La polémique déclenchée par les propos racistes de la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla continue d’enfler bien au-delà du terrain. Quelques heures après l’élimination du Paraguay face à la France en huitième de finale de la Coupe du Monde 2026, l’élue avait violemment pris pour cible Kylian Mbappé, auteur du seul but de la rencontre. Elle l’avait notamment qualifié de « Camerounais colonisé, qui fait semblant d’être français », avant de publier un autre message encore plus choquant dans lequel elle affirmait que le capitaine des Bleus avait « tété des noix de coco » et que « les êtres les plus instruits qu’il ait jamais entendus étaient des chimpanzés ». Des propos ouvertement racistes qui ont provoqué une onde de choc immédiate en France et suscité de nombreuses condamnations sur les réseaux sociaux comme dans la sphère politique.

Face à l’ampleur de l’affaire, les réactions se sont multipliées tout au long de la journée de lundi. Emmanuel Macron a apporté son soutien à Kylian Mbappé et à l’ensemble de l’équipe de France. La Fédération française de football a annoncé un signalement au parquet afin que des poursuites judiciaires puissent être engagées. Philippe Diallo a dénoncé des propos « délictueux et condamnables » tandis que plusieurs membres du gouvernement français ont exprimé leur indignation. Marina Ferrari a jugé ces attaques « abjectes » et « indignes », rappelant qu’elles visaient non seulement le capitaine des Bleus mais aussi les valeurs portées par la France. De son côté, Mbappé est sorti du silence pour dénoncer une responsable politique qu’il a estimée « méprisable » et « indigne de sa fonction », alimentant encore davantage une controverse devenue l’un des principaux sujets de cette Coupe du Monde 2026.

Le gouvernement se désolidarise

Et en ce sens, le gouvernement paraguayen a décidé d’intervenir officiellement afin de prendre ses distances avec la sénatrice, qui en a d’ailleurs remis une couche dans la nuit après la publication de cette missive gouvernementale. Dans un communiqué publié par le ministère des Relations extérieures, les autorités ont condamné sans ambiguïté les déclarations visant l’attaquant français. « Le Gouvernement de la République du Paraguay déplore et condamne les déclarations de la sénatrice Celeste Amarilla, adressées au capitaine de l’équipe nationale de France, Kylian Mbappé, car elles sont contraires aux valeurs et aux principes qui inspirent la coexistence pacifique et le respect de la dignité humaine que notre pays promeut. » Le texte insiste également sur le fait que les propos de l’élue n’engagent qu’elle-même et ne sauraient en aucun cas refléter la position officielle du pays. Le gouvernement rappelle ainsi que «le Paraguay est une République démocratique fondée sur la séparation des pouvoirs» et souligne que la parlementaire agit sous «sa seule responsabilité individuelle».

Le communiqué va même plus loin en reprenant plusieurs thèmes au cœur des critiques formulées contre Celeste Amarilla. Les autorités paraguayennes réaffirment leur « ferme engagement » dans la lutte contre le racisme, la xénophobie, l’intolérance et toutes les formes de discrimination. Elles expriment également leur solidarité à l’égard «des personnes qui ont pu être blessées par ces déclarations» et adressent un message d’apaisement à la France. « Il exprime également sa solidarité envers toutes les personnes qui auraient pu se sentir blessées par ces déclarations et réaffirme son respect envers le peuple français, avec lequel le Paraguay entretient une relation historique d’amitié, de coopération et de compréhension mutuelle ». Une prise de position forte qui isole un peu plus la sénatrice paraguayenne et qui apparaît comme un soutien clair à Kylian Mbappé au moment où l’affaire prend une dimension diplomatique inattendue avec plusieurs députés et ministres français dénonçant publiquement la sortie d’Amarilla.