En attendant le choc entre l’équipe de France et le Paraguay, le premier 8e de finale de cette Coupe du Monde 2026 opposait le Canada, l’un des pays hôtes, au Maroc, récent vainqueur de la CAN malgré de nombreuses polémiques. Au NRG Stadium de Houston, les Canadiens se présentaient en 4-4-2 avec un duo d’attaque Tani Oluwaseyi-Jonathan David. En face, les Lions de l’Atlas optaient, eux, pour un 4-2-3-1 avec la sensation Ayyoub Bouaddi dans l’entrejeu et Ismael Saibari sur le front de l’attaque. Une rencontre que les hommes de Jesse Marsch débutaient de la plus belle des manières. Déterminés, les Canucks se signalaient une première fois mais David butait sur Bounou après une superbe remise de Luc De Fougerolles (6e).

Bousculés d’entrée de jeu, les Marocains reprenaient progressivement le contrôle de la possession, mais subissaient toujours autant les attaques rapides canadiennes. Sur un ballon perdu par El Aynaoui, Oluwaseyi était trouvé dans la surface, se jouait de Halhal d’un superbe contrôle orienté, mais tombait sur un Bounou encore XXL (10e). Sauvées par leur gardien, les troupes de Mohamed Ouahbi peinaient face à l’intensité de la 28e nation au classement FIFA. Pire encore, le Maroc perdait dans la foulée Ismael Saibari, touché à la cuisse et remplacé par Soufiane Rahimi, avant-centre de 30 ans évoluant à Al-Aïn, aux Émirats arabes unis. Décevants, les Lions de l’Atlas cadraient finalement leur première frappe quelques secondes après la première pause fraîcheur, mais Rahimi n’inquiétait pas Crépeau (29e).
Les Marocains ont accéléré en seconde période
Une timide occasion qui ne modifiait toutefois pas la physionomie de cette rencontre. Gênés par le pressing canadien, frustrés, incapables de développer leur jeu et multipliant les erreurs techniques, les coéquipiers de Bouaddi subissaient les événements et étaient logiquement accrochés à la pause. Au retour des vestiaires, Mohamed Ouahbi ne procédait à aucun changement et la lumière allait finalement venir d’un ancien Marseillais. Sur une combinaison sur coup franc, Hakimi servait Ounahi et ce dernier enroulait parfaitement pour ouvrir le score (0-1, 50e). Libérés par ce but, les Marocains affichaient un visage bien plus séduisant et mettaient enfin la pression sur la défense canadienne. Dans la dernière demi-heure, Amrabat et Talbi faisaient, à leur tour, leur apparition et les Lions de l’Atlas continuaient de dicter le tempo.
Moins fringuant physiquement et plus maladroit, le Canada ne trouvait plus la solution malgré quelques maladresses défensives des Marocains. Un match qui perdait en intensité au fil des minutes et où le spectacle devenait très pauvre (3 tirs cadrés en seconde période). Solide dans les derniers instants, la sélection africaine contrôlait finalement les ultimes offensives canadiennes et sécurisait sa victoire sur une nouvelle frappe victorieuse d’Azzedine Ounahi (0-2, 82e). Sur un nouveau service génial d’Ounahi, Rahimi passait même tout proche du 3e but, mais sa tête heurtait la transversale (85e). Ce n’était que partie remise puisque, sur le gong, Rahimi - servi par Diaz - participait à la fête (0-3, 90+8e). Avec cette large victoire (3-0), le Maroc rejoint donc les quarts de finale et défiera la France ou le Paraguay au tour suivant. Fin d’aventure pour le Canada, qui n’aura pas démérité dans ce duel d’outsiders.
L’Homme du Match : Ounahi (8) : deux mi-temps assez différentes pour le milieu de Girona. Globalement transparent durant les 45 premières minutes, dans la créativité ou pour trouver des solutions de passe, et averti pour une faute sur Laryea (45e), l’ancien joueur de l’Olympique de Marseille a sonné la révolte dans le second acte. Et de quelle manière ! Il a finalement donné l’avantage aux Marocains, sur une frappe limpide à la suite d’un décalage d’Hakimi sur coup franc (50e, 0-1). Au terme d’une contre-attaque éclair démarrée par Talbi, il est servi par Brahim Díaz avant de décocher une frappe puissante dans la lucarne pour s’offrir un doublé (82e, 0-2) et qualifier le Maroc pour la deuxième fois d’affilée en 1/4 de finale de la Coupe du Monde.
