On attendait une nouvelle démonstration de Lamine Yamal. C’est finalement Mikel Oyarzabal qui a illuminé la soirée. Auteur d’un doublé lors de la victoire éclatante de l’Espagne face à l’Autriche (3-0) en seizièmes de finale de la Coupe du Monde, l’attaquant de la Real Sociedad, crédité d’un 8 par la rédaction FM, a une nouvelle fois rappelé qu’il était bien plus qu’un simple joueur d’expérience : il est aujourd’hui le visage de l’efficacité espagnole. Pourtant, depuis le début du tournoi, toute la lumière semblait naturellement dirigée vers Lamine Yamal.

Oyarzabal a encore frappé
À seulement 19 ans, le prodige du FC Barcelone attire les caméras, les analyses et les comparaisons avec les plus grands. Mais dans l’ombre du phénomène médiatique, Oyarzabal construit, lui, méthodiquement une Coupe du Monde de très haut niveau. Face à l’Autriche, ce jeudi soir, il a parfaitement illustré son importance. D’abord en ouvrant le score d’une finition clinique après un excellent service de Marc Cucurella, avant de conclure la démonstration espagnole en toute fin de rencontre avec un deuxième but, symbole de son sens du placement et de son sang-froid devant le but.
«Je suis heureux d’aider l’équipe, de pouvoir avancer au prochain round, il faut se reposer avant le prochain match, on a fait un match complet que ce soit offensivement ou défensivement, on savait que ça allait être un match compliqué, on est heureux. Il faut continuer. Portugal ou Croatie ? C’est pareil, j’ai un ami dans chacun de ces pays, on verra», a finalement déclaré l’intéressé au coup de sifflet final au micro de beIN SPORTS. Entre les deux, Pedro Porro avait doublé la mise, mais c’est bien le numéro 9 qui a laissé l’empreinte la plus marquante sur cette qualification.
Cette réussite n’a rien d’un hasard. Depuis plusieurs mois, Oyarzabal est devenu l’un des leaders offensifs de la Roja. Déjà héros de la finale de l’Euro 2024 avec son but victorieux contre l’Angleterre, celui qui est devenu, ce jeudi soir, le premier buteur espagnol en phase à élimination directe depuis Andrés Iniesta (qui avait marqué le but victorieux en finale du Mondial 2010), a progressivement pris une dimension internationale que beaucoup sous-estimaient encore. Son intelligence de déplacement, son pressing incessant et sa capacité à répondre présent dans les grands rendez-vous en font aujourd’hui une pièce maîtresse du système de Luis de la Fuente.
Une complémentarité parfaite avec Lamine Yamal
Et finalement, le contraste avec Lamine Yamal est saisissant. Là où le jeune ailier impressionne par ses dribbles, ses accélérations et son talent brut, Oyarzabal séduit par son réalisme. L’un fait lever les foules, l’autre fait gagner les matches. Et dans une compétition où le moindre détail peut faire basculer un parcours, cette différence pèse lourd. Il serait toutefois exagéré de parler d’une rivalité entre les deux hommes. Au contraire, leur complémentarité fait aujourd’hui la force de l’Espagne. Les espaces créés par les débordements de Yamal profitent à un Oyarzabal toujours idéalement placé, tandis que la présence du buteur libère les créateurs autour de lui.
Dès lors, si Lamine Yamal reste l’icône de la nouvelle génération espagnole, Mikel Oyarzabal est en train d’en devenir le héros. Plus discret, moins spectaculaire, mais terriblement décisif. Après ce doublé face à l’Autriche, difficile de ne pas voir en lui l’homme fort de la Roja. Et si l’Espagne rêve d’aller au bout, il se pourrait bien que ce soit encore son attaquant de 29 ans - auteur de 4 buts depuis le début de la compétition - qui écrive les chapitres les plus importants de son histoire dans ce Mondial.
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