Rodri signera-t-il au Real Madrid cet été ? C’est le feuilleton qui passionne tout notre pays voisin en ce moment même. Si les informations sont encore un peu contradictoires - certains médias indiquent que les Merengues vont passer à l’attaque, d’autres qu’ils ne sont pas intéressés - la tendance générale auprès de l’opinion publique madrilène est claire : le Real Madrid doit enrôler le Cityzen. « Rodri est le grand transfert que doit faire le Real Madrid, j’en suis convaincu », martelait par exemple le célèbre consultant pro-Madrid Tomas Roncero.

Mais pourquoi tant de hype et de certitudes autour d’un joueur qui, avant même le début du Mondial, suscitait quelques doutes en Espagne ? L’enjeu va au-delà du côté sportif. Le niveau du MVP du dernier Mondial n’est plus à prouver, et tout le monde sait ce qu’il apporterait à l’équipe de José Mourinho. L’enjeu est surtout symbolique. Ces dernières années, le Real Madrid n’a eu que très peu d’internationaux espagnols dans ses rangs. Il n’y en avait aucun dans la liste de Luis de la Fuente pour cette Coupe du Monde, puisque Cucurella a été recruté plus tard. Clairement, voir des drapeaux de l’Atlético ou du Barça sur les épaules des joueurs espagnols mais aucun symbole merengue lors de la célébration a fait mal au sein du Madridismo.

Le leader de l’Espagne

Avec l’arrivée de Cucurella et l’éventuelle signature de Rodri, le Real Madrid récupérerait une touche espagnole, avec deux cadres de la Roja. Et ce n’est pas anecdotique. Florentino Pérez est conscient que les socios veulent une équipe plus espagnole, et Enrique Riquelme avait d’ailleurs joué là-dessus lors de la campagne présidentielle du club pour faire mal à celui qui a finalement été réélu président. Différents médias confirment d’ailleurs que c’est bien toute cette hystérie sur les réseaux qui aurait poussé le Real Madrid à envisager sérieusement son transfert. Et Rodri n’est pas qu’un simple joueur espagnol, il est le leader d’une Espagne qui vient de remporter l’Euro et la Coupe du Monde, étant nommé meilleur joueur de ces deux tournois. Et son statut de Ballon d’Or est aussi à prendre en compte.

Enrôler le patron de la sélection espagnole serait donc, symboliquement, un énorme coup pour un club un peu en perte d’identité espagnole depuis un moment, et les départs successifs de joueurs comme Xabi Alonso, Sergio Ramos ou Dani Carvajal. Rodri est en plus Madrilène, et a un profil que les gens apprécient beaucoup : discret, exempt de tout scandale, généralement loin des polémiques, plutôt posé et réfléchi dans ses prises de parole, et donnant l’impression d’être aussi intelligent sur le terrain qu’en dehors.

Le Barça est à l’affût

Mieux encore, l’arrivée de Rodri serait aussi un coup dur pour les ennemis jurés du Real Madrid en Espagne. Rodri est ainsi formé à l’Atlético, et les Colchoneros n’apprécieraient qu’à moitié de voir le gamin qu’ils ont formé défendre les couleurs du voisin tant détesté. Un petit coup infligé aux Rojiblancos… mais aussi au FC Barcelone. Effectivement, en Catalogne, certaines voix s’élèvent aussi pour réclamer l’arrivée de Rodri. Il est considéré comme un joueur totalement Barça-compatible, et beaucoup aimeraient bien le voir au Camp Nou, entouré des nombreux joueurs blaugranas qu’il a connu en sélection.

« S’il y a un joueur qui peut prendre la place de De Jong, c’est Rodri. Et parfois, tu dois recruter pour que ton rival ne le fasse pas. Si tu peux faire en sorte que le Real Madrid ne recrute pas certains joueurs, fais-le ! », s’est par exemple emporté David Bernabeu, journaliste du média pro-Barça Sport. L’aura et l’ampleur de Rodri est telle que, au-delà du fait qu’il puisse être un renfort très qualitatif pour le FC Barcelone, certains sont prêts à tout pour qu’il ne signe pas chez le grand ennemi. Un sujet qui paralyse le pays - footballistiquement parlant - et qui témoigne du nouveau statut du Madrilène chez nos voisins…