La Coupe du monde 2026 n’a pas seulement été marquée par les exploits sportifs. Selon The Athletic, le Groupe de Copenhague, organisme indépendant spécialisé dans la lutte contre la manipulation des compétitions, a émis sept "alertes jaunes" durant le tournoi en raison d’irrégularités potentielles observées sur les marchés de paris sportifs. Ces alertes ne constituent toutefois pas des preuves de matches truqués, mais signalent des anomalies jugées suffisamment importantes pour justifier une surveillance renforcée. Au total, 15 rencontres ont été placées sous haute vigilance et 12 controverses majeures ont été analysées sous l’angle de l’intégrité sportive.

Parmi les dossiers ayant retenu l’attention et pouvant être liés à des irrégularités figurent notamment le carton rouge du Sud-Africain Themba Zwane contre le Mexique lors du match d’ouverture, les 3 minutes 30 de vérification VAR avant l’annulation d’un but de Ferran Torres face à l’Arabie saoudite (4-0) ou encore le surprenant Espagne-Cap-Vert (0-0), qui a généré près de 4,8 millions de dollars de mises sur la plateforme de prédiction Polymarket. Le cas du carton rouge de Folarin Balogun intrigue également les enquêteurs. Un marché sur Polymarket demandant si l’attaquant américain jouerait contre la Belgique avait été ouvert le jour même du rouge reçu face à la Bosnie-Herzégovine avant même que la FIFA ne confirme officiellement que son carton rouge ne lui vaudrait finalement aucune suspension (4 jours plus tard). Le Groupe de Copenhague souligne d’ailleurs qu’aucun marché similaire n’avait été ouvert pour les 14 autres joueurs expulsés durant le tournoi et a demandé des explications à la FIFA.
Deux fois plus de mises qu’en 2022
Pour la première fois, le Groupe de Copenhague a également intégré à sa surveillance les plateformes de prédiction comme Polymarket et Kalshi, estimant qu’elles représentent un nouveau défi pour l’intégrité du football. Contrairement aux paris traditionnels, ces plateformes permettent de miser sur des événements extrêmement précis, avec un cadre réglementaire encore très disparate selon les pays. Les chiffres donnent d’ailleurs le vertige puisque près de 240 milliards de dollars auraient été misés sur ce Mondial 2026, soit environ deux fois plus que lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, ce qui interroge aussi.
Malgré ces différentes alertes, le rapport ne met en évidence aucune preuve de manipulation de rencontre à ce stade. La FIFA conteste d’ailleurs les inquiétudes soulevées par le Groupe de Copenhague. Son Groupe de travail sur l’intégrité affirme n’avoir détecté aucune activité de paris suspects ni le moindre indice de trucage sur l’ensemble des 104 matches disputés durant la compétition. Le dossier reste donc, pour l’heure, au stade de la vigilance mais le rapport publié par le Conseil de l’Europe souligne l’inquiétude autour de ces dossiers.
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