Le choix de Florentino Pérez de rappeler José Mourinho en a surpris plus d’un. Pour mettre un terme à deux ans passés sans remporter de trophée majeur, le patron de la Casa Blanca a décidé de faire du neuf avec du vieux. Appelé à la rescousse treize ans plus tard, José Mourinho aura la lourde tâche de remettre le Real Madrid au sommet de la Liga et d’en finir avec les tensions récurrentes observées au sein même du vestiaire merengue. Le Special One y arrivera-t-il ? Il faudra encore plusieurs mois de patience avant de le savoir.

En choisissant le Portugais, Perez a voulu envoyer un message clair : le retour à la discipline. Le Special One a toujours eu une réputation de coach à poigne se plaçant toujours au-dessus de ses joueurs. Même des meilleurs. Entre 2010 et 2013, l’ancien coach de l’Inter avait en effet été l’un des visages clés de la lutte féroce face au FC Barcelone de Pep Guardiola. Entre coups de gueule contre Cristiano Ronaldo et d’autres poids lourds de son vestiaire et joutes verbales avec son rival catalan, l’entraîneur lusitanien avait cependant fini par lasser tout le monde en restant figé dans sa posture autoritaire.

Toujours aussi exigeant, mais moins dans le conflit

Aujourd’hui âgé de 63 ans, Mourinho a changé. Dans son édition du jour, Marca explique que le nouvel homme fort de la Casa Blanca a conservé sa façon de faire sur le terrain : exigence maximale pour le moindre détail et un travail avec peu de temps de repos. Le quotidien espagnol ajoute d’ailleurs que les joueurs présents dès les premiers entraînements ont très rapidement découvert l’exigence voulue par le Portugais. « Au cours de la première semaine, cinq jours d’entraînement, dont trois avec une double séance. La première commence à dix heures du matin, mais deux heures avant, les joueurs commencent à arriver en voiture pour se rendre à Valdebebas. La saison dernière, pour ne citer qu’un exemple, plus d’un d’entre eux a été surpris en train d’arriver à la dernière minute et de freiner brusquement pour entrer dans l’enceinte. »

Mais si Mourinho a conservé son exigence, les observateurs du Real Madrid ont tous remarqué que le Lusitanien ne cherchait plus à être le personnage central de l’histoire, que ce soit auprès de ses joueurs ou des médias. «Lors de son premier mandat, le mot d’ordre aurait été « imposer », ce qui lui avait d’ailleurs valu des frictions avec presque toutes les figures emblématiques de l’époque, mais ceux qui le connaissent pensent qu’il recherche désormais davantage le consensus. (…) Mourinho n’a pas hésité à mener toutes sortes de batailles pendant son passage au Real Madrid : les arbitres, le Barça, les journalistes… À cet égard, certains de ceux qui ont eu l’occasion de s’entretenir avec Mou depuis son arrivée au Real Madrid ne le trouvent toutefois pas aussi combatif envers l’extérieur qu’il ne l’était au cours de ces trois années passées au Real Madrid. » Cette impression se confirmera-t-elle quand le Real Madrid traversera ses premières zones de turbulences ?