L’Olympique de Marseille s’apprête à vivre un été charnière. Sous la pression de la DNCG, qui a exigé des garanties financières importantes, le club phocéen doit assainir ses comptes après plusieurs exercices déficitaires. Les ventes seront indispensables, tout comme une réduction significative de la masse salariale. Dans le même temps, l’OM a totalement repensé son organigramme avec les départs de Pablo Longoria, Medhi Benatia et Habib Beye. Grégory Lorenzi a été nommé directeur sportif, Bruno Genesio s’est installé sur le banc et Stéphane Richard a pris les commandes de la présidence. De quoi donc chambouler un peu l’été marseillais qui ne sera pas de tout repos.

Dans un entretien accordé à La Provence, le président Stéphane Richard a justement évoqué sans détour le vaste chantier qui attend le club, notamment sur le mercato. Le nouveau patron olympien a d’abord tenu à balayer les inquiétudes autour des ambitions marseillaises. « Depuis plusieurs semaines, j’entends beaucoup de choses : que l’OM devra se serrer la ceinture, que l’ambition va disparaître ou que les résultats seront forcément moins bons parce que nous dépenserons moins. Je ne partage pas cette analyse. D’abord parce que le football démontre régulièrement qu’il n’existe pas de lien mécanique entre le niveau des dépenses et les résultats sportifs. Si c’était le cas, nous n’aurions pas connu les difficultés que l’OM a traversées avec les investissements consentis ces dernières années, et d’autres clubs n’auraient pas réussi à rivaliser avec des moyens très inférieurs », a-t-il lancé.
Un mercato différent
Le président de l’OM a pointé ensuite du doigt la gestion des derniers mercatos qui condamne donc le club phocéen à devoir changer sa stratégie sur le marché des transferts. « Ce modèle qui a été mis en place ces dernières années et qui a été poussé au maximum la saison dernière a entraîné une situation de crise. Financière, avec un déficit considérable, qu’il faut combler, et sportive. Ce modèle-là, c’est fini ! Tant que je serai là, on ne gérera plus ce club comme ça ! On achètera les joueurs que l’on peut acheter, dans le cadre d’une enveloppe que l’on s’est fixée. » Richard a ensuite confirmé qu’un profond renouvellement de l’effectif était inévitable, même si l’OM ne compte pas se limiter à vendre ses meilleurs éléments. « On a beaucoup de ventes à réaliser et un recrutement à mener : on ne va pas faire que vendre ! Il va y avoir un remaniement profond de l’équipe, Greg est au travail depuis son arrivée, avec le reste de l’équipe. Le chantier paraît immense, mais 80 % du volume de vente espéré sur le mercato repose sur quelques joueurs. Je pense qu’on va réussir à en vendre quelques-uns, on trouvera peut-être des accords avec d’autres. L’objectif est de baisser drastiquement la masse salariale. Tout le monde est d’accord pour dire que c’est un problème récurrent à l’OM : une masse salariale beaucoup trop importante, surtout par rapport aux résultats. »
Le nouveau président marseillais a évoqué la nécessité pour le club de changer son fonctionnement. « Il faut revenir à quelque chose qui s’inscrit davantage dans la norme. C’est impératif. Pour certains joueurs, notamment certains cadres, on tentera de négocier pour baisser leurs salaires. Ça peut être une bonne solution pour conserver certains d’entre eux dans l’équipe, en leur expliquant franchement la situation. Je sais que beaucoup de joueurs sont attachés au club, se sentent bien à Marseille ou dans la région, avec leur famille, et n’ont pas forcément envie de partir et que le club souhaite conserver. Cela se fera au cas par cas. »
Un modèle à changer
L’homme d’affaires de 64 ans a également insisté sur sa volonté d’éviter les erreurs du passé, tout en assumant que certains départs seront inévitables. « Je voudrais éviter dès maintenant la valse des arrivées et des départs mais, la situation actuelle nous contraint à remanier profondément l’effectif. Nous devons nous séparer d’un certain nombre de joueurs, pour rétablir l’équilibre financier, et pour réduire drastiquement la masse salariale. On ne peut pas garder un effectif qui engendre une masse salariale supérieure à 100 millions d’euros par an. Mais on doit tout de même construire une équipe compétitive, d’une manière ou d’une autre. » Une sortie qui confirme que le chantier sera considérable durant les prochaines semaines.
Enfin, Stéphane Richard a assuré qu’il ne serait pas question de sacrifier les meilleurs éléments à n’importe quel prix, même si plusieurs cadres pourraient quitter le Vélodrome. « Je refuse que l’on brade nos meilleurs joueurs. Certains joueurs cadres de l’équipe vont partir, il faut s’y attendre. Certains le veulent d’ailleurs, et on peut les comprendre. Bien sûr, j’aimerais si possible garder un certain nombre de joueurs cadres, ceux dont on estime qu’ils pourraient être importants, qui sont prêts à consentir à des efforts pour rester et qu’on pourra inscrire dans le cadre salarial que nous voulons mettre en place. Si on peut le faire, alors on le fera. » Un message clair qui fixe la feuille de route du nouvel OM : retrouver un équilibre économique durable sans renoncer à l’ambition sportive.
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