Après 14 ans passés aux côtés de Didier Deschamps, son staff lui a adressé une lettre d’adieu aussi pudique qu’émouvante selon le journal Le Parisien. 21 personnes ont co-signé ce texte, saluant la manière dont le désormais ex-sélectionneur des Bleus a incarné sa fonction : « pendant toutes ces années, tu nous as appris qu’il existait une manière de servir l’équipe de France. Avec de l’exigence, toujours. Mais aussi de l’humilité, et de la rigueur, de la solidarité, de la loyauté […] C’est ta permanence au plus haut niveau qui est fascinante. Tu as tiré ta révérence comme tu as toujours vécu cette fonction : avec pudeur. »

Parmi les signataires figurent Guy Stéphan (entraîneur adjoint), Cyril Moine (préparateur physique), Franck Raviot (entraîneur des gardiens), Philippe Brocherieux (team manager), Mohamed Sanhadji (officier de liaison et de sécurité), Raphaël Raymond (chef de presse), Franck Le Gall (médecin), Jean-Yves Vandewalle (ostéopathe), les kinésithérapeutes Alexandre Germain, Clément Hazard, Denis Morcel et Guillaume Vassout, les analystes vidéo Thierry Marszalek et Clément Ybert, les journalistes reporters d’image Guillaume Bigot et Tim Guigon, le cuisinier Xavier Rousseau, le maître d’hôtel Bastien Prud’homme, les intendants Bachir Nehar et Johan Perez, ainsi que Nicolas Piry, représentant de l’équipementier Nike.
La lettre du staff en entière :
« Nous avions envie de nous adresser à toi. Parce qu’il y a des mercis que l’on ne peut pas garder pour soi. Merci de nous avoir accordé ta confiance, de nous avoir permis de partager cette aventure unique, de nous avoir offert une place à tes côtés. Pendant toutes ces années, tu nous as appris qu’il existait une manière de servir l’équipe de France 🇫🇷. Avec de l’exigence, toujours. Mais aussi avec de l’humilité, de la rigueur, de la solidarité, de la loyauté. Et avec cette idée qui ne t’a jamais quitté : rien n’est plus important que le maillot. Cette phrase, nous t’avons entendu la prononcer des centaines de fois. Mais surtout, nous t’avons vu l’incarner. Pour toi, cette exigence n’était pas négociable. Et avant de nous l’imposer, tu te l’es imposée à toi-même. Dans chacun de tes choix. Tu nous as appris que le travail et les convictions valent mieux que les effets d’annonce, que les responsabilités ne se revendiquent pas : elles s’assument. Tu nous as appris que chaque détail comptait, du terrain à la cuisine en passant par la conférence de presse ou la salle de soins. Tu nous as appris à assumer les défaites sans jamais se chercher d’excuses. À rester soudés lorsque tout allait bien comme lorsque tout semblait compliqué. Tu nous as appris qu’une grande équipe n’est pas seulement un assemblage de grands joueurs. Elle se construit avec ceux qui veulent avancer ensemble. Tu as toujours su nous rappeler que chacun comptait. Tu nous a donné le sentiment que notre travail avait de la valeur. Bien-sûr, il ne faut jamais banaliser l’exceptionnel : plus que le titre de champion du monde, c’est ta permanence au plus haut niveau qui est fascinante. Aucun coach n’a atteint le dernier carré d’une Coupe du monde trois fois consécutivement. L’histoire, nous en sommes certains, retiendra les succès, les records, les finales et les soirées qui ont fait vibrer tout un pays. Nous, nous garderons aussi les souvenirs que personne ne connaîtra jamais. Les échanges en aparté, les moments de convivialité à table, les mots de réconfort après une journée difficile. Les moments de flottement où quelques mots de ta part remettaient tout le monde en mouvement. Tu nous as appris que le leadership n’avait pas besoin de grands discours. Qu’il pouvait s’exercer calmement. Qu’il devait être exigeant. Respectueux. Et profondément humain. Tu as tiré ta révérence comme tu as toujours vécu cette fonction : avec pudeur. Sans chercher les compliments. Sans jamais te mettre au-dessus de l’institution. Tu as consacré quatorze années de ta vie à la direction de l’équipe de France et de nous offrir la chance de la vivre à tes côtés. Cette chance, nous ne l’oublierons jamais. Si les larmes ont coulé à Miami, c’est parce qu’il est compliqué de te dire au revoir après une telle aventure. Nous voulons en revanche te dire merci. Merci pour la confiance, pour ta bienveillante exigence qui nous a fait grandir, pour les moments qui resteront gravés dans nos mémoires, pour les calamars, les glaces à la pistache. De cette aventure, il restera une trace indélébile qui nous liera à vie. La fierté d’avoir servi les Bleus. Et le bonheur de l’avoir fait à tes côtés. »
Didier Deschamps
Inter Miami
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