L’issue semblait déjà inévitable avant même le passage devant la commission d’appel de la DNCG. Ce mercredi, Bordeaux n’a pas été en mesure de présenter les 9 à 10 millions d’euros indispensables pour financer la saison 2026-2027 et espérer une réintégration dans les championnats nationaux. Le dernier espoir reposait sur une reprise du club, mais Sparta Capital, le fonds d’investissement britannique proche de Gérard Lopez, a finalement renoncé faute d’avoir réuni les 10 millions d’euros nécessaires. Et la sentence est donc tombée ce mercredi.

Devant la commission, le président bordelais Gérard Lopez a confirmé qu’il ne souhaitait plus remettre d’argent dans le club. Depuis son arrivée en juillet 2021, il avait déjà injecté 71 millions d’euros qui n’ont pas servi la cause bordelaise, au contraire. Marqué par une gestion sportive et financière chaotique, l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois a plombé le club année après année. Et les Marine et Blanc sont désormais assurés d’évoluer, au mieux, en Régional 1, sous réserve de la décision de la Ligue de Nouvelle-Aquitaine.
Une dette de 5 millions pour l’association
Selon L’Équipe, durant cette même audience, Gérard Lopez s’est déclaré prêt à céder les Girondins… pour un euro symbolique à un repreneur capable d’assurer la pérennité financière du club et de respecter les engagements du plan de continuation validé en 2025. Après la confirmation de l’exclusion de l’équipe première de toutes les compétitions, Bordeaux va également saisir le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) afin de gagner du temps et tenter de finaliser cette éventuelle cession avant une nouvelle audience prévue d’ici la fin du mois de juillet. Reste toutefois une importante incertitude juridique : le CNOSF est censé examiner uniquement le dossier présenté en appel devant la DNCG. Or, cette possibilité de cession pourrait être considérée comme un élément nouveau et donc ne pas être recevable, faute notamment d’un repreneur officiellement identifié comme l’explique le quotidien français.
Si cette ultime tentative n’aboutit pas, les conséquences pourraient être irréversibles. En cas de liquidation judiciaire, la patate chaude reviendrait à l’association des «Girondins de Bordeaux» présidée par… Jean-Louis Triaud ! L’ancien président emblématique des Girondins qui a mené le club au sommet, via son association, devra assumer près de 5 millions d’euros de dettes, entre indemnités de formation et sommes dues sur d’anciens transferts internationaux. Si cette dette ne peut être honorée, le club perdrait son numéro d’affiliation auprès de la FFF. Les «Girondins de Bordeaux» disparaîtraient alors juridiquement : leur palmarès ne pourrait plus être conservé et un nouveau club devrait être créé à partir de zéro, sous un autre nom. Un scénario déjà vécu par le FC Sète, liquidé en 2023, qui n’a pas été autorisé à renaître sous son identité historique et évolue désormais sous l’appellation Sporting Club Sétois, avec un palmarès remis à zéro et donc la perte de ses titres de Champions de France dans les années 30. Une menace qui illustre l’ampleur du danger pesant aujourd’hui sur l’un des clubs les plus emblématiques du football français.
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