Pour cette Coupe du Monde 2026, l’Espagne comptait forcément, avant le début du tournoi, sur ses hommes forts. Rodri, Lamine Yamal, Dani Olmo, Marc Cucurella ou encore Aymeric Laporte étaient ainsi déjà assurés d’avoir une place dans le onze titulaire, et tout le monde était conscient que la réussite de la Roja - ou non - en terres américaines allait dépendre en bonne partie de leurs prestations.

Mais comme c’est souvent le cas lors de compétitions internationales, il y a des joueurs qui n’étaient pas forcément attendus qui se révèlent aux yeux du monde, devenant des points forts de leur équipe un peu à la surprise générale. C’est le cas de Pedro Porro. Bien évidemment, le latéral droit ibérique n’est pas un inconnu sorti de nulle part, du moins pour les fans de football, puisqu’il est depuis un moment un des meilleurs à son poste en Premier League. Mais il n’était pas annoncé titulaire en sélection, et c’est d’ailleurs Marcos Llorente qui avait démarré la compétition à ce poste de latéral droit.
Il n’était pas attendu
Pour le grand public espagnol en revanche, Pedro Porro était, jusqu’à peu, un joueur globalement peu connu. N’ayant jamais joué dans un gros club de son pays, et ayant surtout brillé à l’étranger (au Sporting CP, puis à Tottenham), il n’a donc jamais brillé sur les pelouses de Liga, ne comptant qu’une quarantaine de rencontres en première division espagnole, à Girona et à Valladolid, deux clubs peu médiatisés. Tout comme les clubs où il a évolué à l’étranger ne sont pas vraiment suivis en Espagne. C’est donc un joueur qui est en train d’en surprendre plus d’un, de l’autre côté des Pyrénées.
Lancé pour le deuxième match face à l’Arabie saoudite après la prestation moyenne de Llorente contre le Cap-Vert, Porro a saisi sa chance et n’a plus quitté le onze. Pour son premier grand tournoi avec l’Espagne, le joueur de 26 ans est en train d’afficher une solidité défensive exceptionnelle. Il sécurise son flanc à merveille, étant une des raisons pour lesquelles la Roja n’a encaissé qu’un but en sept matchs, et surtout, son apport offensif est monstrueux. Doté de capacités physiques supérieures et d’une bonne qualité technique, il multiplie les courses sur son flanc, et fait très souvent les bons choix dans les derniers mètres.
Le joueur du peuple
Il a déjà fait trembler les filets à deux reprises, et est devenu un des joueurs préférés de nos voisins espagnols. Pas uniquement grâce à ses prestations, mais aussi avec son comportement, et ce qu’il représente. Il a ainsi grandi dans la petite ville de Don Benito, en Extrémadure, région plutôt pauvre et surtout, délaissée dans le monde du foot, n’ayant par exemple aucun club pro et pas forcément connue pour avoir sorti de grands joueurs. Loin des grandes métropoles, loin des centres de formation prestigieux, Porro a donc dû se frayer un chemin, atterrissant au Rayo Vallecano après avoir impressionné lors d’un match de la sélection régionale d’Extrémadure disputé à Madrid, avant de rejoindre Girona.
Dans ses prises de parole et sa façon d’être, on sent d’ailleurs une énorme spontanéité, avec un joueur qui n’a pas forcément été formaté par le media training des centres de formation, et c’est quelque chose qui plaît beaucoup en Espagne. Issu d’une famille très modeste, avec une mère qui travaillait de nuit et d’un père qui enchaînait les contrats temporaires, Porro a vu ses parents faire d’énormes sacrifices pour pouvoir lui permettre de jouer au football. Quelle meilleure récompense, pour lui et surtout pour eux, que de les voir célébrer ses buts dans les tribunes des stades américains…
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