Depuis la cruelle élimination face à la Belgique en 1/16e de finale de la Coupe du Monde 2026 (3-2, a.p.), la Fédération sénégalaise connaît un séisme sans précédent. Après cette immense désillusion, de multiples révélations ont été faites autour du fiasco sénégalais. Une enquête de Sport News Africa évoquait en partie un contrat de Pape Thiaw signé seulement quelques heures avant le premier match, des dysfonctionnements organisationnels, des invitations controversées au sein de la délégation, des dépenses excessives ou encore des accusations de revente de billets et un scandale sexuel. Des révélations que la Fédération sénégalaise de football (FSF) avait balayées dans un communiqué officiel. Cette élimination a également coûté sa place à Pape Thiaw et à l’ensemble de son staff technique, remerciés le week-end dernier. Ce lundi, le président de la FSF, Abdoulaye Fall, a ainsi pris la parole en conférence de presse pour revenir sur la gestion du dossier Pape Thiaw ainsi qu’évoquer les tensions qui ont marqué l’aventure Coupe du Monde des Lions de la Téranga.

L’affaire du chef cuisinier au cœur des débats
Le patron du football sénégalais est revenu dans un premier temps sur l’affaire du chef cuisinier, accusé de harcèlement sexuel. « J’étais à Mexico quand le Secrétaire général m’a informé de la situation. Je lui ai demandé d’aller échanger avec le chef cuisinier afin de comprendre ce qui s’était réellement passé. Il y avait une plainte d’une dame, peut-être une situation mal interprétée par elle, a-t-il d’abord expliqué, assurant qu’aucun élément ne permettait d’étayer ces accusations. Ce qui est important, c’est que nous n’avons pas reçu de plainte formelle, nous n’avons pas eu accès à un rapport officiel de la police américaine et il n’y avait aucun élément factuel permettant d’étayer de telles accusations. Pour nous, cette affaire est close. »
Le président de la FSF a ensuite pris la défense du chef cuisinier, estimant que cette affaire relevait avant tout d’un malentendu. « Les gens ont parfois tendance à plaisanter ou à taquiner sans forcément mesurer comment cela peut être perçu par l’autre personne. C’était une interaction qui semblait amicale, peut-être que lui ne comprenait pas la situation de la même manière. C’est quelqu’un qui a toujours son chapelet avec lui, quelqu’un de très réservé, qui a même parfois du mal à regarder les gens dans les yeux », a-t-il ajouté.
Tensions autour du contrat de Pape Thiaw
Questionné également sur le dossier du contrat du désormais ex-sélectionneur sénégalais, Abdoulaye Fall a retracé les derniers mois de négociations entre la Fédération, le ministère des Sports et Thiaw. « Notre relation avec Pape Thiaw ne date pas d’aujourd’hui. La manière dont elle s’est terminée ne nous a pas plu. Avant la fin de l’année, nous avions commencé à discuter. Je lui avais demandé de m’envoyer son contrat », a-t-il expliqué, avant d’expliquer que plusieurs points avaient rapidement bloqué les discussions, notamment le souhait du technicien d’indexer son salaire sur le taux d’inflation et la nécessité d’obtenir l’accord du ministère des Sports. Abdoulaye Fall a ensuite détaillé les échanges avec la ministre Khady Diène Gaye, qui souhaitait une revalorisation salariale de l’ancien sélectionneur. « Elle estimait que c’était l’État qui devait prendre en charge cet effort, pas uniquement la Fédération. ». Après plusieurs semaines d’échanges, un accord aurait finalement été trouvé autour d’un salaire de 30 millions de francs CFA.
Le patron du football sénégalais a assuré néanmoins que les désaccords ne portaient pas seulement sur le salaire. Les négociations ont aussi débordé sur les primes, les objectifs et d’autres clauses contractuelles. « Concernant le pourcentage sur les primes de victoire, il nous avait proposé 1%. Dans le premier document qu’il nous avait envoyé, il était écrit 13%. Ensuite, il a demandé une prime exceptionnelle… Il y avait aussi des dispositions que nous ne pouvions pas accepter, notamment celles liées aux obligations fiscales personnelles. Une Fédération ne peut pas faire les déclarations fiscales personnelles d’un entraîneur », a-t-il expliqué en ajoutant que Pape Thiaw avait aussi refusé l’intégration d’objectifs liés à la Coupe du Monde et à la CAN.
Enfin, Abdoulaye Fall a confirmé que le contrat de Pape Thiaw n’avait été signé qu’en pleine Coupe du Monde, avant la deuxième rencontre de la phase de poules face à la Norvège (défaite, 3-2). « Avant le deuxième match, celui contre la Norvège, le secrétaire général m’a expliqué que Pape n’allait pas amener l’équipe sans son contrat. J’ai sorti son contrat et je l’ai signé. L’équipe nationale doit être au-dessus de tout le monde », a indiqué le président de la FSF. Il en a également profité pour révéler des tensions autour de ses choix tactiques. « Certaines personnes lui disaient que la Fédération était son ennemie. Mais sur les deux matchs, c’est sur le terrain que j’ai découvert les compositions. J’ai pris connaissance des onze de départ depuis le terrain, et c’est inadmissible. Je suis allé le voir dans sa chambre d’hôtel. Les compositions, nous les avions la veille ou l’avant-veille, et nous discutions ensemble. » Des révélations qui risquent de faire grand bruit au pays, alors que le nom du successeur de Pape Thiaw n’est toujours pas connu.
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