Est-ce le début d’une dynastie ? Cette Roja va-t-elle faire mieux que la génération dorée 2008-2012, qui avait enchaîné deux Euros et un Mondial ? Difficile de le dire, puisqu’on ne lit pas l’avenir, mais la tendance est plutôt positive. Premièrement, et c’est le principal argument qui laisse penser à des années brillantes à l’avenir, c’est que l’équipe d’Espagne est très jeune. Avec un âge moyen de 26,73 ans, la Roja était la sixième sélection la plus jeune de cette Coupe du Monde 2026. On est clairement plus sur un début de cycle que sur une fin de parcours pour ce groupe ibérique.

Dans deux ans à l’Euro, ou pour la Coupe du Monde à la maison en 2030, l’Espagne devrait donc pouvoir s’appuyer sur tous les joueurs qui ont joué ce Mondial, s’ils restent performants évidemment. Seul Aymeric Laporte, qui aura 34 ans en 2028 et 36 ans en 2030, ainsi que Rodri et Fabián Ruiz, tous deux âgés de 30 ans aujourd’hui, pourraient accuser un peu le coup. Une équipe très jeune donc, et Pedro Porro, Marc Cucurella, Pau Cubarsí, Pedri, Dani Olmo, Ferran Torres, Alex Baena, Lamine Yamal, Nico Williams, Mikel Oyarzabal ou encore Gavi, Marc Pubill et Eric Garcia seront dans la force de l’âge, voire encore très jeunes pour certains lors des deux prochains grands rendez-vous. Lamine Yamal et Cubarsi n’auront par exemple que 23 ans à la Coupe du Monde 2030.

Une jeunesse brillante

Et ce, sans compter de nombreux jeunes joueurs très prometteurs mais qui n’ont pas réussi - ou pas pu - à se faire une place dans le groupe cet été. On pense forcément à des joueurs comme le blessé Fermín López (23 ans), Dean Huijsen (21 ans), Alberto Moleiro (22 ans), Marc Bernal (19 ans), Cristhian Mosquera (22 ans), Yeremay (23 ans), Carlos Espi (20 ans), Jacobo Ramon (21 ans), Samu Aghehowa (22 ans), Rodrigo Mendoza (21 ans) ou encore Pablo Barrios (23 ans). Il faut dire que la qualité de la formation espagnole ne baisse pas, et chaque été, la Roja remporte de nombreux tournois. Les U19 viennent par exemple de remporter l’Euro de la catégorie, avec des joueurs comme Andres Cuenca, qui vient de signer à Côme, Jorge Salinas annoncé au Barça, Xavi Espart, Thiago Pitarch, Jesus Fortea ou le goleador Hugo Lopez qui pourraient aussi avoir des options sur le moyen-long terme s’ils progressent.

Championne olympique, l’Espagne a par exemple aussi été finaliste sur cinq des huit derniers Euros espoirs, en remportant trois. Tout indique que la tendance va se poursuivre ces prochaines années, encore plus à l’heure où le football espagnol doit se serrer la ceinture avec le fair-play financier de la Liga et où les clubs misent, encore plus qu’avant, sur la formation. Mais surtout, après des années d’instabilité et de scandales en coulisses, la Fédération Espagnole semble enfin miser sur la stabilité. Le nouveau président de la RFEF, Rafael Louzán, adopte un profil très discret, contrairement à son prédécesseur Luis Rubiales par exemple, et veut tout faire pour que Luis de la Fuente reste longtemps et travaille dans les meilleures conditions possibles. Le sélectionneur national, qui fait l’unanimité auprès de son groupe et dans son pays, devrait être là pour mener les Ibères à l’Euro 2028, au moins, et a donc déjà de solides arguments pour se présenter en terres anglaises et irlandaises avec l’étiquette de favori…