Depuis hier et l’élimination de l’Angleterre en demi-finale de la Coupe du Monde contre l’Argentine (2-1), Thomas Tuchel est devenu l’ennemi public numéro un. Ses changements tactiques frileux en fin de rencontre, alors que son équipe menait au score, ont fini par plomber les Three Lions, incapables de répondre dans le jeu à la large domination du champion du monde en titre. Les sorties de Gordon, puis Rice et James à la place de Konsa, Burn et O’Reilly sont encore difficiles à expliquer, près de 24 heures après le coup de sifflet final. Ils ont complètement désorganisé et déséquilibré un collectif anglais qui était déjà en difficultés après le but de Gordon.

Cette impression visuelle s’est confirmée chez les joueurs. D’après The Telegraph, ils ont été les premiers surpris par les changements tactiques opérés par leur sélectionneur. Si Reece James semblait diminué et a été remplacé par Burn, les entrées de Konsa, un défenseur, par Gordon l’ailier gauche, et d’O’Reilly pour Rice n’ont fait que précipiter la défaite. La nouvelle recrue du Barça était le seul à réussir à mettre en difficultés la défense adverse en contre, alors que l’égalisation argentine est venue de la zone abandonnée par Rice. Perdue sur le terrain, l’Angleterre a fini par encaisser une tête de Lautaro Martinez à bout portant, malgré la présence de 6 défenseurs de métier, dont 4 centraux…

Des changements défensifs, puis trop tardifs

Autre critique du technique allemand, le vestiaire n’a pas compris l’interminable attente entre le second but argentin et les entrées de Toney et Rashford sur le terrain. Tuchel a mis 4 minutes à effectuer ses changements, qui n’auront finalement aucun effet sur la fin du temps additionnel. «On a fini le dernier match aussi avec des remplacements défensifs, mais on a décidé de revenir à une défense à cinq car l’équipe en face centrait de plus en plus, il fallait fermer les espaces et être fort dans les airs. Après le but, nous avons trop attendu», justifiait le sélectionneur hier soir après le coup de sifflet final. Les reproches n’ont pas tardé.

Outre les consultants et les observateurs, Marc Guéhi n’a pas hésité à dire ce qu’il pensait de cette tactique. «Une fois que nous avons mené 1-0, on a semblé vouloir simplement préserver le score, mais à ce niveau, ce n’est tout simplement pas suffisant. Je suis vraiment dégoûté. Nous aurions dû continuer. Nous aurions dû continuer à pousser. On avait l’impression qu’après avoir marqué, notre état d’esprit était devenu : reculer et défendre», analysait le défenseur. Des statistiques ahurissantes illustrent le naufrage. De la 55e minute et l’ouverture du score à la 85e et l’égalisation d’Enzo Fernandez, les Anglais n’ont obtenu que 12 % de possession de balle pour seulement 26 passes effectuées.

«Personne n’a compris ce qu’il faisait»

Cette défaite porte le seau de Thomas Tuchel, lequel garde tout de même la confiance de sa fédération. Il devrait guider les Three Lions lors de l’Euro 2028 à domicile. Son crédit a tout de même fortement diminué depuis hier soir. «Il a été recruté pour sa maîtrise des matches à élimination directe, et cette fois, il s’est trompé», indique une source proche du groupe anglais au Telegraph, tandis qu’une autre confirme l’incrédulité du vestiaire après le déroulé de la seconde période. «Personne n’a compris ce qu’il faisait». Nul doute que cette défaite risque de laisser des traces alors que certaines tensions s’étaient déjà fait remarquer au fil de la compétition.