«L’Argentine a eu du mal à battre le Cap-Vert et sait que, désormais, le titre de champion ne suffit plus». Le titre à la une de La Nacion résume bien l’état d’esprit de la presse argentine ce matin, quelques heures après la difficile qualification de la sélection face au Petit Poucet de ces 16es de finale (3-2 a.p.). Le champion du monde 2022 faisait figure de Goliath avant le coup d’envoi mais une fois sur le terrain, les débats furent bien plus équilibrés que prévu. Il faut y voir une piqûre de rappel, alors que l’essentiel a été préservé : la qualification.

«La victoire s’est jouée davantage sur l’expérience que sur le talent, et les joueurs ne peuvent se permettre une telle performance s’ils veulent sérieusement viser un deuxième titre consécutif», avertit le quotidien dans son article avant de poursuivre son analyse. «L’équipe cherchait la victoire par la domination plutôt que par un duel acharné contre un adversaire organisé pour défendre et contre-attaquer. Les équipes dotées d’un tel talent peuvent se permettre ce luxe : laisser filer les minutes jusqu’à trouver une ouverture, sachant que l’occasion finira par se présenter. Mais cette patience a parfois frôlé la léthargie».

Le seul point positif : la victoire

La Nacion reproche par exemple le faible apport d’Alexis Mac Allister. «Le joueur de Liverpool semblait plus préoccupé par le maintien de l’ordre que par l’apport de vitesse à l’équipe». Coriace, le Cap-Vert a donné du fil à retordre à l’Albiceleste et l’a même fait douter, à l’image de l’égalisation invraisemblable de Lopes Cabral à la 102e minute. Vozinha a fait les arrêts nécessaires pour insinuer le doute dans la tête de ses adversaires, Emiliano Martinez lui a répondu en sauveur de son équipe sur les derniers instants. «Nous savons à quel point les services de soins intensifs cardiologiques des hôpitaux du pays ont dû fournir un effort considérable», s’amuse Clarin.

La presse argentine reconnaît à Lionel Scaloni d’avoir vu juste dans son avant-match. Ce 16e de finale s’annonçait bien plus difficile qu’il en avait l’air. Olé dresse la liste des inquiétudes à l’issue de cette prestation : la mauvaise performance du milieu de terrain face à une équipe aux lignes défensives rapprochées, une débauche d’énergie mieux gérée par les Requins Bleus, un manque d’agressivité sur les seconds ballons, des connexions déficientes devant et un niveau de jeu global en berne. «Il faut aussi retenir le point positif : la victoire», synthétise le média.

«C’est aussi vrai que les grandes équipes doivent aussi gagner lorsqu’elles jouent mal. Et c’est ainsi que l’on observe les célébrations mesurées d’une équipe épuisée par cette bataille et qui en attend déjà une autre mardi contre l’Égypte», prévient Olé, quand La Nacion se montre plus inquiet. «S’ils jouent encore de cette manière, le prochain avertissement pourrait bien être le dernier». Autre sujet préoccupant les Argentins, l’état physique de l’équipe, notamment de Leo Messi «visiblement épuisé» durant la prolongation, et les conséquences sur la suite de la compétition.