Canada
- Crepeaux (3) : longtemps tranquille, le gardien canadien n’a quasiment pas eu à s’employer en première période, se contentant de répondre présent sur la seule frappe cadrée marocaine. Mais son match a basculé après la pause, avec un but encaissé dès la première tentative adverse du second acte. Peu sollicité dans le jeu, il a pourtant encore cédé sur la deuxième frappe marocaine de la mi-temps, symbole d’une efficacité adverse qui l’a laissé sans marge. Sauvé par sa barre trois minutes plus tard, il n’a jamais vraiment eu l’occasion de se racheter, d’autant plus qu’un but dans le temps additionnel est venu crucifier les chances de qualification canadienne.
- Johnston (4) : peu inquiété dans son couloir en première période, Johnston s’est surtout distingué par son apport offensif. Dangereux sur deux têtes à la suite de corners, il a toutefois manqué de précision pour réellement faire trembler Bounou. Ses longues touches ont également constitué une arme précieuse, permettant au Canada d’amener régulièrement le ballon dans la surface marocaine. Après la pause, le latéral du Celtic a dû davantage se concentrer sur ses tâches défensives face aux accélérations marocaines. Forcément moins présent dans le camp adverse, il a perdu en influence au fil de la rencontre.
- De Fourgerolles (2,5) : son début de match avait pourtant laissé entrevoir de bonnes choses, avec de l’aisance dans la relance et une vraie présence dans les premiers duels. Mais il a progressivement perdu le fil face aux attaquants marocains, au point de terminer avec trop peu de duels gagnés pour rassurer sa défense. Le retour des vestiaires a confirmé ses difficultés : battu d’entrée, il concède un carton jaune évitable, puis le coup franc qui suit amène l’ouverture du score marocaine. Sur le deuxième but, il ne redescend pas assez vite et laisse son partenaire gérer seul une situation impossible. Une prestation qui s’est effritée au fil du match, jusqu’à coûter très cher au Canada.
- Bombito (2,5) : sa vitesse lui a d’abord permis de rattraper plusieurs situations mal engagées, même lorsqu’il semblait battu. En revanche, ballon au pied, le défenseur canadien a affiché beaucoup de fébrilité. Ses relances approximatives ont offert les premières opportunités au Maroc, et son déchet technique s’est confirmé avec une première période bien en dessous de ses standards. Comme toute la défense canadienne, il a souffert après la pause face à l’intensité marocaine. Ironiquement, il s’est même fait prendre dans son dos sur le deuxième but, alors que la vitesse est habituellement sa plus grande qualité.
- Laryea (3) : relativement tranquille durant la première période, le latéral canadien a surtout fait parler de lui en écopant d’un carton jaune après une altercation avec Achraf Hakimi, née d’un geste d’humeur du Marocain. Défensivement, il a longtemps été épargné, mais le scénario a complètement changé après l’ouverture du score. Les offensives marocaines se sont multipliées dans son couloir, où il a laissé trop d’espaces et s’est retrouvé en grande difficulté. Avec un Canada obligé de se découvrir pour revenir, il a finalement été remplacé par Shaffelburg (79e) afin d’apporter davantage de poids offensif.
- Buchanan (4) : très actif dès les premières minutes, Buchanan a été le premier à impulser le pressing canadien, mettant constamment la défense marocaine sous pression. Son engagement lui a toutefois joué des tours, avec plusieurs fautes qui auraient pu lui valoir un avertissement avant la pause. En revanche, ballon au pied, il s’est montré bien moins inspiré que d’habitude. Plus brouillon techniquement et moins percutant dans ses prises de balle, il s’est progressivement éteint, à l’image de Jonathan David. Il a été remplacé par Nelson (87e).
- Sigur (3,5) : travailleur de l’ombre du milieu canadien, Sigur a longtemps assuré le lien entre la défense et les joueurs offensifs sans faire de bruit. Peu spectaculaire, il a compensé par son activité et sa justesse dans les transmissions pour permettre à son équipe de ressortir proprement le ballon. Mais après l’ouverture du score marocaine, le rythme des transitions adverses l’a rapidement mis en difficulté. Dépassé par l’intensité imposée au milieu, il a peu à peu disparu de la rencontre, incapable de reprendre le contrôle de l’entrejeu. Il a été remplacé par Osorio (87e).
