Le Brésil est en état de choc après son élimination dès les huitièmes de finale face à la Norvège (1-2). Une sortie prématurée qui s’accompagne de statistiques inquiétantes : avec seulement 35 % de possession de balle, la Seleção a enregistré son plus faible total dans ce domaine depuis 1966. C’est également la première fois depuis 1990 que le Brésil quitte la compétition dès les huitièmes de finale. Pour la presse brésilienne, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un véritable fiasco et les médias auriverde n’ont pas hésité à désigner les responsables de cette terrible désillusion.

« À l’avenir, on se souviendra davantage de la piètre performance du Brésil que du beau match de la Norvège », résume notamment O Globo. Si les médias pointent les occasions manquées de Bruno Guimarães, auteur d’un penalty raté, ou encore d’Endrick, coupable d’avoir perdu un face-à-face, c’est surtout Carlo Ancelotti qui concentre les critiques. O Estado de São Paulo rappelle que « l’entraîneur le mieux payé de la Coupe du monde a échoué lors de son premier grand test avec la Seleção », tandis que UOL juge sa prestation catastrophique. Mais la réaction la plus commentée reste celle de Ronaldo Nazario, qui assure que « cette élimination est due aux décisions prises sur le banc. Carlo Ancelotti est l’un des meilleurs entraîneurs de l’histoire du football, mais ce soir, il a commis trop d’erreurs. Je ne comprends toujours pas pourquoi João Pedro n’était pas dans le groupe ».

Le Brésil se paie Carlo Ancelotti

Le quotidien estime que le technicien italien a déséquilibré son équipe en faisant entrer Neymar et Endrick simultanément, cédant, selon lui, à la pression populaire : « le Brésil s’est alors mis à jouer à dix, avec un joueur fantôme. Mais Ancelotti allait faire pire : il a laissé le joueur fantôme sur le terrain et a repositionné Endrick à droite », ajoute Globoesporte. Carlo Ancelotti dispose désormais de quatre ans pour reconstruire une équipe compétitive jusqu’au Mondial 2030, son contrat ayant déjà été prolongé. Le technicien italien, lui, refuse de céder au catastrophisme : « je ne pense pas que ce soit la fin, c’est le début d’un nouveau cycle. Bien évidemment, nous sommes tous profondément déçus, les entraîneurs, les joueurs et les supporters. Si l’équipe n’a peut-être pas réalisé une Coupe du Monde spectaculaire, notre parcours a été bon et nous méritions de gagner aujourd’hui », a-t-il lâché.

Enfin, le choix de confier le penalty à Bruno Guimarães plutôt qu’à Vinicius Jr a également été décrié. Carlo Ancelotti s’est justifié en s’appuyant sur les statistiques. « Avant le match, nous avons analysé les penalties tirés ces derniers mois. Le meilleur était Raphinha, puis Neymar, puis Igor Thiago. Aucun des trois n’était sur le terrain. Parmi les joueurs présents, Bruno Guimarães était celui qui présentait les meilleures statistiques, c’est pourquoi nous l’avons choisi », a expliqué l’Italien. Une justification qui ne suffira sans doute pas à calmer la colère d’un pays qui enchaîne encore un nouveau fiasco lors d’un Mondial.