On nous les enviait. On mettait en avant leurs statistiques de buts, de passes décisives. On louait leur intelligence de jeu, de déplacement. De tout cela, on n’a rien vu face à l’Espagne. Le trio Mbappé-Olise-Dembélé a déçu, dans des proportions totalement inattendues au regard des prestations livrées depuis le début de la compétition. Et avant de revenir plus précisément sur le trio majeur, nous pouvons ajouter à la liste des déceptions Bradley Barcola, remuant mais imprécis, et Désiré Doué, auteur d’une entrée particulièrement ratée.

Pourtant, Kylian Mbappé semblait avoir bien démarré la rencontre, avec des prises de balle tranchantes, synonymes de sa détermination à aller au bout. Mais peu à peu éteint par la rugueuse défense centrale adverse, il est tombé dans ses travers. Ceux que les supporters du Real Madrid et du PSG connaissent bien : une proportion à trop reculer pour toucher le cuir, des positions de hors-jeu signalées à tour de bras et des tirs forcés. Michael Olise, lui, n’a jamais pesé, pénalisé par un étonnant déchet technique et une incapacité à tenir le choc dans les duels. Ousmane Dembélé est resté sur le terrain jusqu’au bout, et c’était déjà un exploit au regard de sa prestation. Des passes imprécises, trop molles, aucune créativité balle au pied, aucune différence faite sur son aile.

Un déchet technique hallucinant

Voir le trio qui a régalé la planète entière depuis le début du Mondial livrer un match si pauvre individuellement paraissait impossible, inimaginable. Et c’est pourtant ce qu’il s’est passé. Didier Deschamps, outre sa remarque acide sur l’arbitre de la rencontre, a quand même admis le terrible déchet technique de son équipe. « Il faut être aussi logique et reconnaître qu’aujourd’hui on a été un ton en dessous sur le plan technique contre une équipe qui a bien maîtrisé son sujet », a-t-il reconnu. « On a été en dessous sur le plan technique, il n’y a pas de science exacte, on les a mis moins en difficulté que ce qu’on voulait. Ils ont cette capacité à bien défendre, fermer les espaces et faire preuve de roublardise. Il aurait fallu qu’on soit au maximum, cela n’a pas été le cas même si on a cherché. On a commis un peu trop d’erreurs techniques qui nous ont fait reculer. »

Les statistiques de fin de match laissaient croire à un match équilibré, avec 51% de possession pour l’Espagne, 10 tirs chacun, mais on était bien loin d’une opposition digne de ce nom. La Roja a totalement éteint, grâce à son équilibre tactique, sa roublardise, ses latéraux accrocheurs, à ne quasiment rien concéder jusqu’au temps additionnel. Un exploit rendu possible grâce à la faillite aussi énorme qu’imprévisible du secteur offensif français.