Luis de la Fuente a réalisé un exploit. Et on ne parle pas de cette Coupe du Monde 2026 remportée face à l’Argentine dimanche soir, mais du fait qu’il ait réussi à, enfin, faire l’unanimité en Espagne. Ce qui est extrêmement difficile, dans un pays très clivé, et où les clubs passent avant la sélection. Malgré une Ligue des Nations et surtout cet Euro 2024 dans la besace, le tacticien ibérique était d’ailleurs encore assez critiqué avant le début du Mondial. Et pour cause, certains choix avaient fait polémique, comme celui de ne convoquer aucun joueur du Real Madrid. Beaucoup de supporters madrilènes - qui représentent une grosse partie de la fanbase de la sélection - avaient ainsi accusé le coach d’être pro-Barça, faisant en plus appel à des joueurs comme Gavi, qui n’aurait pas dû y aller pour beaucoup.

Aujourd’hui, les doutes et les critiques sont dissipés. Il faut dire que tous les choix forts réalisés par le sélectionneur ibérique ont été payants, à commencer par les cages, avec Unai Simon, alors que beaucoup voulaient David Raya ou Joan Garcia. Tous deux sortaient de superbes saisons en clubs et avaient la légitimité pour prétendre à cette place de titulaire, alors que le Basque avait eu un peu plus de mal en club. Miser sur Simon était donc un choix fort, qui a payé, puisque les qualités du portier de l’Athletic balle au pied et loin de sa surface ont été très importantes dans le jeu espagnol.

L’union sacrée autour de lui

Luis de la Fuente n’a pas hésité à mettre Pedri sur le banc par exemple, confirmant que dans cette sélection, il n’y a aucun statut ni aucun passe-droit. Ce qui n’est pas le cas partout… Tout comme il a expédié Gavi sur le banc après un premier match compliqué Ce qui a définitivement prouvé, s’il y avait encore besoin, qu’il n’a pas de biais pro-Barça. Il a aussi su convaincre certains joueurs qu’ils allaient peut-être avoir un peu moins d’importance que dans leur club, à l’image de Lamine Yamal, qui a dû devenir un "joueur de système" et se consacrer à des tâches défensives. Une exigence énorme envers ses joueurs, qui ont adhéré au discours et à la philosophie de jeu, conscients que s’ils font ce que leur dit LDLF, ils ont de grandes options de gagner.

Plus qu’en 2024, où Nico Williams et Lamine Yamal avaient largement contribué au sacre européen, cette fois c’est vraiment l’équipe qui a gagné, et sa fameuse phrase après la victoire contre les Bleus - « la meilleure équipe a gagné contre les meilleurs joueurs » - a régalé les Espagnols. De La Fuente a prouvé qu’un sélectionneur n’est pas qu’un simple accompagnateur qui se contente d’aligner les meilleurs joueurs à disposition, mais qu’il a un véritable impact sur la façon dont ses hommes jouent. Sans forcément imposer une façon de jouer révolutionnaire, des petits ajustements, comme celui de faire jouer Simon haut, ou de donner une liberté totale à Olmo entre les lignes, font des différences énormes à ce niveau. Son attitude impeccable en conférence de presse, étant toujours confiant, sûr de lui, mais toujours respectueux et mesuré, ont aussi ravi les fans et les journalistes espagnols, mais aussi les médias et les fans internationaux. Avec De la Fuente aux manettes, l’Espagne a un bel avenir devant elle…