La FIFA a bâti une grande partie de sa doctrine disciplinaire sur le principe de non-ingérence politique. Ses Statuts prévoient en effet que les fédérations nationales doivent « gérer leurs affaires de manière indépendante et sans influence indue de tiers » (article 19) et que leurs règles internes doivent garantir leur autonomie vis-à-vis «des pouvoirs politiques» (article 15). En cas de manquement grave à ces obligations, l’article 16 autorise la FIFA à suspendre une association membre. Ces dispositions ont déjà servi de fondement à des sanctions contre plusieurs fédérations à travers le monde, notamment lorsque des gouvernements ou des autorités publiques sont intervenus dans leur gouvernance ou dans des décisions relevant normalement des instances sportives. Le débat ressurgit aujourd’hui après l’intervention publique de Donald Trump auprès du président de la FIFA, Gianni Infantino, concernant la situation disciplinaire de l’international américain Folarin Balogun.

Si les Statuts de la FIFA ne prévoient pas de suspension automatique dès qu’un chef d’État s’exprime sur un dossier sportif, ils visent précisément à empêcher toute influence politique sur les décisions du football. Dès lors, les critiques soulignent que si une intervention comparable avait été le fait d’un président ou d’un premier ministre dans un autre pays, la FIFA aurait pu examiner la situation à l’aune des articles 15, 16 et 19 de ses Statuts. La question posée est donc celle de la cohérence : l’organisation appliquera-t-elle aux États-Unis les principes d’indépendance qu’elle invoque régulièrement lorsqu’elle sanctionne d’autres fédérations pour ingérence politique, comme ce fut le cas avec le Pakistan (2017, 2021 et de nouveau en 2025), le Congo (2025), l’Inde (2022), l’Indonésie (2015), le Nigeria (2014) et le Koweït (2015) ?
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