Le Paraguay avait un plan. Face à une équipe de France largement favorite en huitième de finale de la Coupe du Monde, les Sud-Américains ont choisi de fermer tous les espaces, de casser le rythme et de transformer la rencontre en un combat plus qu’en un spectacle. Pendant près de 90 minutes, les Bleus ont ainsi dû faire face à un bloc extrêmement compact, des duels rugueux et une succession d’interruptions qui ont considérablement haché le jeu. Pour beaucoup d’observateurs, le Paraguay a finalement proposé ce que l’on appelle communément l’anti-football : une organisation défensive très basse, peu d’ambition offensive, une volonté assumée de frustrer l’adversaire et de l’empêcher de développer son jeu.

Une proposition largement confirmée dans les chiffres : 76% de possession de balle, 568 passes pour les Bleus contre 183 pour les Paraguayens, 15 tirs à 5… Focalisée sur sa mission défensive, l’Albirroja avait pourtant une stratégie loin d’être irrationnelle. Quelques jours plus tôt, les Paraguayens avaient, en effet, éliminé l’Allemagne grâce à une discipline tactique remarquable et une séance de tirs au but parfaitement maîtrisée. Ils espéraient logiquement reproduire le même scénario face aux hommes de Didier Deschamps, en poussant les Français à l’erreur ou jusqu’à une éventuelle prolongation. Mais cette fois, la résistance a fini par céder.

Le Paraguay a rendu une copie détestable

Malgré les difficultés rencontrées pour contourner le verrou paraguayen, la France est restée patiente avant de trouver la faille sur un penalty transformé par Kylian Mbappé après une longue intervention de la VAR. Un but suffisant pour faire tomber un adversaire qui n’avait pratiquement jamais cherché à déséquilibrer les Bleus. Pour autant, la rencontre laissera néanmoins un débat. Où s’arrête la solidité défensive et où commence l’anti-football ? Certains salueront le courage d’une sélection aux moyens limités qui a utilisé les armes dont elle disposait. D’autres retiendront un match fermé, marqué par de nombreuses fautes, des pertes de temps et un rythme constamment cassé, au point que plusieurs supporters et observateurs ont vivement critiqué le spectacle proposé.

Une chose est certaine : le Paraguay a rendu la tâche des Bleus particulièrement compliquée. Mais à force de défendre sans véritablement attaquer, les Guaranis ont fini par payer leur manque d’ambition. Face à une équipe de France capable de faire la différence sur un détail, l’option du tout défensif s’est finalement révélée insuffisante. Dès lors, la qualification française est venue récompenser l’équipe qui a cherché à jouer, tandis que le Paraguay quitte la compétition avec la réputation d’avoir livré une prestation aussi disciplinée que controversée. Oui, ce vendredi soir, le football a gagné et les Bleus défieront le Maroc lors des quarts de finale.