Le dossier est explosif et pourrait créer un précédent dans le football français. Comme nous vous l’avons révélé en exclusivité hier, Lassine Sinayoko a refusé de reprendre l’entraînement après avoir échangé avec Will Still et ses coéquipiers. La raison ? Le non-respect de l’accord écrit signé par Baptiste Malherbe qui stipulait que l’AJA accepterait une offre de 6,5 M€ si celle-ci arrivait avant le 14 juillet.

Le timing était parfait. Le 12 juillet 2026, le Paris FC transmet une offre ferme répondant scrupuleusement aux conditions fixées un an plus tôt. Désireux de franchir un cap et d’écrire un nouveau chapitre dans sa carrière, Lassine Sinayoko, fort de sa saison stratosphérique (12 buts, 4 passes décisives en Ligue 1), des services rendus à son club, et de l’accord signé un an auparavant auprès de sa direction, a indiqué immédiatement sa volonté ferme de rejoindre le club de la capitale. C’est à ce moment précis que la situation bascule dans l’ubuesque : l’AJ Auxerre rétropédale et refuse l’offre, prétextant que le document signé par le président auxerrois est dépourvu de toute valeur juridique.

Sinayoko lance un bras de fer pour faire valoir ses droits

Se sentant profondément floué, l’attaquant de 26 ans est entré dans une colère noire. Estimant que la confiance est définitivement rompue, il a joint les actes aux paroles en indiquant à son entraîneur et à ses coéquipiers qu’il refusait de reprendre l’entraînement, bien décidé à entamer un bras de fer total pour faire valoir ses droits. Mais l’argument juridique brandi par l’AJA pour retenir son joueur pourrait bien se retourner contre elle.

Car si ce document ne permettait pas légalement d’imposer le transfert à la LFP, il matérialise par écrit les conditions exactes dans lesquelles le joueur a accepté de lier son avenir à l’AJA. Le courrier précise lui-même qu’il a été paraphé dans le cadre de la prolongation du joueur. Autrement dit, cette promesse de départ était la contrepartie indispensable à son consentement.

L’AJA prend le risque de laisser filer Sinayoko sans toucher le moindre centime

En droit, une telle manœuvre peut caractériser un dol (une tromperie destinée à obtenir le consentement d’un contractant) et entraîner purement et simplement l’annulation de la prolongation de contrat signée en 2025. Si la justice ou les instances donnaient raison au joueur, Lassine Sinayoko retrouverait instantanément sa liberté contractuelle. Il pourrait alors s’engager librement avec le club de son choix, sans que l’AJ Auxerre ne touche le moindre centime.

En reniant la parole de son propre patron, l’AJA prend le risque de transformer une vente dorée à plus de 6,5 millions d’euros en un fiasco financier total et un imbroglio juridique qui pourrait coûter très cher au club icaunais. Les prochaines heures s’annoncent décisives et particulièrement tendues dans l’Yonne.