Les larmes de Slavko Vincic à l’annonce de sa désignation comme arbitre de la finale ont déjà fait le tour du monde. C’est cette nuit que la FIFA a nommé l’homme qui sera su sifflet de ce Espagne-Argentine (dimanche, 21h, heure française) très attendu au MetLife Stadium près de New York. C’est la consécration d’une carrière pour le Slovène, ovationné par ses collègues. Ses compatriotes Tomaz Klancnik et Andraz Kovacic seront ses adjoints. Les postes de 4e arbitre et d’assistant VAR ont été décernés aux Jordaniens Adham Malhadmeh et Mohammad Alkalaf.

«Du choc, d’abord, puis de la joie. Je tremblais, c’est un honneur incroyable d’arbitrer la finale de la Coupe du Monde, a réagi le héros de la cérémonie. C’est un rêve pour tout arbitre donc je suis très fier de moi, de mon équipe. C’est très dur de poser des mots mais je suis très fier de représenter mon pays au plus grand événement sportif du monde. Moi et mon équipe allons faire de notre mieux». Passé la joie et le choc de l’annonce, son profil a tout de même de quoi interroger au point de susciter quelques polémiques.

Une semelle d’Hakimi sur Vinicius non-sanctionnée

Déjà, et c’est le plus important, il y a le côté sportif. Là-dessus, il n’y a pas grand-chose à redire, et encore. L’homme en noir a dirigé trois rencontres pendant cette compétition avec d’abord Brésil-Maroc (1-1) durant lequel la grosse semelle d’Hakimi sur la cheville de Vinicius n’a pas été sanctionnée, notamment parce que la VAR n’est pas intervenue de manière étonnante. Le Jordanie-Algérie (1-2), toujours en phase de groupes, fut plus calme, puis il y a eu ce Mexique-Equateur (2-0) animé en 16e de finale.

Dans ce dernier match, le Slovène a eu du travail avec 7 cartons jaunes et un rouge attribué à Piero Hincapie qui a fait réagir. Le défenseur équatorien s’était couvert la bouche lors d’un échange véhément avec Santiago Gimenez. Cette décision a été saluée. Les nouvelles règles de la FIFA étant respectées à la lettre. Vincic est un homme expérimenté. Il a déjà dirigé des finales de coupes d’Europe comme Eintracht Francfort-Glasgow Rangers en Ligue Europa en 2022 et Real Madrid-Borussia Dortmund en Ligue des Champions en 2024.

Des derniers matchs européens compliqués

En revanche, ses derniers mois furent plus difficiles, et c’est bien cela qui étonne dans sa désignation pour la finale de la Coupe du Monde. On lui reproche certaines décisions lors de grands matchs de C1 et d’avoir perdu le fil lorsque l’intensité est montée d’un cran. Il était au sifflet lors du quart de finale retour entre le Bayern Munich et le Real Madrid (4-4) par exemple où il a averti Eduardo Camavinga une seconde fois, oubliant dans un premier temps le premier carton attribué au Français huit minutes avant seulement.

Le Barça s’est estimé lésé lui aussi par cet arbitre lors d’un match de poules de Ligue des Champions en 2022 face à l’Inter à cause de deux mains : une première de Dumfries dans la surface non sifflée, et une seconde involontaire de Fati suite à un contact du ballon sur le gardien où Pedri avait marqué. Le but lui avait finalement été refusé. Enfin, et c’est sans doute là le plus gênant dans cette désignation. Slavko Vincic a connu quelques problèmes avec la justice. En 2020, il est arrêté lors d’une descente de police en Bosnie-Herzégovine.

Soupçonné d’être lié à une affaire de drogue et de prostitution

Lui parle d’un déjeuner d’affaires mais les forces de l’ordre sont bien là pour une opération de lutte contre la drogue et la prostitution. 26 hommes et 9 jeunes femmes sont arrêtés, donc le chef présumé du réseau, qui plaide coupable. Selon le Daily Mail qui s’était fait écho à cette histoire «quatre sachets de cocaïne, dix pistolets, trois gilets pare-balles et plus de 10.000 euros (en plusieurs devises) avaient été saisis». «J’ai accepté une invitation à déjeuner, qui s’est avérée être ma plus grosse erreur. Je le regrette», s’était défendu le futur arbitre de la finale du Mondial.

Suspecté d’avoir eu recours à des services sexuels, Vincic n’est finalement pas inculpé, seulement interrogé comme témoin avant d’être relâché. «Je me suis retrouvé dans ce ranch par hasard. J’ai ma propre entreprise et j’étais en Bosnie-Herzégovine pour une réunion d’affaires. (…) J’étais assis à table avec mes collègues, quand soudain la police est arrivée et voilà ce qui s’est passé. Mais, je n’ai rien à voir avec ce groupe, ni mes associés. La police nous a interrogés comme témoins, et quand il s’est avéré que nous ne les connaissions même pas, nous avons pu partir.» Dans cette histoire, il bénéficie du soutien de sa fédération, cette dernière y voyant un concours de circonstances.