La catastrophe sportive vécue par l’Italie a provoqué un électrochoc dont l’ampleur dépasse largement le simple cadre de la sélection nationale. La nouvelle absence en Coupe du Monde a confirmé une crise profonde qui couvait depuis plusieurs années et le fiasco subi face à la Bosnie a achevé de convaincre les derniers défenseurs du statu quo qu’un changement radical était devenu indispensable. Dans les semaines qui ont suivi, la Fédération a traversé une véritable tempête interne avec une remise en cause généralisée de son fonctionnement, de ses méthodes et de sa gouvernance. Plusieurs responsables dont Gabriele Gravina et Gianluigi Buffon ont quitté leurs fonctions, d’autres ont été poussés vers la sortie et l’idée d’une reconstruction totale s’est progressivement imposée. L’arrivée de Giovanni Malagò à la présidence de la FIGC a marqué le point de départ de cette révolution annoncée. Le nouveau patron du football italien a immédiatement promis des réformes structurelles touchant aussi bien la formation que l’organisation technique des équipes nationales. Pourtant, avant de transformer les idées en actes, encore fallait-il trouver les hommes capables d’incarner ce renouveau. La reconstruction ne pouvait pas reposer sur des technocrates anonymes ou sur des dirigeants associés aux échecs récents. Elle nécessitait des personnalités fortes, crédibles et capables de redonner confiance à un mouvement en perte de repères.

C’est en ce sens que les nominations de Paolo Maldini et Leonardo ont été officialisées samedi soir. Un choix qui a immédiatement changé la perception du projet fédéral. La FIGC ne s’est pas contentée de remplacer quelques dirigeants, elle a envoyé un message clair à l’ensemble du football italien. Le temps des ajustements mineurs est terminé et celui de la refondation commence. En confiant les clés du secteur technique à Maldini tout en associant Leonardo au processus décisionnel, Malagò a placé deux figures mondialement reconnues au centre du nouveau cycle. Leur mission dépasse largement la désignation du prochain sélectionneur. Ils devront reconstruire une identité, coordonner la filière des équipes de jeunes, renforcer les liens avec les clubs et restaurer la crédibilité d’une institution fragilisée par les résultats. Cette décision symbolise également une rupture culturelle. Depuis trop longtemps, le football italien donnait l’impression de tourner en vase clos, prisonnier de ses habitudes et de ses luttes d’influence. L’arrivée de deux personnalités ayant évolué au plus haut niveau européen apporte une ouverture nouvelle ainsi qu’une vision moderne du management sportif. À travers ce tandem, la Fédération cherche à retrouver l’ambition qui avait fait sa force et à replacer la Nazionale au cœur du projet national.
Le rêve Pep Guardiola toujours présent
Le choix de Paolo Maldini apparaît particulièrement pertinent tant son profil correspond aux besoins actuels du football italien. Peu de personnalités disposent d’une telle légitimité auprès du public, des joueurs et des dirigeants. Son parcours en sélection lui confère une autorité naturelle lorsqu’il s’agit d’évoquer l’identité de la Nazionale. Son expérience de dirigeant renforce encore davantage sa crédibilité. Lors de son passage à Milan, il a participé à la reconstruction d’un club qui sortait de plusieurs années d’instabilité. Il a contribué à bâtir un effectif compétitif, à restaurer une culture de l’exigence et à remettre les Rossoneri sur la carte du football européen. Cette réussite constitue aujourd’hui l’un de ses principaux arguments. L’homme aux 126 sélections n’arrive pas avec une réputation fondée uniquement sur son immense carrière de joueur. Il arrive avec la preuve qu’il sait également construire. Son retour intervient au moment où l’Italie cherche précisément à retrouver une direction claire.
Depuis des années, la légende rossonera fait partie des voix qui alertaient sur la perte progressive d’identité du football italien, sur les difficultés de la formation et sur l’incapacité du système à préparer l’avenir. Le voir prendre les commandes du projet technique donne le sentiment que ces critiques peuvent déboucher sur des solutions concrètes. Sa présence représente aussi un formidable outil de réconciliation avec les supporters, nombreux à avoir perdu confiance après les désillusions successives de la sélection. L’association avec Leonardo renforce encore davantage la portée du projet. Le Brésilien possède un profil complémentaire qui peut s’avérer déterminant dans les années à venir. Son réseau international est immense, son expérience dans plusieurs grands clubs européens lui a permis de développer une vision globale du football moderne et sa capacité à convaincre n’est plus à démontrer. Son rôle pourrait devenir essentiel dans l’identification des jeunes talents possédant plusieurs nationalités, ainsi que dans la création de passerelles plus efficaces avec les clubs de Serie A. Leonardo apporte également une compréhension fine des nouvelles dynamiques du football mondial. Un domaine dans lequel l’Italie a pris un retard criant.
Ensemble, les deux hommes, qui se sont côtoyés à l’AC Milan et qui se connaissent parfaitement, offrent un mélange rare de prestige, de compétence et de crédibilité. Leur première mission sera désormais de choisir le sélectionneur qui devra porter cette renaissance. Plusieurs pistes existent, mais une idée domine déjà les discussions : celle de tenter l’impossible avec Pep Guardiola. L’opération paraît ambitieuse, presque irréaliste, mais elle correspond parfaitement à l’état d’esprit insufflé par Maldini et Leonardo. Leur arrivée traduit la volonté d’abandonner les solutions prudentes pour retrouver une forme d’audace, malgré les rumeurs persistantes entourant un retour de Roberto Mancini ou Antonio Conte, mais aussi d’Andrea Pirlo ou Stefano Pioli. Après des années de déclin, l’Italie semble décidée à viser à nouveau les sommets. Le tandem choisi par Malagò n’offre aucune garantie de succès, mais il redonne au moins au football italien quelque chose qu’il avait progressivement perdu. Une vision forte, assumée et capable de susciter l’adhésion.
Paolo Maldini
Pep Guardiola
Antonio Conte
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