Certains préfèreront peut-être critiquer encore et toujours l’arbitre de cette demi-finale de Coupe du Monde entre la France et l’Espagne (0-2). Mais tout amoureux du ballon rond qui se respecte ne peut que s’incliner devant la démonstration de la Roja à Dallas. Il y a deux ans, les Bleus s’étaient inclinés en demi-finale de l’Euro 2024, toujours face aux Espagnols, avec une équipe diminuée et un Kylian Mbappé handicapé tout au long de la compétition par un nez cassé.

Hier, les vice-champions du monde 2022 se présentaient certes avec quelques petits bobos, mais avec leur attaque de feu Mbappé, Dembélé, Olise et Barcola. Sur le papier, la France faisait peur et son bilan offensif lui donnait le statut de grande favorite pour le sacre final du 19 juillet prochain. Au final, l’attaque tricolore n’a jamais existé face à une Roja qui n’a jamais donné l’impression de forcer pour s’imposer. Avec seulement trois tirs cadrés et aucune grosse occasion de but à son compteur, la France a été en dessous de tout. Et pas seulement en attaque.

«Je dis toujours que le joueur espagnol est le meilleur joueur du monde quand on parle d’interprétation du jeu»

Dominé de la tête et des épaules dans tous les compartiments du jeu, l’équipe de Didier Deschamps n’a même pas su se rebeller pour essayer d’installer le moindre doute dans les têtes espagnoles. Une impuissance criante qui fait tache puisque les Bleus ont explosé face à leur premier rival sérieux de la compétition. Interrogé en conférence de presse après la rencontre, le sélectionneur espagnol, Luis de la Fuente, a expliqué comment son équipe avait annihilé les Tricolores et leur attaque de rêve. « Avant le match, on a discuté. Nous affrontions l’une des meilleures équipes du monde. Mais elle avait en face d’elle la meilleure équipe du monde. C’est la meilleure façon de désactiver n’importe quelle proposition footballistique », a-t-il confié, avant de poursuivre.

« Avec de l’ordre, de l’équilibre, avec du sacrifice, de l’effort un talent footballistique hors du commun. On a toujours bien interprété les phases de jeu. Je dis toujours que le joueur espagnol est le meilleur joueur du monde quand on parle d’interprétation du jeu. Il sait comment se comporter en attaque et en phase défensive. C’est la grande réussite des entraîneurs et du football espagnol. On met en valeur ce que l’on a en Espagne. Aujourd’hui, ç’a été l’exemple parfait. Mais même si on est heureux, on ne se satisfait pas avec cette qualification. On va se battre pour remporter cette Coupe du Monde. » Et au vu du spectacle proposé, l’Angleterre et l’Argentine ont de quoi trembler.