À quelques jours de la grande finale de la Coupe du Monde 2026 face à l’Argentine, l’Espagne avance avec un statut de favorite qu’elle a construit au fil d’un parcours particulièrement convaincant. La Roja a confirmé sa montée en puissance à chaque tour, enchaînant les prestations solides et affichant une maîtrise collective qui rappelle les plus grandes générations du football espagnol. La qualification obtenue contre la France en demi-finale a marqué les esprits tant par la qualité du jeu proposé que par la capacité du groupe de Luis de la Fuente à répondre présent dans les rendez-vous majeurs. Les champions d’Europe ont ainsi confirmé que leur sacre de 2024 n’avait rien d’un accident et que leur progression se poursuivait sur la scène mondiale. La question de l’avenir du sélectionneur continue pourtant d’alimenter les discussions en Espagne. Malgré un contrat courant jusqu’en 2028, plusieurs médias espagnols expliquent depuis plusieurs semaines que les discussions autour d’une nouvelle prolongation vers 2030 avancent plus lentement que prévu. Personne n’évoque une rupture ou un désaccord de fond, mais les différentes parties souhaitent prendre le temps de construire un accord qui s’inscrive dans la durée, alors que la Fédération prépare déjà l’organisation de la Coupe du Monde 2030 dont l’Espagne sera l’un des pays hôtes.

Dans ce climat particulièrement favorable, Rafael Louzán affiche une confiance totale envers son sélectionneur malgré un calendrier institutionnel chargé. Le président de la Fédération espagnole savoure la formidable exposition offerte, tout en travaillant déjà sur les nombreux dossiers qui attendent l’instance après la compétition. Depuis New York, il a résumé le sentiment qui règne actuellement au sein du football espagnol. « Nous vivons un moment de joie immense, le plus intense depuis des décennies, tant en termes de nombre de personnes qui nous suivent, en Espagne comme à l’étranger. Je crois que nous avons franchi une étape décisive dans le renforcement des liens entre l’Espagne, le football espagnol et la marque espagnole aux États-Unis et dans le monde », a-t-il déclaré. Derrière cette satisfaction, la RFEF poursuit sa réflexion sur le futur du banc espagnol. Officiellement, rien ne presse puisque Luis de la Fuente est sous contrat pour encore deux années après ce Mondial. Officieusement, la volonté de verrouiller son avenir jusqu’en 2030 apparaît de plus en plus clairement afin d’offrir une stabilité maximale à une sélection qui vise désormais à s’installer durablement au sommet du football mondial.

Une prolongation déjà actée ?

Rafael Louzán n’a d’ailleurs laissé planer aucune ambiguïté lorsqu’il a été interrogé sur le sujet. Pour le dirigeant espagnol, les résultats, la gestion humaine du groupe et le travail réalisé depuis la prise de fonctions de Luis de la Fuente justifient pleinement la confiance qui lui est accordée. Il a ainsi tenu à rappeler que cette confiance ne dépendait pas du résultat de la finale face à l’Argentine et que la Fédération voyait beaucoup plus loin que l’échéance immédiate. « Il n’y a jamais eu le moindre doute concernant De la Fuente, et encore moins maintenant. D’ailleurs, je pense que vous êtes tous d’accord. Son jugement et ses calculs ont toujours été impeccables. Luis analyse chaque match à la perfection, et compte tenu du déroulement, il a déjà préparé le match suivant et sait comment mettre les pièces du puzzle en place. C’est un maître, en plus d’être une personne formidable. Nous sommes ravis de lui et de toute son équipe car ce sont des personnes authentiques, simples, humbles, travailleuses et, au final, exceptionnelles. Le football est imprévisible, mais nous pouvons compter sur De la Fuente pour encore un bon moment ».

La dernière déclaration du président de la RFEF renforce encore davantage cette tendance et laisse clairement entendre que l’objectif dépasse largement la simple échéance de l’Euro 2028. Même si les modalités exactes d’un futur accord restent à définir, la direction espagnole souhaite inscrire Luis de la Fuente dans le projet qui accompagnera le pays pour le prochain tournoi mondial à domicile. «Son contrat le stipule déjà. J’ai eu l’opportunité de gérer ce renouvellement important, nécessaire et équitable. Il nous appartient maintenant, dans la mesure du possible, d’améliorer cette relation et de la prolonger avec la Fédération. C’était très facile, en réalité. Je suis fier de la façon dont il nous a aidés à parvenir à un bon accord à l’époque. Nous avons un autre rendez-vous avec l’histoire, mais aussi un autre dans l’avenir. 2030, et j’aimerais que Luis fasse partie de ce moment», a-t-il conclu. En tout cas, la Fédération prend l’affaire au sérieux et toutes les parties devraient s’en sortir avec une issue positive. En coulisses, la Fédération considère désormais ce dossier comme une priorité stratégique. Tous les signaux convergent vers une issue favorable, même si l’officialisation pourrait intervenir une fois la Coupe du Monde terminée afin de laisser toute la lumière au défi sportif qui attend encore la Roja.