Qui pour rejoindre l’Espagne en finale de cette Coupe du Monde 2026 ? L’Angleterre et l’Argentine se disputaient le dernier ticket dans cette seconde demi-finale qui sentait le soufre. Non seulement il y avait d’un côté l’enjeu de disputer une finale, de l’autre la grande rivalité historique entre deux nations qui se détestent cordialement depuis le contentieux lié aux îles Malouines (ou aux Falkland). Quand la guerre, la vraie, n’est pas déclarée, il reste le football pour régler les comptes. Il y a eu la bataille ouverte de 1966, la main de Dieu et le but du siècle de Maradona en 1986, le 8e de finale spectaculaire et sous-tension de 1998. 2026 risquait bien d’entrer directement dans cette lignée de matchs légendaires.

Nous n’avons pas été déçus par l’engagement des deux équipes. Dès la 3e minute, Enzo Fernandez donnait le ton avec une grosse faute, le coude en avant, sur Anderson. Il n’en fallait pas plus pour échauffer les esprits, notamment après un nouveau contact de Paredes dans le dos de Bellingham. Le jeu était forcément hâché durant ce premier quart d’heure où les Anglais tentaient de s’installer dans la moitié de terrain adverse, sans prendre trop de risque non plus. La moindre amorce de contre, le moindre ballon vers Leo Messi faisait trembler la défense des Three Lions, à l’image de cette double lame Spence-Anderson sur la Pulga lancée à vive allure (37e). Entre temps, Stones avait placé sa tête hors du cadre pour la première tentative de la soirée (33e).

L’Angleterre retournée en 7 minutes

Fernandez répondait par une frappe lointaine au-dessus de la lucarne de Pickford (38e) et on avait encore du mal à évaluer le coup tactique tenté par Tuchel en titularisant Morgan Rodgers sur le côté droit de l’attaque à la place de Saka et Madueke. Spence en revanche justifiait le choix de son sélectionneur au poste de latéral gauche, toujours très sérieux défensivement face à Simeone, la surprise du onze argentin et préféré à De Paul pour élargir le jeu de son équipe. Après 19 fautes en première période, le jeu se débridait enfin à la reprise et une double occasion d’Alvarez, mis en échec par Pickford dans un angle fermé (47e). L’Albiceleste donnait une meilleure impression en ce début de seconde période jusqu’à ce déboulé de Rodgers.

Alerté par Kane, qui avait déserté la pointe de l’attaque, le joueur d’Aston Villa distillait une merveille de centre au second poteau pour Gordon, lequel devançait Molina (1-0, 55e). Désormais mené au score, Scaloni lançait rapidement Nicolas Gonzalez, puis De Paul, Montiel et Otamendi pour passer à trois derrière. L’Angleterre agissait en contre, et à part cette tentative contrée de Rice (66e), ne faisait que reculer. Il fallait un immense Pickford sur cette tête de Gonzalez, trouvée par Messi (69e), puis sur celle de Mac Allister (76e), qui venait de trouver le poteau, et encore sur claquette sur ce tir d’Enzo Fernandez (85e). Les changements très défensifs de Tuchel finissaient par se payer (Konsa, Burn et O’Reilly à la place de Gordon, James et Rice).

L’Argentine défendra son titre

À force de subir, la défense finissait par céder sur une nouvelle frappe de Fernandez parfaitement exécutée devant la surface (1-1, 85e). Dos au mur, l’Argentine devenait extatique et semblait inarrêtable face à des Three Lions en perdition. Ils ne parvenaient plus à ressortir un ballon de leur propre camp. A l’inverse, les coéquipiers de Leo Messi étaient encore plus dangereux à chaque action. Il y avait d’abord ce tir sur le poteau (90e+2) et dans la continuité de l’action, Messi adressait un centre au second poteau pour la tête de l’entrant Lautaro Martinez (1-2, 90e+3). Sonnés et frustrés, les Anglais n’ont pas trouvé les ressources pour revenir, ni même se procurer une occasion. Ils laissent passer une chance immense car c’est bien le champion du monde qui défendra son titre face à l’Espagne dimanche prochain (21h).