- Eustaquio (5) : il a été le symbole du bon visage canadien en première période. Très en jambes, présent sur quasiment toutes les récupérations de son équipe, il a apporté une vraie densité au milieu et beaucoup de mobilité pour gêner les Marocains. Là où d’autres ont peu à peu disparu, lui a continué à mettre de l’impact et de l’envie dans ses interventions. En seconde période, il a même été l’un des seuls à maintenir un minimum de présence dans l’entrejeu canadien. Un match plein d’énergie, de hargne et de caractère, malgré le naufrage collectif après la pause.
- Ahmed (5) : sans doute le Canadien le plus dangereux de la rencontre. Très en jambes sur son côté gauche, il a constamment cherché à provoquer et a trouvé plusieurs passes intéressantes pour ses partenaires. Par sa percussion, il a longtemps mis Hakimi en difficulté, au point d’être l’attaquant canadien le plus influent du premier acte. Il est revenu des vestiaires avec la même agressivité, continuant de presser haut et de chercher à créer des décalages. Mais après une cinquantaine de minutes, son influence s’est brutalement éteinte. Invisible dans le dernier tiers du match, il n’a plus réussi à faire la différence alors qu’il semblait être la principale arme offensive du Canada. Il est logiquement remplacé par Promise David (79e).
- David (4) : très actif dès les premières minutes, Jonathan David s’est rapidement procuré une belle situation dans la surface, mais a trop hésité au moment de conclure. Avec son compère d’attaque, il a été le premier défenseur du Canada en initiant un pressing qui a longtemps perturbé la relance marocaine. Moins en vue offensivement qu’Oluwaseyi, il s’est toutefois rendu coupable d’un manque de vigilance sur l’ouverture du score en laissant Ounahi libre à l’entrée de la surface. Après la pause, il a traversé de longues séquences sans toucher le ballon, malgré un repositionnement en numéro 10 pour tenter d’animer le jeu. Il s’est finalement offert la meilleure occasion canadienne sur coup franc, mais sa tentative est passée au-dessus. Un match généreux dans l’effort, mais trop discret avec le ballon pour peser sur le destin de son équipe.
- Oluwaseyi (4) : il a été le premier à faire passer un vrai frisson dans la défense marocaine. Dès la 10e minute, son crochet dans la surface élimine son vis-à-vis, mais Bounou remporte le duel. Par la suite, il a été peu servi, mais son travail sans ballon a été précieux : son pressing a souvent permis au Canada de faire remonter son bloc et de gêner les premières relances marocaines. À mesure que ses partenaires reculaient, il s’est retrouvé bien trop seul dans cet effort et son influence s’est progressivement éteinte. Remplacé par Larin (63e), qui a immédiatement tenté d’apporter de l’agressivité. Juste avant la seconde pause fraîcheur, son gros pressing sur une passe en retrait l’a conduit à percuter Bounou. Beaucoup d’envie, mais trop peu de ballons exploitables pour réellement peser sur la rencontre.
Maroc
– Bounou (7,5) : le portier d’Al-Hilal a permis à son équipe de ne pas sombrer en début de rencontre. Asphyxiés dans les cinq premières minutes, les Marocains s’en sont remis à leur portier, très vigilant pour boxer les nombreux ballons aériens des Canadiens. À la suite d’une passe d’El Aynaoui interceptée, il réalisait une première grosse parade sur l’occasion d’Oluwaseyi (11e). En seconde période, il est très peu mis à contribution, si ce n’est sur un dégagement in extremis à la suite d’une remise d’Hakimi et d’un Larin qui le tacle en voulant faire pression (68e) ou sur cette frappe de 40 mètres de Buchanan détournée (80e).
- Hakimi (6) : le latéral et capitaine des Lions de l’Atlas a été l’un des symboles de la première période difficile et frustrante des hommes de Mohamed Ouhabi. Le joueur du Paris Saint-Germain a été bloqué sur son couloir droit, l’empêchant de prendre la profondeur comme à l’accoutumée pour créer du danger. Mais en seconde période, le joueur de 27 ans a profité des espaces laissés par la défense canadienne pour s’engouffrer, réalisant quelques projections comme lui seul sait le faire. Passeur décisif avec cette combinaison sur coup franc pour Ounahi (50e, 0-1).
