La Coupe du Monde 2026 appartient désormais à l’histoire. L’Espagne a conclu son incroyable campagne en décrochant le titre mondial face à l’Argentine et le football international se projette déjà vers son prochain grand cycle. Les éditions 2030 et 2034 sont déjà attribuées, ce qui fait naturellement de 2038 le prochain immense rendez-vous disponible. Dans ce contexte, la rumeur d’une candidature française prend de l’ampleur. Le Parisien a révélé que l’hypothèse d’un dossier commun avec l’Allemagne gagne du terrain dans les cercles politiques et sportifs, tandis que la ministre des Sports Marina Ferrari a confirmé que cette possibilité existait dans les discussions sans qu’aucune décision ne soit encore prise. La France dispose d’un argument majeur après avoir enchaîné l’Euro 2016, les Jeux Olympiques de Paris 2024 et les Jeux Olympiques d’hiver de 2030. Cette succession d’événements a permis au pays de démontrer sa capacité organisationnelle et logistique. Reste désormais la véritable question. L’Hexagone possède-t-il réellement les infrastructures nécessaires pour convaincre la FIFA sans l’appui de son voisin allemand alors que la compétition ne cesse de prendre de l’ampleur et qu’un passage à 64 sélections semble désormais être une hypothèse de plus en plus crédible dans les instances internationales.

La réponse ne dépend pas uniquement de la qualité de l’organisation française. Les critères de la FIFA sont devenus particulièrement exigeants au fil des dernières éditions. Un pays candidat doit présenter un réseau dense de stades modernes, des capacités hôtelières considérables, des infrastructures de transport performantes, des centres d’entraînement répartis sur l’ensemble du territoire ainsi que des garanties financières et sécuritaires extrêmement solides. Les dernières Coupes du Monde ont montré que la FIFA privilégiait désormais des candidatures capables d’offrir une quinzaine de stades de haut niveau afin de répartir les rencontres et d’absorber un calendrier toujours plus chargé. En 2026, seize enceintes ont été retenues sur trois pays tandis que l’Arabie saoudite prévoit quinze stades pour 2034 malgré une organisation en solitaire. La France possède déjà une base importante grâce à l’héritage de l’Euro 2016, qui avait profondément modernisé ses équipements avec des enceintes flambant neuves ou totalement rénovées à Saint-Denis, Marseille, Lyon, Lille, Nice, Bordeaux, Lens, Saint-Étienne, Toulouse, Paris ou encore Décines en banlieue lyonnaise. Cet héritage constitue un atout considérable, mais il devra probablement être renforcé si la FIFA valide définitivement un Mondial à 64 équipes qui augmenterait encore le nombre de matches, de délégations et de supporters à accueillir. Et c’est une vraie idée fixe puisque la FFF de Philippe Diallo prévoit de soutenir Gianni Infantino à sa réélection.

Un inventaire encore limité en stade

Si la France devait accueillir seule la Coupe du Monde dès demain, son inventaire apparaît solide mais encore limité pour une compétition appelée à grandir. Le Stade de France, l’Orange Vélodrome, le Groupama Stadium, le Stade Pierre-Mauroy, le Parc des Princes, le Matmut Atlantique et le stade Geoffroy-Guichard dépassent tous la barre des 40 000 places. Derrière eux, plusieurs enceintes restent légèrement en dessous avec le Stadium de Toulouse, l’Allianz Riviera de Nice, le stade Bollaert-Delelis de Lens, la Meinau de Strasbourg actuellement en reconstruction, le Roazhon Park de Rennes ou encore la Beaujoire à Nantes qui pourraient franchir ce seuil grâce à des travaux ciblés. Sur le papier, la France pourrait donc rapidement disposer d’une douzaine de stades répondant aux standards internationaux. En revanche, si la FIFA impose à terme un tournoi à 64 équipes avec davantage de villes hôtes et un volume de rencontres inédit, il faudrait probablement lancer plusieurs extensions ou construire une nouvelle grande enceinte afin d’atteindre le niveau des plus grandes candidatures mondiales. C’est précisément sur ce point que l’Allemagne conserve aujourd’hui une longueur d’avance avec un parc de grands stades nettement plus dense et déjà adapté aux compétitions internationales de très grande ampleur.

La France possède malgré tout de sérieux arguments pour croire à une candidature indépendante. Son expérience récente dans l’organisation d’événements majeurs, la qualité reconnue de ses transports, son attractivité touristique et l’héritage laissé par l’Euro 2016 ainsi que par les Jeux olympiques constituent un socle extrêmement crédible. Pourtant, si la Coupe du Monde poursuit son expansion, la question des stades deviendra rapidement le principal point faible du dossier français. Une candidature commune avec l’Allemagne offrirait immédiatement une réponse à cette problématique en réunissant l’un des meilleurs réseaux d’enceintes d’Europe avec le savoir-faire organisationnel français, surtout pour célébrer les 120 ans de la fin de la Première Guerre mondiale. Une candidature en solitaire reste donc envisageable mais elle nécessiterait un nouveau cycle d’investissements dans plusieurs grands stades afin de convaincre la FIFA que la France peut absorber seule un tournoi appelé à battre tous les records de participation et d’affluence. À ce jour, l’ambition apparaît crédible. Elle ne sera réellement compétitive que si le pays accepte d’engager une nouvelle modernisation de son patrimoine sportif avant de déposer officiellement son dossier.