« C’est la meilleure Coupe du Monde de l’histoire ». À 24 heures de refermer définitivement le chapitre du Mondial 2026, Gianni Infantino n’a pas caché son immense satisfaction. Organisée aux États-Unis, au Mexique et au Canada, cette édition s’apprête à connaître son dénouement avec une finale de prestige entre l’Espagne et l’Argentine au MetLife Stadium de New York. Un tournoi inédit à 48 équipes, plus long que les précédents, qui aura multiplié les rencontres et les déplacements, mais que le président de la FIFA considère déjà comme une réussite totale. Au point d’avoir confirmé ces derniers jours qu’une nouvelle évolution du format était encore étudiée, avec notamment une réflexion autour d’une Coupe du Monde à 64 nations.

Le patron de l’instance mondiale du football a défendu avec force l’élargissement du tournoi, estimant que cette formule avait permis à davantage de sélections de s’exprimer sur la scène internationale. « Ce fut un immense succès avec 48 équipes. Toutes les équipes ont joué à un niveau exceptionnel. Des équipes de tous les continents ont marqué des buts et obtenu au moins un point. Neuf équipes africaines sur dix ont atteint les 16es de finale. Lors de la dernière Coupe du Monde, seules cinq équipes africaines étaient présentes. Cela démontre à quel point il est important d’inclure toutes les équipes et de leur donner cette chance de participer », a-t-il expliqué. Une vision qui correspond à la volonté affichée par Infantino depuis plusieurs années : rendre la compétition toujours plus attrayante et offrir davantage de visibilité aux nations émergentes.

Un Mondial salué par Infantino, mais loin d’avoir fait l’unanimité

Dans son bilan, le président de la FIFA insiste également sur l’engouement populaire généré par cette Coupe du Monde 2026. Selon lui, l’événement aurait dépassé toutes les attentes initiales. « J’imaginais que ce serait important, mais pas à ce point. Pas à cette échelle, avec cette ambiance, cette ferveur et cette énergie », a-t-il confié au micro de Marca. « On sent une joie immense partout dans le monde. Bien sûr, la défaite est toujours source de tristesse, mais les gens sont venus des quatre coins du globe pour célébrer le football. » Infantino a aussi tenu à mettre en avant l’ambiance dans les stades et la cohabitation entre supporters. « Nous n’avons eu aucun incident. Des gens sont venus du monde entier et tout le monde célèbre le football », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « tous les champions ont joué, mais aussi de nouvelles équipes et de nouveaux pays. Nous avons assisté à des moments que seul le football peut écrire et ériger en légende. »

Mais derrière ce bilan particulièrement flatteur dressé par Gianni Infantino, cette Coupe du Monde 2026 n’a pas été exempte de controverses. Plusieurs épisodes sont venus ternir l’image d’un tournoi présenté comme une grande fête universelle. L’affaire Folarin Balogun a notamment provoqué une vive polémique après la décision d’annuler la suspension de l’attaquant américain, expulsé face à la Bosnie. La situation a pris une autre dimension lorsque Donald Trump a reconnu avoir demandé une révision auprès de Gianni Infantino concernant cette décision. Une intervention qui a relancé les débats autour de l’indépendance des instances disciplinaires de la FIFA. Infantino avait alors assuré que « les instances judiciaires de la FIFA sont indépendantes » et expliqué avoir rappelé au président américain qu’une procédure était en cours. « C’est ainsi que fonctionne le système de la FIFA, et c’est un principe que je défendrai toujours », avait-il déclaré.

Un tournoi lourdement marqué par des controverses extra-sportives

D’autres événements ont également alimenté les critiques autour de l’organisation américaine du Mondial. Le refus d’entrée sur le territoire américain pour Omar Abdulkadir Artan, arbitre somalien désigné pour participer à la compétition, a suscité de nombreuses interrogations encore. Malgré son visa, le meilleur arbitre africain 2025 n’a finalement pas pu officier, la FIFA confirmant qu’il ne pouvait « ni s’entraîner ni officier lors de la Coupe du Monde 2026, après s’être vu refuser l’entrée aux États-Unis ». L’instance avait rappelé ne pas intervenir dans les procédures d’immigration du pays hôte. À cela se sont ajoutées des difficultés logistiques et climatiques, avec plusieurs interruptions très longues, comme lors de France-Irak, où le match avait été stoppé pendant 2h12 à cause de violents orages et de l’évacuation du stade. Des épisodes qui ont alimenté les critiques sur les conditions d’organisation d’un tournoi déjà jugé trop long par certains observateurs, en plus d’un bilan carbone désastreux et incarné par les voyages en jet à répétition du président suisse.

Malgré ces débats, Gianni Infantino reste concentré sur une conclusion qu’il imagine historique. À la veille de la finale entre l’Espagne et l’Argentine, il a encore une fois célébré une affiche qu’il considère comme parfaite. « Cette finale est une bénédiction des dieux du football », a-t-il déclaré. « Nous avons Messi, Lamine Yamal et tant d’autres joueurs exceptionnels. C’est incroyable. » Pour lui, les deux nations méritent pleinement leur place au sommet après un parcours relevé : « ce sont les deux meilleures équipes. Elles méritaient d’être en finale et elles ont joué de façon exceptionnelle. Le chemin a été long et difficile. Il y a eu 48 équipes, des matchs incroyables et une Coupe du Monde très relevée. » Entre Lionel Messi, possible dernière grande scène mondiale à 39 ans, et Lamine Yamal, symbole de la nouvelle génération, Infantino voit une image parfaite pour conclure son Mondial : « ça va être un feu d’artifice, un spectacle incroyable. Le monde entier va s’arrêter et trois milliards de personnes vont regarder la fin de cette Coupe du Monde. » Chacun se fera son propre avis…