L’idée semblait encore relever de la simple provocation il y a quelques mois. Pourtant, Gianni Infantino a confirmé que la FIFA examinera bien, dans les prochaines semaines, l’hypothèse d’une Coupe du Monde disputée par 64 sélections. Alors que l’édition 2026 marque déjà une rupture historique avec le passage de 32 à 48 participants, le président de la FIFA estime que la dynamique engagée ne doit pas s’arrêter. Dans son argumentaire, le dirigeant suisse défend une vision mondiale de la compétition en expliquant que chaque fédération doit conserver l’espoir de pouvoir atteindre un jour la phase finale. Selon lui, la montée en puissance de nombreuses nations issues d’Afrique, d’Asie ou encore de la zone Caraïbes prouve que le niveau international continue de se resserrer et que le football ne peut plus être pensé uniquement à travers les grandes puissances européennes et sud-américaines. Une position qui s’inscrit dans la stratégie menée depuis son arrivée à la tête de la FIFA avec un développement accru des compétitions, une augmentation des revenus redistribués aux fédérations et une volonté assumée d’ouvrir davantage les portes des grands tournois.

Malgré les nombreuses critiques formulées avant le tournoi, la Coupe du Monde 2026 a offert plusieurs belles histoires avec les premières participations du Cap-Vert, de Curaçao, de la Jordanie ou encore de l’Ouzbékistan, tandis que plusieurs sélections africaines ont confirmé leur progression en atteignant les 16es de finale. Gianni Infantino s’appuie précisément sur ces exemples pour défendre un nouveau changement de format. Si une Coupe du Monde à 64 équipes voyait le jour, elle permettrait également de simplifier considérablement son architecture sportive. La compétition s’articulerait autour de seize groupes de quatre équipes, soit quatre poules supplémentaires par rapport au format adopté en 2026. Les deux premiers de chaque groupe accéderaient directement aux 16es de finale, ce qui composerait un tableau final de 32 équipes. La FIFA abandonnerait ainsi le système des meilleurs troisièmes, régulièrement critiqué pour sa complexité et les calculs qu’il peut favoriser lors de la dernière journée de la phase de groupes. La compétition retrouverait ainsi un parcours plus linéaire et plus lisible pour le grand public, même si une telle évolution rallongerait encore le calendrier et soulèverait inévitablement de nouvelles interrogations concernant la charge physique des joueurs, les infrastructures nécessaires et l’équilibre global du tournoi.
Une édition avec Tahiti et la Nouvelle-Calédonie ?
Si la FIFA avait retenu cette formule dès la Coupe du Monde 2026, elle aurait dû revoir en profondeur la répartition des quotas attribués à chaque confédération. Cette projection repose sur une logique de proportionnalité par rapport à la répartition des quotas déjà retenue par la FIFA pour le format à 48 équipes. Les places supplémentaires devraient être attribuées en renforçant prioritairement les confédérations qui disposent déjà du plus grand nombre de représentants, tout en offrant un gain significatif aux continents en pleine progression comme l’Afrique, l’Asie et l’Océanie. Les nations retenues correspondent aux meilleures sélections non qualifiées à l’issue des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026. Il ne s’agit évidemment que d’un exercice de projection, fondé sur les résultats des qualifications connues et sur une hypothétique extension à 64 équipes qui n’a, à ce jour, fait l’objet d’aucune décision de la FIFA.
En ce sens, l’Europe serait ainsi passée de seize à vingt représentants, l’Afrique de dix à quatorze, l’Asie de neuf à douze, la CONCACAF de six à huit, la CONMEBOL de six à sept tandis que l’Océanie aurait obtenu trois billets. L’Europe aurait récupéré l’Italie, absente pour la troisième Coupe du Monde consécutive malgré son statut d’ancien champion du monde, mais aussi le Kosovo, le Danemark et la Pologne. L’Afrique aurait envoyé le Nigeria, le Cameroun, le Burkina Faso et le Gabon. L’Asie aurait été représentée par les Émirats arabes unis, Oman et l’Indonésie en complément des neuf qualifiés initiaux. Dans la zone CONCACAF, le Suriname et la Jamaïque auraient décroché leur billet. En Amérique du Sud, la Bolivie aurait redécouvert une phase finale mondiale. Et enfin, l’Océanie aurait ajouté à ses bagages Tahiti et la Nouvelle-Calédonie grâce à une représentation nettement renforcée. Le plateau final aurait ainsi réuni 64 nations réparties sur l’ensemble des six confédérations.
De manière plus claire, la CONMEBOL aurait présenté l’Argentine, le Brésil, la Colombie, l’Équateur, le Paraguay, l’Uruguay et la Bolivie. L’Europe aurait aligné l’Autriche, la Belgique, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la République tchèque, l’Angleterre, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, le Portugal, l’Écosse, l’Espagne, la Suède, la Suisse, la Turquie, l’Italie, le Kosovo, le Danemark et la Pologne. L’Afrique aurait compté l’Algérie, le Cap-Vert, la République démocratique du Congo, l’Égypte, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Maroc, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Tunisie, le Nigeria, le Cameroun, le Gabon et le Burkina Faso. L’Asie aurait été représentée par l’Australie, l’Iran, l’Irak, le Japon, la Jordanie, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Corée du Sud, l’Ouzbékistan, les Émirats arabes unis, Oman et l’Indonésie. La CONCACAF aurait réuni le Canada, Curaçao, Haïti, le Mexique, le Panama, les États-Unis, le Suriname et la Jamaïque. L’Océanie aurait envoyé la Nouvelle-Zélande, Tahiti et la Nouvelle-Calédonie. Une photographie hypothétique qui illustrerait parfaitement la philosophie défendue par Gianni Infantino avec une Coupe du Monde encore plus ouverte aux nations émergentes.
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