L’aventure s’est arrêtée en quarts de finale pour le Maroc. Battus 2-0 par une équipe de France globalement supérieure, les Lions de l’Atlas n’ont jamais réellement trouvé les solutions pour faire douter les Bleus. Peuvent-ils vraiment avoir des regrets après ce match ? Solides défensivement pendant une partie de la rencontre, les hommes de Mohamed Ouahbi ont en revanche énormément souffert dans l’animation offensive. Avec seulement cinq tirs, un seul cadré et un maigre total de 0,14 xG, le Maroc n’a jamais donné l’impression de pouvoir renverser le match. Et le rendement offensif a pu frustrer les observateurs qui attendaient plus de cette équipe. De quoi nourrir quelques regrets sur le contenu, notamment dans la prise de risques et les intentions offensives, même si faire vaciller la France sans mettre sur orbite le redoutable quatuor français relevait d’un véritable défi.

Mais il faut aussi prendre en compte le contexte dans lequel les Marocains ont abordé cette affiche forcément. Mohamed Ouahbi, s’il avait joué la carte de la sérénité en conférence de presse, a dû composer avec deux absences majeures dans son onze de départ. La blessure du solide défenseur central de Crystal Palace Chadi Riad a privé son équipe d’un défenseur en pleine confiance, très précieux dans les sorties de balle durant ce Mondial. Surtout, elle a obligé le sélectionneur à repositionner Noussair Mazraoui dans l’axe, alors que le joueur de Manchester United réalisait jusqu’ici un tournoi exceptionnel sur son côté gauche. Un changement qui a forcément modifié les équilibres défensifs et offensifs de cette équipe.
Une animation offensive délicate
L’absence d’Ismael Saibari à la pointe de l’attaque a également pesé très lourd. Meilleur buteur marocain depuis le début de la compétition, le nouveau joueur du Bayern Munich apportait une présence essentielle entre les lignes grâce à sa qualité technique, sa capacité à conserver le ballon et à faire remonter le bloc. Sans lui, le Maroc a souvent rendu le ballon trop rapidement et a manqué de relais offensifs pour sortir de la pression française. Avec un banc offensif moins fourni, cette absence s’est révélée particulièrement difficile à compenser. Les Marocains pourront également nourrir quelques frustrations sur l’action du premier but français, avec une main de Rabiot au départ de l’action qui n’a pas fait intervenir le VAR.
Au final, le Maroc peut donc éprouver quelques regrets sur la physionomie de cette rencontre, mais les explications sont nombreuses. Et surtout, elles ne doivent pas faire oublier l’essentiel. Les Lions de l’Atlas signent une nouvelle Coupe du Monde aboutie avec une deuxième qualification consécutive pour les quarts de finale, confirmant définitivement leur statut parmi les meilleures nations du football mondial. Et sortir face à une équipe de France aussi impressionnante n’a rien d’infamant alors que l’effectif des Bleus fait rêver toute la planète. Ce Mondial 2026 a confirmé que le Maroc possède désormais les bases pour viser encore plus haut lors des prochaines grandes compétitions. Mais il manque encore quelques marches à franchir pour rivaliser durablement avec l’équipe de France.
Tous les commentaires