Il était sans doute l’un des joueurs les plus attendus de cette sélection marocaine. Marqué par sa panenka ratée en finale de la CAN 2025, Brahim Diaz avait quitté la compétition avec un lourd sentiment de culpabilité. Et si le milieu offensif du Real Madrid a ensuite retrouvé le sourire en club, où son temps de jeu a nettement augmenté au fil de la saison, il arrivait au Mondial avec l’envie de se racheter définitivement sous les couleurs marocaines. Le changement de sélectionneur, avec l’arrivée de Mohamed Ouahbi, avait également permis d’ouvrir un nouveau chapitre et d’effacer progressivement les stigmates du mois de janvier dernier. Idéal donc pour repartir aussi à 0 sur le plan mental.

Sportivement, son nouveau sélectionneur Mohamed Ouahbi n’avait jamais hésité à lui accorder un rôle central dans son animation offensive malgré un manque de temps pour peaufiner un peu plus son style avant le Mondial. Pour son entrée en lice au Mondial face au Brésil, Brahim Diaz avait livré une prestation très encourageante, ponctuée d’une passe décisive et d’une activité intéressante entre les lignes. Plus discret contre l’Écosse, il avait tout de même été décisif une nouvelle fois en offrant un nouveau caviar pour Saibari. Mais malgré ça, le Marocain de 26 ans laissait un sentiment mitigé, multipliant les mauvais choix dans le dernier geste. Des choix qui ne respectaient pas toujours le jeu collectif de son équipe. Ses sorties face à Haïti puis contre les Pays-Bas avaient conforté les critiques, beaucoup attendant davantage d’un joueur présenté comme l’un des leaders techniques de cette équipe. Moins influent dans le jeu, parfois en manque de confiance, il semblait peiner à retrouver son meilleur niveau.

Le soutien de Mohamed Ouahbi

Mais contre le Canada, le Madrilène a parfaitement réagi. Auteur de deux passes décisives (4 passes décisives au Mondial, un record pour un joueur africain) précieux dans les circuits de passes et dans la conservation du ballon, il a rappelé tout ce qu’il pouvait apporter à cette équipe au-delà des statistiques. Et il a rendu à Mohamed Ouahbi la confiance accordée alors que le sélectionneur marocain n’a jamais cessé de prendre sa défense face aux critiques. « Brahim ? S’il peut continuer à ne pas faire des grands matches comme vous dites et faire des passes décisives je prends. Il aide défensivement. On attend toujours plus des grands joueurs. J’attends de mes joueurs qu’ils soient investis et il l’est. Oui il n’a pas apporté comme à la CAN mais la compétition est longue. C’est un de nos meilleurs joueurs. Je suis content de ce qu’il apporte, le groupe aussi. Il est conscient qu’on attend plus de lui. Brahim et tous les autres, si on regarde, il a beaucoup de liberté. On essaye de créer un chaos organisé sur le terrain. On joue le Mondial, ce n’est pas la CAN. Le contexte est différent. Il a beaucoup joué entre temps, ce n’est pas la même fraîcheur. Il n’y a rien à comparer», expliquait Ouahbi avant l’affiche face au Canada.

Après la qualification, Brahim Diaz affichait lui aussi un large sourire en zone mixte, préférant mettre en avant la force collective des Lions de l’Atlas. « Le plus important est ce que nous réalisons en tant qu’équipe, car aujourd’hui a été un match difficile, ce n’était pas une première mi-temps tout à fait bonne, mais la mentalité que nous avons eue a été incroyable et cela fait finalement la différence dans ces types de matchs. Et bien, le Maroc est là, nous sommes là, nous nous battons et nous voulons continuer à avancer, alors maintenant célébrons, parce que c’est ce qu’il faut, mais nous devons préparer le prochain match dès que possible. » Avant d’ajouter. « Ça se passe très bien avec le Maroc. Je suis très heureux de ce que je réalise. Le soutien et l’amour que j’ai eu depuis mon arrivée au Maroc ont été quelque chose d’incroyable. Donner la meilleure version de moi-même est quelque chose d’unique. Je suis très heureux de ce que je fais et de ce que j’ai fait. Nous avons des coéquipiers incroyables qui nous rendent très heureux. »

Brahim Diaz au service du collectif

Le numéro 10 marocain a également insisté sur la capacité de son équipe à rebondir dans les moments difficiles après une première période manquée face au Canada. « Parfois, c’est comme ça dans le football. Nous avons vu que la Coupe du monde était très difficile. Le plus important est la façon dont nous nous sommes relevés et la mentalité que nous avions. Nous savions que nous n’avions pas fait une bonne première mi-temps et nous sommes sortis pour tout mettre sur le terrain et tout donner. C’est le plus important, comment nous gérons la situation. Parce que parfois, quand on n’est pas dans le football dans la vie, on a de mauvaises séries. C’est comme ça qu’on se lève et qu’on continue et je suis très fier de mon équipe. » Un discours qui reflète parfaitement son propre parcours depuis plusieurs mois, lui qui semble avoir définitivement tourné la page de la CAN.

Désormais, tous les regards se tournent vers le quart de finale contre la France. Un rendez-vous forcément symbolique pour le Maroc, éliminé en demi-finale par les Bleus en 2022, mais que Brahim Diaz refuse d’aborder sous l’angle de la revanche. « Un quart face à la France ? Je n’aime pas parler de vengeance, car je suis humble et je veux garder les pieds sur terre. Le plus important est que nous sommes en quart de finale. Comme je l’ai dit, je suis très fier de mon équipe et il est maintenant temps de célébrer que nous sommes en quart de finale. » Plus mature sur le dernier match, le Madrilène semble de nouveau épanoui avec les Lions de l’Atlas, qui comptent plus que jamais sur lui pour continuer à rêver dans ce Mondial. Et cela passera par une grosse prestation face à l’équipe de France, forcément.