«Le simple fait que le bus espagnol parte m’inquiète déjà… on va essayer de l’arrêter». Lionel Scaloni a beau plaisanter, cette déclaration révèle un certain degré d’anxiété avant d’affronter le meilleur collectif de cette Coupe du Monde, en finale qui plus est. Qui ne l’aurait pas après tout, lorsqu’on est si proche du but ? «Tout m’inquiète» insiste-t-il lors de la conférence de presse de veille de finale face à l’Espagne (coup d’envoi, 21h heure française), d’autant plus qu’il connaît très bien Luis De La Fuente depuis un long moment.

C’est un peu comme s’il devait faire face à son double. «C’est une grande équipe, une grande sélection qui traverse une très bonne période avec Luis (De la Fuente). Les styles de jeu des deux équipes sont assez proches, avec leurs nuances. Mais avec le ballon, on a des modèles similaires, oui. J’espère que dimanche les gens passeront un bon moment», assure le sélectionneur argentin. Lui et la plupart de ses joueurs ont l’avantage d’avoir déjà joué et même gagné une finale de Coupe du Monde.

Scaloni peut compter sur Messi et El Dibu Martinez

«Nos joueurs ont cette expérience mais eux aussi ont des joueurs qui ont joué des grands rendez-vous, de Ligue des Nations, d’Euro. Après, quand un joueur est sur le terrain et a le ballon, il oublie la pression. Ce sont deux équipes qui essaient de faire de leur mieux avec le ballon, elles essaient d’empêcher l’adversaire de développer son jeu. Mais que ce soit une finale ne change pas grand-chose». Heureusement, il peut compter sur un groupe déterminé, et sur Lionel Messi, dont il ne sait pas si ce sera son dernier match avec la sélection.

«Arriver à une finale à son niveau à 39 ans, c’est quelque chose qu’il faut mettre en valeur. (…) J’espère qu’on va gagner mais si on ne gagne pas, ça restera un exemple pour tous qui sera utile pour notre pays». Emiliano Martinez semble lui moins atteint par la pression. «D’abord, il faut gagner, je ne pense à rien d’autre pour le moment. Le dépassement, c’est quelque chose qui caractérise toute l’équipe ces dernières années. Je veux seulement mettre en avant ce qu’on a réussi tous ensemble. Je dis à mes coéquipiers : "Préparons ces trois jours, quel que soit le résultat, on s’en souviendra toute notre vie"».