L’information est passée relativement inaperçue hier. Peu de temps avant le coup d’envoi du quart de finale France-Maroc en Coupe du Monde, on apprenait par le biais du Parisien que Samir Nasri avait passé ce jeudi une dizaine d’heures en garde à vue. Il était entendu dans les locaux de la brigade de recherches et d’investigations financières (Brif) de la police judiciaire parisienne dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour importation de produits stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment d’importation de stupéfiants en bande organisée.

D’après le quotidien, le Marseillais de naissance aurait été questionné dans la partie "blanchiment en bande organisée" de l’enquête en tant que patron d’une boîte de nuit. Il y a un peu plus de dix ans, l’ancien joueur de Manchester City est devenu actionnaire du XS, un établissement situé à Ivry-sur-Seine en région parisienne. Il a même fini par en devenir le copropriétaire quelques années plus tard en compagnie d’un certain Bilele Z. Ce dernier a lui aussi été entendu par la Brif hier. Aucune poursuite n’a été engagée pour le moment envers les deux hommes.

Une boîte de nuit au coeur de l’enquête

Mais pourquoi la police s’intéresse-t-elle de près à l’ex-international français ? Ce sont ses liens avec Karim Berrebouh, un ami d’enfance, qui intriguent les enquêteurs. Ces derniers cherchent à remonter le fil de l’argent, comme souvent, en lien avec le narcotrafiquant marseillais, incarcéré depuis 2021. La femme de ce dernier aurait effectué des retraits d’espèces depuis la boîte de nuit afin de financer son quotidien dispendieux. Une autre personnalité importante de ce réseau de blanchiment, Olivier Sabbah, serait visé par l’enquête.

On le signalait précédemment, Nasri et Karim Berrebouh se connaissent depuis très longtemps. Le footballeur a d’abord été proche du frère aîné. Après s’être un peu perdu de vus, les contacts sont renoués en 2020 à Dubaï lors du confinement. C’est depuis les Émirats arabes unis que Berrebouh propose à Nasri de devenir copropriétaire du XS, la fameuse boîte de nuit au cœur des soupçons. Durant sa garde à vue, le consultant de Canal+ s’est défendu, affirmant qu’il pensait avoir cédé ses parts à Berredouh via… un simple accord verbal.

Soupçonné d’habiter à Paris via des commandes Deliveroo

Enfin, il ne s’agirait pas de la première garde à vue de Nasri dans cette affaire, précise Le Parisien. Les enquêteurs l’ont déjà interrogé à la fin du mois de juin à Marseille. Il pourrait faire l’objet d’une mise en examen dans les semaines à venir. En parallèle, il a d’autres démêlés judiciaires puisqu’il est soupçonné par l’administration fiscale de résider à Paris, alors qu’il est officiellement expatrié à Dubaï où le taux d’imposition y est largement favorable. La cause ? 212 commandes sur l’application Deliveroo à son domicile parisien. L’État lui réclame 5 M€, ce que l’intéressé et son avocat contestent.