- Diop (6) : auteur du but de l’égalisation face aux Pays-Bas, le défenseur de Fulham était associé pour la première fois de la compétition à Halhal. L’ancien Toulousain a été globalement solide dans sa surface, avec une bonne lecture de jeu pour fermer la porte aux attaquants du Canada, comme Oluwaseyi (10e). Une nouvelle prestation réussie pour le néo-international marocain, qui continue de se mettre les supporters dans la poche.
- Halhal (5) : titularisé à la place de Chadi Riad, le jeune défenseur de 23 ans avait fort à faire face à la vitesse de David et à la puissance d’Oluwaseyi. Pas toujours rassurant, il se fait mystifier par l’avant-centre de Villarreal, d’un crochet avant qu’il ne bute sur Bounou (11e). Il est ensuite sanctionné d’un carton jaune, neuf minutes plus tard, pour une faute sur le Canadien (20e). En seconde période, il est davantage concentré et appliqué dans ses interventions.
- Mazraoui (6,5) : dans son couloir gauche, le joueur de Manchester United n’a pas été le plus prompt offensivement, tout comme son pendant du côté droit. Mais défensivement, Buchanan n’a quasiment pas existé face à lui, l’ex-latéral de l’Ajax Amsterdam et du Bayern Munich ayant remporté la majorité de ses duels (10/13) et lisant parfaitement les trajectoires de passe.
- El Aynaoui (4) : le milieu de terrain de l’AS Roma - en deçà techniquement - a été le joueur le plus en difficulté côté Marocain. L’occasion la plus franche des Canadiens fait d’ailleurs suite à une passe interceptée de sa part, forçant ensuite Bounou à réaliser une importante parade face à Oluwaseyi. Descendu plus bas pour suppléer Bouaddi dans l’organisation du jeu, il n’a pas eu énormément d’influence dans le jeu déployé par les Marocains, malgré une meilleure seconde période.
- Bouaddi (5) : d’abord en pointe basse, le jeune espoir lillois a connu quelques difficultés pour rayonner dans l’entrejeu, étant souvent à contre-temps dans ses interventions et moins fringant balle au pied, malgré quelques récupérations de balle (3), mal exploités par la suite. Une fois de retour en tant que relayeur, il a été plus incisif dans les duels (5 remportés sur 7), répondant à l’impact physique des Canadiens. Remplacé par Sofyan Amrabat (63e), auteur d’une rentrée solide défensivement.
- Ounahi (8) : voir ci-dessus
- Brahim Díaz (7) : toujours muet depuis le début du Mondial, le joueur du Real Madrid était longtemps passé à côté de sa rencontre. Très peu en vue offensivement avant l’ouverture du score, il finit finalement sa rencontre en délivrant une passe décisive pour Ounahi, auteur d’un doublé (82e), puis un autre caviar pour Rahimi (90e+9).
- Saibari (non noté) : le nouveau joueur du Bayern Munich n’a touché que cinq petits ballons dans cette rencontre, avant d’être contraint de céder sa place, vraisemblablement suite à une blessure à la cuisse. Un énorme coup dur pour les Lions de l’Atlas, qui perdent leur meilleur buteur dans ce Mondial (3). Remplacé par Soufiane Rahimi (22e). Le joueur d’Al-Ain (6), beaucoup moins mobile qu’un Saibari, s’est procuré une première occasion d’une frappe lointaine contrée et captée par Crépeau (28e). Nettement moins en vue durant une bonne partie de la rencontre, il trouve la barre sur une tête quelques instants après le doublé d’Ounahi, avant de seller la victoire en fin de match après un service de Brahim.
- El Khannouss (3,5) : le joueur de Stuttgart n’a pas non plus livré une prestation de haute volée. 27 ballons touchés, mais l’impression d’un match traversé tel un fantôme pour l’ancien des Foxes. À noter toutefois des efforts fournis dans le repli défensif, notamment à la récupération (5). Remplacé par Chemsdine Talbi (63e), qui décale Brahim Díaz sur le côté droit avant de trouver Ounahi pour le 0-2.
PSG
Juventus
CF Atlas Guadalajara
Achraf Hakimi
Jonathan David
Tous les commentaires