulée de De Cuyper puis s’est montré très sûr dans ses sorties aériennes. Il ne peut pas faire grand-chose sur le but de Lukaku à bout portant. En revanche, il condamne les siens dans la foulée avec une sortie totalement manquée sur l’égalisation de Tielemans. En fin de rencontre, il ne peut strictement rien faire sur le sublime penalty tiré par Tielemans, encore une fois.
- Krépin Diatta (5) : beaucoup d’activité dans son couloir droit. Sérieux défensivement face aux accélérations de Trossard et Doku, il a également apporté offensivement avec plusieurs projections intéressantes. Une prestation appliquée mais il a baissé en régime au fil du match. Surtout, il a semblé un peu plus en souffrance au moment de l’entrée de Diego Moreira. Moins précis défensivement, il a laissé des espaces qui ont permis aux Belges de parfois trouver des centres dangereux comme celui qui provoque le penalty en fin de rencontre.
- Pathé Ciss (5) : titulaire à la place de Koulibaly, il a été solide dans l’axe de la défense. Il a parfaitement contenu De Ketelaere dans un premier temps et s’est surtout distingué avec plusieurs interventions autoritaires, notamment un retour décisif devant Kevin De Bruyne en contre-attaque. Mais il a fait preuve de laxisme par moment sur le marquage ce qui a laissé quelques opportunités à la Belgique. Son comportement en fin de rencontre pour empêcher que le penalty de Tielemans soit tiré est par contre peu élégant.
- Moussa Niakhaté (4,5) : pointé du doigt depuis le début du tournoi, il a d’abord été solide dans le domaine aérien, propre dans la relance et toujours bien placé pour couper les trajectoires, il a répondu présent dans tous les duels importants avec en plus une veille ouverture décisive pour Sarr. Mais au moment de l’entrée de Romelu Lukaku, son match a basculé. Il s’est fait bousculer dans le duel dos au jeu et se retrouve en difficulté sur les deux buts de la Belgique. Encore une fois, ça pénalise complètement son équipe.
- Ismail Jakobs (5) : il avait fort à faire face à Jérémy Doku et Jérémy Trossard et il a été plutôt cohérent. L’ancien Monégasque est resté calme dans les un-contre-un et a contenu les dribbles des attaquants adverses. Pas vraiment en difficulté dans un premier temps, il a eu un peu plus de mal face à Lukebakio et a donc cédé sa place à Diouf à la 93e. Le latéral de West Ham n’a pas vraiment su apporter.
- Gana Gueye (5) : le capitaine a montré la voie. Omniprésent à la récupération, il a dicté le pressing sénégalais et s’est même offert une lourde demi-volée bien repoussée par Courtois. Son expérience a énormément pesé dans l’entrejeu. Mais au fil du match, il s’est éteint physiquement et a fini par perdre un peu le fil de la rencontre. Pas aidé par les changements de Pape Thiaw puisqu’il s’est retrouvé assez seul dans le coeur du jeu ensuite.
- Pape Gueye (6) : moins en vue que contre l’Irak, mais toujours aussi précieux dans l’équilibre collectif. Il a remporté de nombreux duels et a permis au Sénégal de conserver une maîtrise global du ballon face aux Diables Rouges. Un match solide de sa part. Remplacé par Lamine Camara (3) à la 66e minute de jeu. Le Monégasque a tout simplement été catastrophique. Il a débuté par une grosse semelle quelques secondes après son entrée en jeu avant de condamner les siens en provoquant un penalty à la dernière seconde qui a éliminé les siens.
- Habib Diarra (6,5) : le meilleur Sénégalais. Très actif entre les lignes, il a constamment fait avancer son équipe avant d’être récompensé par son but plein d’opportunisme après le poteau trouvé par Ismaïla Sarr. Infatigable au pressing, il a encore livré une prestation de très haut niveau face au milieu vieillissant et peu agressif de la Belgique. Sa sortie a fait beaucoup de mal à son équipe qui s’est complètement effondrée et a perdu la maitrise du ballon. Ce qui a couté cher. Remplacé par Pape Matar Sarr à la 73e (4,5). Le milieu de Tottenham n’a pas vraiment existé.
- Sadio Mané (6) : très disponible, Mané a constamment cherché à créer des décalages. C’est lui qui adresse le centre sur l’ouverture du score et il aurait même pu marquer quelques minutes plus tard sans une tentative trop écrasée devant Courtois. Le leader des Lions a été au rendez-vous dans cette rencontre où il a été rassurant pour ses partenaires même si à l’image de son équipe, il s’est un peu écroulé. Remplacé à la 93e par Nicolas Jackson qui n’a pas su exister malgré quelques espaces.
- Ismaïla Sarr (6) : encore une fois dans tous les bons coups. En pointe de l’attaque, il a fait souffrir la défense belge et il est impliqué sur tous les buts des siens. D’abord en trouvant le poteau de la tête avant que Diarra ne conclue. Ensuite sur une ouverture exceptionnelle de Niakhaté où il enchaîne d’un contrôle poitrine et d’une frappe à bout portant. Déjà auteur de quatre buts et une passe décisive dans ce Mondial en quatre matches, il n’a par contre pas pu empêcher la déroute des siens dans les dernières minutes du match.
- Iliman Ndiaye (5,5) : de retour dans le onze titulaire, l’attaquant d’Everton a eu beaucoup de justesse technique et une vraie intelligence dans ses déplacements. Très influent dans les combinaisons offensives, il est à l’origine du mouvement qui amène l’ouverture du score. Il a aussi eu une grosse activité défensive pour bloquer les montées de Doku. Remplacé par Ibrahim Mbaye (4,5) qui a tenté sans pour autant exister et se montrer réellement dangereux. Une entrée un peu en dessous de ce qu’il avait montré.
Arsenal
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Real Madrid
Thibaut Courtois
Kevin De Bruyne
Romelu Lukaku
Thomas Meunier
Idrissa Gueye
Leandro Trossard
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