Luis Campos est très souvent considéré comme l’une des références mondiales en termes de scouting. Le Portugais s’est fait connaître du grand public à l’AS Monaco et aujourd’hui, il fait le bonheur du Paris Saint-Germain, club avec lequel il a remporté deux Ligues des Champions consécutives. Pour expliquer une partie de son succès, une journaliste s’est penchée sur ses méthodes. À commencer par les hommes qui supervisent les matches pour le compte de Campos. Et ce dernier a une manière particulière de faire observer les matches.

« Je ne savais pas que vous étiez si bien informée (rires). Oui, parfois, il y en a deux sur un match sans savoir qu’ils sont deux à superviser la même rencontre. J’adore croiser les informations. Je ne les laisse pas partager leurs informations, afin qu’ils ne se « contaminent » pas. Pour qu’ils soient les plus réalistes et les plus purs possibles. Je les appelle les super scouts. Je fais aussi un scouting en les choisissant. Ce sont des personnes spéciales », a-t-il déclaré dans l’émission « Primeira Pessoa » diffusée sur la chaîne RTP, avant de confier qu’il n’hésitait pas à tenter tous les subterfuges pour aller superviser un joueur sans être reconnu.
Un recruteur qui donne de sa personne
« On m’appelle le loup solitaire parce que je dois cacher beaucoup d’informations, mes idées. Parfois, je dois passer totalement inaperçu en me déguisant afin de pouvoir choisir les bons joueurs, choisir les bons entraîneurs. Aujourd’hui, j’ai un visage connu mondialement. Beaucoup de fois, pour aller voir des matches, je dois me déguiser : des vêtements sombres, des bonnets. J’ai déjà mis une fausse moustache. Ce n’est pas le fait d’être reconnu qui me préoccupe ou que les journalistes sachent que je suis là. C’est pour que les joueurs que j’observe ne sachent pas que je suis là. Je ne parle jamais avec ces joueurs ni avec ses agents. Quand je vais voir les matches sans être reconnu, j’achète souvent ma place (en temps normal, les clubs mis au courant invitent les recruteurs, ndlr) et je vais autre part dans le stade qu’en tribune présidentielle. C’est mon idée de voir comment est le joueur (observé) dans la réalité », a-t-il expliqué, avant de conclure en dévoilant quelques méthodes pour savoir si le joueur observé a l’attitude et le comportement qu’il faut pour être engagé.
« Manger avec lui pendant une semaine ou faire du shopping, comme je l’ai déjà fait, ça me sert à définir s’il a un profil psychologique, savoir s’il ne va pas déstabiliser tout un vestiaire. Pour l’exemple du shopping, c’était un joueur pour lequel tout le monde me disait : « Luis, ce ne sera jamais un grand joueur parce qu’il n’arrive pas à se contrôler face à l’argent, il a une mauvaise relation avec l’argent. » Du coup, je me suis dit qu’il me fallait une stratégie pour vérifier si c’était vrai. J’ai donc pris un rendez-vous avec ce joueur dans un café qui se trouvait dans un lieu de shopping où il y avait de très belles boutiques. J’ai dit au joueur : « allez, viens on va faire un tour et on va parler. » Et puis le joueur est entré dans le premier magasin, puis dans le deuxième, le troisième, etc… Il a dépensé beaucoup d’argent (rires). Ensuite, quand je rencontre un joueur dans un restaurant, je lui présente le projet collectif du club, notre idée du club. Après, je lui dis comment on le voit dans ce projet. Normalement, dans ce moment aussi important, le joueur doit être très attentif. Et parfois, je discute avec lui et au bout de cinq, six minutes, je le vois mettre sa tête dans ses bras et me donner la sensation que c’est un joueur qui a un manque de concentration, qui n’a pas certaines qualités importantes dans le football moderne. » Les futures cibles du PSG sont prévenues !
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