Lors du 16e de finale de la Coupe du Monde 2026 face à la Bosnie-Herzégovine, Folarin Balogun a bien cru laisser ses partenaires dans une situation très compliquée pour la suite du tournoi. Auteur de l’ouverture du score avant la pause, l’attaquant américain a ensuite été expulsé après un long examen de la VAR. Initialement, l’arbitre Raphaël Claus n’avait pas sanctionné son intervention sur Tarik Muharemovic d’un carton rouge. Invité à revoir les images au bord du terrain, il a finalement estimé que le geste constituait une faute grave mettant en danger l’intégrité physique de son adversaire. Une décision qui avait immédiatement provoqué l’incompréhension des joueurs américains, de leur sélectionneur Mauricio Pochettino et d’une partie des observateurs, nombreux à juger le geste maladroit davantage que réellement dangereux. Quelques jours plus tard, énorme retournement de situation puisque la FIFA a finalement confirmé que Folarin Balogun serait bien autorisé à disputer le huitième de finale contre la Belgique.

Une annonce qui a immédiatement déclenché une vive polémique. Beaucoup peinent à comprendre comment une suspension pour infractions aux articles 14 et 66 du code disciplinaire de la FIFA, présentée comme automatique après un carton rouge direct, peut finalement disparaître quelques jours plus tard. Sur les réseaux sociaux, certains dénoncent déjà un traitement de faveur accordé aux États-Unis, coorganisateurs de cette Coupe du Monde 2026, tandis que d’autres alimentent des théories de complot en évoquant la proximité régulièrement commentée entre Donald Trump et Gianni Infantino. Aucune preuve ne vient toutefois étayer ces accusations, même si cette décision nourrit forcément les interrogations à la veille d’un rendez-vous capital face aux Diables Rouges de Rudi Garcia. Pour rappel, les suspensions pour les matchs de la Coupe du Monde ne peuvent faire l’objet d’un appel en vertu du règlement de la FIFA, la commission de discipline indépendante de l’organisation ayant le pouvoir d’étendre une suspension à davantage de matchs si elle le juge nécessaire, comme ce fut le cas avec Assim Madibo pour son tacle sur Ismaël Koné.

L’article 27 au cœur des débats

En réalité, cette issue repose sur une disposition bien précise du Code disciplinaire de la FIFA, comme le rappelle The Athletic. Si un carton rouge direct entraîne normalement une suspension automatique d’un match, la Commission de discipline conserve la possibilité d’aménager l’exécution de certaines sanctions. C’est précisément ce qui a été décidé dans le dossier Balogun. « Conformément à l’article 27 du code disciplinaire de la FIFA, l’exécution de la suspension de match est suspendue à titre probatoire pendant un an. Si Folarin Balogun commet une nouvelle infraction de même nature et de même gravité durant cette période probatoire, la suspension sera levée et la sanction appliquée sans préjudice de toute sanction supplémentaire infligée pour cette nouvelle infraction», précise le communiqué de l’instance. La FIFA a confirmé que le joueur était bien sanctionné d’un match de suspension, mais que l’application de cette peine était suspendue à titre probatoire pendant une durée d’un an. Autrement dit, la sanction existe toujours sur le plan disciplinaire, mais elle n’est pas exécutée immédiatement. Si l’attaquant américain commet une infraction similaire durant cette période probatoire, la suspension deviendra alors effective, en plus d’une éventuelle nouvelle sanction liée à cette future faute.

«Nous acceptons la décision du Comité de Discipline et sommes satisfaits que Folarin Balogun soit éligible demain. Toute notre attention est concentrée sur le match des huitièmes de finale contre la Belgique à Seattle, et nous nous réjouissons du soutien continu de nos incroyables fans», a réagi la fédération américaine. Ce mécanisme est prévu par l’article 27 du Code disciplinaire de la FIFA, qui autorise les instances disciplinaires «à suspendre totalement ou partiellement» l’exécution d’une sanction lorsqu’elles estiment que les circonstances le justifient. Il ne s’agit donc pas d’une annulation du carton rouge ni d’un appel gagné par la fédération américaine, puisque le règlement interdit justement de contester cette suspension automatique. La Commission de discipline a simplement utilisé un pouvoir dont elle dispose pour transformer la sanction en peine avec sursis. Ce procédé n’est d’ailleurs pas inédit puisque Cristiano Ronaldo avait déjà bénéficié d’un dispositif similaire lors d’une précédente procédure disciplinaire de la FIFA. Dans le cas de Balogun, cette interprétation du règlement permet donc aux États-Unis de récupérer leur meilleur buteur pour le choc contre la Belgique, même si la décision continue de faire débat tant elle tranche avec les explications avancées dans les heures ayant suivi son expulsion.