Enzo Fernandez ne s’est pas fait que des amis. Depuis quelques mois, son attitude est pointée du doigt par les supporters de Chelsea qui n’apprécient pas ses avances peu discrètes et répétées au Real Madrid. Son agent, Javier Pastore, a aussi multiplié les déclarations concernant le désir de son joueur de quitter les Blues. Mais les Merengues ont été clairs puisqu’ils lui ont fermé la porte au nez par le biais d’un communiqué de presse. Outre les fans des pensionnaires de Stamford Bridge, les amoureux du ballon rond en Angleterre ainsi que la presse sportive britannique n’ont pas du tout aimé son comportement lors de la victoire de l’Argentine face aux Three Lions lors de la Coupe du Monde 2026.

La presse argentine a été déçue
Il a notamment été accusé d’avoir chambré les Anglais. Hier soir, le milieu de terrain était cette fois-ci dans le camp des vaincus. Titulaire au coup d’envoi lors de la finale face à l’Espagne, il a été exclu suite à un attentat sur Pau Cubarsi. Bien qu’il ait assuré à l’arbitre qu’il n’était pas fautif, il a écopé d’un deuxième carton jaune synonyme d’expulsion. La mort dans l’âme, il a donc quitté ses partenaires, qui se sont finalement inclinés sur le score de 1 à 0 après un but signé Ferran Torres. Après cet échec, Enzo Fernandez, comme presque tous ses coéquipiers, ne s’est pas exprimé. La presse, elle, ne s’est pas privée pour évoquer son match face à la Roja. Et les avis sont plutôt clairs.
TyC Sport, qui lui a donné un 4, a écrit à son sujet : «perdu dans son rôle de milieu défensif, il ne parvenait pas à trouver le ballon, ni à le récupérer, et lorsqu’il l’avait enfin, ses longs ballons partaient vers l’avant. Incapable de développer un jeu fluide, il tentait de se projeter vers l’avant, mais c’est alors que l’Espagne lui compliquait encore la tâche. Sa prestation terne ne s’améliora pas avec l’entrée en jeu de Paredes, et pour couronner le tout, un tacle maladroit et mal maîtrisé laissa l’équipe à dix. Enzo, meilleur joueur face à l’Angleterre, ne livra pas un bon match cette fois-ci.» Même note pour Olé ainsi que pour ESPN Argentina, qui n’a pas été emballé par son match.
L’Angleterre le taille
«Il a évolué au poste de milieu défensif jusqu’à l’entrée en jeu de Paredes. Il n’a pas réussi à peser sur la rencontre. Il a reçu un carton jaune à la 82e minute et a été expulsé dix minutes plus tard pour un second carton jaune.» Clarin a été un poil plus généreux avec un 5. Mais le média argentin a été plus dur dans ses commentaires. «L’expulsion a couronné l’un de ses pires matches du tournoi. Il n’a pas été à la hauteur en tant que milieu défensif, ni lorsqu’il a bénéficié de plus de liberté après l’entrée en jeu de Paredes, et son apport offensif a été quasi inexistant. Il a reçu un premier carton jaune pour contestation, une décision peut-être exagérée par l’arbitre, et un second pour un tacle en retard sur Cubarsí».
En Angleterre, où on avait toujours en travers de la gorge son comportement face à l’équipe nationale, on n’a pas épargné Enzo. The Sun lui a donné un 5 et a ajouté : «des efforts inlassables, mais une domination espagnole épuisante. Peu d’impact offensif, à l’image des Argentins. Averti finalement pour contestation à la 80e minute, puis pour retard sur Cubarsi, synonyme de deuxième carton jaune.» Le Telegraph s’est aussi payé sa tête. «Le carton rouge d’Enzo Fernandez a été une fin juste pour ce joueur lors de la Coupe du Monde. Le milieu de terrain de Chelsea, de loin le joueur le plus antipathique de la Coupe du Monde, incarnait l’anti-football argentin (…) Lorsque le carton rouge est arrivé tardivement, Enzo Fernández, le mécontent grincheux de l’Argentine, s’est transformé en un clin d’œil en enfant de chœur réprimandé… "Moi ?" demanda-t-il à l’arbitre Slavko Vincic, après avoir passé les 93 minutes précédentes à privilégier la menace brute et sauvage plutôt que la moindre contribution créative.»
Un avenir à régler
Le Telegraph ajoute : «l’expulsion était indiscutable, puisqu’il avait envoyé Pau Cubarsí valser dans les airs peu après avoir manifesté son désaccord avec une puérilité évidente ; pourtant, il refusa de quitter le terrain sans protester, tentant même de faire expulser Marc Cucurella pour avoir marmonné quelque chose en se cachant la bouche. Et pourtant, il n’y avait qu’un seul « méchant » dans cette histoire : ce joueur de 25 ans au cou richement tatoué, capable de s’imposer, et de loin, comme le joueur le plus antipathique du tournoi. Fernández est devenu le sixième joueur seulement à être expulsé lors d’une finale de Coupe du monde (et le troisième Argentin) ; honnêtement, personne ne le méritait davantage (…) En demi-finale contre l’Angleterre, il s’était fait remarquer en assénant un coup derrière la tête d’Elliot Anderson, avant de célébrer son but par un geste suggérant que ses détracteurs parlaient trop. Lors d’une finale qui a infligé une leçon d’humilité à l’Argentine, il a fini par payer pour son comportement.»
Consultant en Angleterre, Alan Shearer estime que c’est mérité. «Quand on a un carton jaune, on ne peut pas faire un tacle comme ça. C’est vraiment stupide de sa part. Franchement, Enzo Fernández est vraiment stupide ! Il a un carton jaune pour contestation. Pas pour la faute, mais pour avoir contesté. Et il le sait. Qu’il fasse un tacle pareil, c’est de la folie. Il peut protester autant qu’il veut, mais c’est la bonne décision. L’arbitre n’avait plus qu’une seule option : sortir un deuxième carton jaune, et donc le rouge.» Wayne Rooney a aussi évoqué son cas. «Je pense qu’Enzo Fernández a mérité ce qui lui est arrivé, donc c’est décevant. Mais c’est regrettable.» Après le match, certains médias ont remarqué qu’Enzo Fernandez a hésité à saluer Lionel Messi, gêné par son expulsion lors de la finale. Il faudra désormais tourner la page pour l’Argentin, qui va devoir gérer son mercato et un possible retour en Angleterre et à Chelsea, où il n’est plus forcément le bienvenu.
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