Quatre ans après la demi-finale historique du Mondial 2022, le Maroc retrouve l’équipe de France, cette fois en quarts de finale de la Coupe du monde 2026. Une affiche très attendue entre deux sélections qui ont encore grandi. Côté marocain, un homme incarne ce nouveau cycle : Mohamed Ouahbi. Arrivé après la CAN 2025, le jeune technicien a rapidement séduit par ses idées offensives et son management. Champion du monde U20 il y a quelques mois au Chili, il a confirmé tout son potentiel avec les Lions de l’Atlas, auteurs d’un parcours convaincant jusqu’ici. Présent en conférence de presse dans la nuit de mercredi à jeudi, le technicien marocain était attendu.

Et si Didier Deschamps, un peu plus tôt dans la journée, a choisi la prudence face à cette équipe du Maroc, Mohamed Ouahbi a affiché une certaine confiance. Pour autant, pas question pour le sélectionneur marocain de considérer cette rencontre comme une récompense. Il refuse le discours du "match bonus" et veut insuffler une ambition maximale à son groupe. « Quand vous dites qu’on a déjà réussi notre compétition, je n’aime pas, les bilans se font à la fin comme j’ai dit. On fait tout pour gagner, on ne va pas écouter ceux qui disent : "c’est déjà bien ce que vous avez fait, la France est favorite de toute façon". On ne tombera pas dans ça. Demain, on va jouer pour aller en demi, comme si on était dos au mur. Il n’y a pas de match bonus, le seul bonus, c’est de gagner la Coupe du Monde pour nous. » Un état d’esprit assumé qui résume parfaitement les ambitions d’une sélection marocaine qui ne veut plus seulement créer des exploits, mais s’installer durablement parmi les grandes nations.

Ouahbi est serein

Sur le plan tactique, Ouahbi a également dévoilé une partie de sa réflexion. Le sélectionneur estime que la clé sera de faire souffrir les Bleus lorsqu’ils n’auront pas le ballon. « La clé, ça va être de leur faire mal quand on aura le ballon. Et ce n’est pas que sur les côtés. Faudra être patient et exploiter les failles dans l’axe aussi. C’est l’objectif, mais après je ne vais pas rentrer dans les détails (rires). » Convaincu que son équipe a progressé depuis 2022, il assure que le Maroc abordera ce rendez-vous sans complexe. « Nos atouts, c’est ce qui nous a ramené ici par rapport il y a quatre ans. On évolue et la France aussi. On est meilleur qu’en 2022. En 2022, j’avais des regrets en tant que supporter.(…) On va devoir jouer ce match, ne pas avoir de regrets, faire mieux et jouer à 2000 %, avec le couteau entre les dents. »

Enfin, Mohamed Ouahbi s’est montré particulièrement confiant sur la préparation de ce choc. L’ancien formateur d’Anderlecht estime que la force de cette équipe réside dans la préparation du staff. « Il faudra être meilleur que l’adversaire : ça se jouera dans le contenu. On a de l’expérience, eux aussi donc je ne pense pas que c’est ce qui fera la différence. C’est équilibré. L’énergie de cette équipe du Maroc est grande et c’est ce qui fait la différence. Il y a des équipes expérimentées qui ne sont plus là en plus. Sincèrement, on est serein par rapport au plan, la manière de préparer ce match, le travail qu’on a réalisé. Je l’avais dit, mais j’avais plus de craintes par rapport au Canada que pour ce match face à la France. » Fidèle à ses principes, il refuse également de changer ses habitudes malgré l’importance de l’événement. « L’approche doit être la même à chaque match. L’exigence du quotidien, les analyses, les causeries, c’est la même quand on joue la France en quarts de finale de Coupe du Monde où le Burundi en amical il y a quelques semaines. Il faut toujours être motivé et garder des habitudes pour toujours être serein. On sait qu’on a tout un pays derrière nous, mais je n’aime pas le rappeler aux joueurs, ils le savent déjà. Ils savent pour qui ils jouent. » Une confiance assumée qui en dit long sur les ambitions marocaines avant ce quart de finale. La France est prévenue.