C’était l’un des thèmes de l’avant-match. De retour à l’entraînement après deux forfaits consécutifs contre le Paraguay puis le Maroc, Aurélien Tchouameni devait-il démarrer face à l’Espagne ? En conférence de presse, Didier Deschamps avait évoqué le sujet. « Chaque sélectionneur a des choix à faire. L’important, c’est que celui qui commence soit bon et que celui qui entre soit bon aussi. Dans la réflexion par rapport à la situation, avec des profils qui peuvent être légèrement différents. Mais à un moment ou un autre, ils seront concernés. Autant au dernier match, le risque était trop élevé. Il est mieux aujourd’hui. On ne peut pas dire qu’il est guéri à 100%. Les derniers matches qu’il a joués remontent à 15 jours, ce n’est pas ça qui est rédhibitoire. Aujourd’hui, il est de nouveau disponible. »

Le choix a donc été fait de titulariser le milieu de terrain du Real Madrid, malgré les deux prestations convaincantes de Manu Koné en compagnie d’Adrien Rabiot. Or, le match de Tchouameni est à ranger parmi les grosses déceptions, et elles sont nombreuses, de la demi-finale perdue contre l’Espagne. Sans rythme, trop lent dans ses transmissions, il n’a jamais existé face à la paire Rodri-Fabian Ruiz, et ce duo a encore mis en lumière les carences de Tchouameni.

Tchouameni sur le même rythme

Celles d’un joueur qui ne propose que trop rarement le dépassement de fonction cher à Aimé Jacquet, le sélectionneur vainqueur de la Coupe du Monde 1998. Collé à sa défense, presque caricatural à vouloir impulser la première relance entre les deux centraux, il n’a pas pesé dans la conduite du jeu. Trop peu de risque dans ses passes, peu de lignes cassées, il n’y avait quasiment rien à ressortir de sa rencontre. Et ses qualités au duel, dans les tacles par exemple, n’ont jamais été utiles face à une Espagne dans l’évitement.

C’est probablement lui qui aurait dû céder sa place à Manu Koné à la pause, mais Adrien Rabiot avait déjà échappé de peu à un deuxième jaune et Didier Deschamps a préféré probablement éviter le scénario d’une exclusion à gérer. Aurélien Tchouameni a donc fini le match, en jouant sur le rythme d’une équipe qui mène 1-0. Dans le camp d’en face, au même poste, Rodri a livré une prestation majuscule, entre science du placement et tempo parfait dans les transmissions. Une leçon de football que Tchouameni pourra approfondir en l’invitant dans son émission The Bridge.