L’équipe de France n’ira pas chercher une troisième finale mondiale consécutive. Opposés à l’Espagne en demi-finale de la Coupe du Monde 2026 dans un Dallas Stadium à guichets fermés, les Bleus ont été battus par une Roja supérieure dans le jeu et beaucoup plus efficace dans les moments importants. Après un parcours parfait marqué par six victoires en six rencontres, les hommes de Didier Deschamps espéraient poursuivre leur incroyable série, mais ils ont été stoppés par une sélection espagnole toujours aussi solide depuis son sacre européen. Longtemps gênée par la maîtrise technique adverse, la France a rapidement subi avant de concéder l’ouverture du score sur penalty par l’intermédiaire de Mikel Oyarzabal. Malgré une réaction en seconde période et plusieurs tentatives pour revenir dans la partie, les Tricolores n’ont jamais réussi à renverser la tendance face à une équipe parfaitement organisée. La défaite face à l’Espagne (0-2) marque donc la fin du rêve français. Les Bleus disputeront désormais un dernier match samedi soir, celui de la troisième place face à l’Angleterre ou l’Argentine, qui aura forcément une dimension particulière puisqu’il sera le dernier de Didier Deschamps à la tête de la sélection après quatorze années sur le banc. Si cette rencontre ne pourra pas effacer le bilan exceptionnel du technicien, elle ouvrira surtout la porte à une nouvelle ère très attendue.

Depuis plusieurs mois, l’après-Deschamps semble déjà écrit dans l’esprit d’une grande partie des supporters et des observateurs. Le nom de Zinédine Zidane revient avec une évidence presque naturelle pour reprendre les commandes des Bleus et incarner le nouveau cycle de l’équipe de France. Libre depuis son départ du Real Madrid en 2021, l’ancien numéro 10 tricolore n’a jamais caché son envie de diriger un jour la sélection nationale, un rêve partagé par une immense partie du public français. Après avoir remporté trois Ligues des Champions comme entraîneur du Real Madrid, Zidane apparaît comme le candidat idéal pour succéder à Deschamps et poursuivre l’héritage laissé par son ancien partenaire de 1998. La Fédération française de football travaille depuis longtemps sur cette hypothèse et les discussions avec son entourage ne datent pas d’hier. Alors que le départ du sélectionneur actuel approche désormais concrètement, l’arrivée de Zidane semble plus proche que jamais. Pourtant, derrière l’image forte d’un Zidane à la tête des Bleus se cache une problématique importante que la FFF doit rapidement régler. La succession sportive paraît presque acquise, mais les conditions du futur contrat pourraient représenter un véritable casse-tête pour l’instance française. Le contexte juridique a évolué ces dernières semaines avec l’arrivée d’une nouvelle réglementation concernant la rémunération des dirigeants et salariés des fédérations sportives. Un changement qui pourrait avoir des conséquences directes sur le dossier Zidane alors que la FFF doit trouver un équilibre entre ses ambitions et les nouvelles contraintes imposées par la loi.

Un petit couac à régler pour le contrat de Zizou ?

Selon les informations de L’Équipe, la principale difficulté concerne le salaire que pourrait percevoir Zinédine Zidane en tant que futur sélectionneur des Bleus. La nouvelle loi sur la gouvernance du sport professionnel prévoit un plafond fixé à 450 000 euros brut annuels pour les rémunérations importantes au sein des fédérations sportives, sauf en cas de dérogation accordée par le ministère des Sports. Une limite qui pose forcément question puisque Didier Deschamps bénéficiait d’un contrat largement supérieur à ce montant et qu’il paraît difficile d’imaginer Zidane accepter une rémunération très éloignée de celle de son prédécesseur. La FFF pourrait donc devoir obtenir un accord spécifique afin de permettre au futur sélectionneur de dépasser ce plafond. Cette situation place également le ministère des Sports dans une position délicate puisque son intervention pourrait devenir nécessaire dans un dossier qui relève normalement uniquement des choix sportifs de la Fédération. La ministre Marina Ferrari a récemment estimé que Zidane représentait un bon profil pour les Bleus tout en rappelant que le gouvernement n’avait pas vocation à choisir le sélectionneur national. Pourtant, une éventuelle dérogation lui donnerait indirectement un rôle dans la finalisation du contrat, comme le rappelle Ouest France. Cette perspective suscite déjà des interrogations chez plusieurs observateurs, certains craignant qu’une intervention politique trop importante puisse être mal perçue par les instances internationales du football, dont la FIFA et l’UEFA, attachées à l’indépendance des fédérations.

La FFF va donc devoir gérer un dossier particulièrement sensible dans les prochaines semaines pour permettre l’arrivée de Zinédine Zidane dans les meilleures conditions. Une signature avant la promulgation officielle de la loi pourrait théoriquement éviter certaines contraintes, mais une telle décision serait forcément observée avec attention et pourrait donner l’impression d’un passage en force. L’autre solution serait d’obtenir rapidement une dérogation officielle afin de sécuriser un contrat à la hauteur des attentes liées à l’image et au statut de Zidane. Car au-delà du simple aspect sportif, le retour du champion du monde 1998 sur le banc français représente un enjeu majeur pour la Fédération. L’image d’un ancien Ballon d’Or dirigeant la sélection nationale possède une valeur considérable et pourrait renforcer l’attractivité des Bleus auprès du public et des partenaires. La difficulté sera donc de trouver un accord qui respecte le nouveau cadre réglementaire tout en permettant à Zidane d’obtenir des conditions cohérentes avec son prestige. Alors que la France s’apprête à tourner une page historique avec le départ de Didier Deschamps, la FFF doit désormais résoudre cette équation avant d’officialiser l’arrivée de celui que beaucoup considèrent déjà comme son successeur naturel. Le chantier sportif sera immense après la Coupe du Monde 2026, mais le premier défi de la Fédération pourrait finalement se jouer dans les bureaux avant même le début de l’ère Zidane.