Avant le début de la Coupe du Monde, le Brésil avait encaissé plusieurs coups durs avec les forfaits de plusieurs de ses stars (Eder Militão, Rodrygo, Estêvão entre autres). En plus de ça, le pays auriverde était obnubilé par le sort réservé à Neymar. Le joueur de Santos âgé de 34 ans n’a cessé d’être blessé, mais tout un pays rêvait d’un Last Dance héroïque. Autant dire que la Seleção ne faisait pas vraiment figure de favorite quelques semaines avant le coup d’envoi du tournoi organisé par la FIFA.

Romario fou furieux

Cette impression s’est renforcée avec le cirque médiatique qui a entouré l’annonce de la convocation d’un Neymar sur une jambe. Ancelotti a voulu s’acheter la paix sociale et n’a utilisé son numéro 10 qu’à deux reprises pour un temps de jeu total de 37 minutes. Sortie dès les huitièmes de finale par une Norvège portée par sa jeune génération dorée, la Canarinha était forcément déçue, mais elle n’a pas surpris les observateurs avisés. Seulement cinquième des éliminatoires sud-américaines de la Coupe du Monde, le Brésil a offert un visage peu emballant ces dernières années. L’arrivée de Carlo Ancelotti n’a rien changé et la Seleção a donc buté dès le premier gros obstacle qui s’est présenté à elle dans ce Mondial.

Et pour certaines grandes figures du football brésilien, Ancelotti ne doit pas être épargné malgré un contrat courant jusqu’en 2030. « J’aurais déchiré son contrat. Le match terminé, je serais allé aux vestiaires, en tant que président : "OK, merci beaucoup, au revoir et allez vous faire foutre. Allez en justice et on verra bien." Il est hors de question qu’Ancelotti reste sélectionneur de l’équipe nationale brésilienne après ce fiasco, cette honte qu’il a provoquée. Je vous l’ai dit dans les trois émissions précédentes et je le réaffirme ici. C’est inadmissible, il faut que ça change. Ça ne peut pas continuer comme ça, bon sang ! On a eu Dunga, il a perdu et il est parti. On a eu Felipão (Scolari, ndlr), qui a gagné la coupe et il a continué. On a eu Tite, qui a perdu, il a continué et il a encore perdu. Maintenant, on a ce maudit Ancelotti, qui a perdu et qui va encore continuer », a déclaré Romario, champion du monde en 1994.

Les joueurs soutiennent Ancelotti

« S’il (Ancelotti) était un entraîneur brésilien, la presse réclamerait déjà sa tête. Nous n’avons pas de meilleurs joueurs que Neymar. N’importe quelle équipe nationale au monde protégerait un joueur comme lui », a également dégainé l’ancien sélectionneur national Vanderlei Luxemburgo. Enfin, le média GZH basé à Porto Alegre n’y est pas non plus allé de main morte avec l’Italien. «Y a-t-il quelqu’un à la CBF qui donne des ordres à Carlo Ancelotti ? Le travail au Brésil aurait dû commencer dès le premier coup de tambour de Haaland, qui menait la charge norvégienne (après le coup de sifflet final). Cependant, Carletto ne reviendra au Brésil qu’à la fin du mois d’août. (…) Si le plan d’Ancelotti consiste à faire en sorte que le Brésil ait peur du ballon, alors il doit partir. Il est inconcevable que la sélection brésilienne joue avec 34 % de possession face à une équipe de deuxième rang en Europe.»

Chahuté au pays, Ancelotti ne devrait toutefois pas quitter son poste. Premièrement, licencier le technicien transalpin coûterait très cher puisqu’il a encore quatre ans de contrat rémunérés à hauteur de 10 M€ par an. La fédération brésilienne (CBF) aurait donc une très grosse somme à payer à son sélectionneur en cas de licenciement. De plus, CNN Brésil assure que les cadres de la Seleção ont fait savoir au président de la CBF, Samir Xaud, qu’il fallait de la stabilité sur et en dehors du terrain après une succession de sélectionneurs (Ramon Menezes, Fernando Diniz, Dorival Júnior, Carlo Ancelotti) et de présidents de fédération (Ednaldo Rodrigues et Samir Xaud). Les joueurs ont demandé qu’Ancelotti dispose de la sérénité et de la stabilité nécessaires pour constituer une nouvelle équipe nationale brésilienne qui s’appuierait sur de jeunes talents tels qu’Endrick, Rayan et Estêvão. Sans oublier le leader Vinicius Júnior.